Grimoire encyclopédique

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Sir_Ulric
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Grimoire encyclopédique

Message par Sir_Ulric » mar. mai 03, 2011 8:05 pm

Le Codex de Roumalie
Non-exhaustif

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Message par Sir_Ulric » mar. mai 03, 2011 8:24 pm

Grimoire encyclopédique

Résumé
Étendard national
Image

Positions géographiques
A-19 (Roumalie métropolitaine)
A-17 (Mokrekyovie)
A-22 B (Simbokie-Est)
A-10 C (Jiyi)

Nom du pays
Roumalie

Appellation officielle
Grand-Royaume de Roumalie

Forme d’État
Monarchie absolue sous Mandat du Ciel

Chef de l’État (2023)
Sa Sage et Céleste Majesté Cheng Tsu-Tao le Grand

Gentilité
Roumalien, Roumalienne

Idéologie politique
Traditionalisme/Patriotisme

Fête nationale
26 mai

Démographie (2023)
146 691 243 habitants

Répartitions ethniques (2023)
Kiyu (Mandchou) : 83%
Kai (Han) : 11%
Nûkuda (Nippon) : 5%
Dakan (Zhuang) : 1%

Langue(s) officielle(s) (2023)
Mandarin littéraire : 100%

Langue(s) non-officielle(s) (2023)
Mokre (Japonais) : 4%
Dakan Khmer (Khmer) : 1%

Devise
Fidélité, Discipline, Tradition

Capitale
Rouziwu

Monnaie
Roumis d’argent
Ru : Piécette en argent
Roum : 10 Ru=1 Roum; pièce moyenne
Roumis : 10 Roum=1 Roumis; grosse pièce
Lingot : 10 Roumis=1 lingot
*Après, il y a des lingots exceptionnels, qui sont d’une grosseur hors norme, et qui peuvent valoir plus de 10 Roumis. Ceci est pesé à la balance et soumis à des contrôles rigoureux pour certifier l’authenticité de l’argent.

Taux de change (2023)
1€=50¥

Unité de mesure
1 Li=0.4158 Km
(0.25837 Miles)

Chant national (hymne)
https://www.youtube.com/watch?v=qe6i53_dM1g
Paroles :
C’est consolidés, fortifiés, que nous guerroyons à l’unisson,
nous pourfendons, que nous parons, et préservons;
avec droiture et discipline, nous suivons, adversité comme bonté,
notre Père qui est Nation, notre royaume qui est bastion.
Unis en Frères, nous triompherons, ou périrons, sans autre condition.


Réglementation des croyances (2023)

Religion(s) d’État
Confucianisme : 90.1%

Religion(s) libre(s)
Dongba: 4.2%
Bouddhisme : 3.1%
Bön : 1.1%
Taoïsme : 0.7%
Shintoïsme : 0.5%
Qing-jing : 0.3%

*Toutes les autres formes de religions sont prohibées et fermement condamnables*
Abrégé législatif

Droits fondamentaux

Liberté d’expression : Garantie (Excepté sur la personne du souverain)
Liberté de presse : Encadrée
Liberté de rassemblement : Garantie
Liberté d’association : Encadrée
Liberté de culte : Non garantie
Droit de grève : Non garantie
Droit d’entreprendre : Non garantie
Droits des femmes : Garantie
Droits des enfants : Garantie
Droits des animaux : Garantie

Législation sur les mœurs

Majorité : 18 ans
Divorce : Toléré
Relations sexuelles hors-majorité : Interdites (sauf cas de mariage prononcé)
Relations sexuelles hors-mariage : Tolérées
Relations extra-conjugales : Interdites
Relations et mariage consanguins : Interdits
Polygamie : Interdite
Contraception : Tolérée
Avortement : Interdit (sauf cas de viol)
Homosexualité : Tolérée uniquement dans la sphère privée, mais illégale dans celle publique
Mariage et adoption homosexuels : Interdits
Transsexualisme : Interdit
Exhibitionnisme : Interdit
Prostitution : Interdite
Métissage : Tolérée (Moralement désapprouvé)
Pornographie : Interdite
Jeux de hasard : Autorisés
Sectarisme : Interdit
Port du la natte royale : Obligatoire

Législation sécuritaire

Armes à feu : Vente, possession et port interdits
Torture : Autorisée (sous jugement d’une autorité magistrale)
Peine capitale : En vigueur
Offense au Souverain : Interdite
Espionnage domestique : Interdit

Autres législations

Clonage : Interdit
Recherches génétiques : Interdites
Organismes génétiquement modifiés : Interdits
Consommation d’alcool : Autorisée; alcool fort interdit
Consommation de drogue : Interdite
Consommation de tabac : Interdite
Esclavagisme : Interdit
Examens mandarinaux : Obligatoires pour accéder aux fonctions administratives


*Droits garantis dans les limites fixées par la loi*[/f25]
Compendium(s)


Portail sur la religion
Néoconfucianisme

Historique et description:
À l’origine, le Dongba et ses chamans appelés Hommes-sages guidaient le peuple dans ses choix moraux centrés sur la préservation et le respect de la Nature. Par la suite, le Dongba a laissé sa place à des prophètes, dont un seul correspondait à la description des Hommes-sages, soit Confucius « Kong Kiu » qui formèrent en cohésion une nouvelle philosophie baptisée Néoconfucianisme.

Déité :
Un être divin portant le nom de Harmonisateur cosmique (Yuzhou Fanying), considéré neutre-bon, surnommé Puits de sagesse, créa l’univers, l’Homme et les éléments (Eau, Feu, Terre, Air et Éther). Dans les anciens écrits, Il endosse le titre de Ciel, voire Cieux, en référence à sa perpétuelle omniprésence.

Symbole :
Le Taijitu (sphère du Yin et Yang) représentant l’Équilibre et la place de chacun dans la société au sein de l’unité cosmique. Il est l’emblème de la dualité de l’Homme, de sa capacité à choisir en bien ou en mal.
Dans les coutumes, les clercs, quels qu’ils soient, revêtent un costume identifiable aux teintes représentatives de leur rang. Le niveau du porteur est d’abord défini par la pureté de sa couleur (du foncé au clair), puis par le Rite de Consécration qui commémore la passation d’un grade à l’autre et octroie une attestation officielle, signée par le maître d’un monastère et par le fonctionnaire de la communauté civile à portée. Ce costume est spécifiquement religieux et les profanes ne peuvent l’enfiler.

Ce vêtement conjugue à la fois le kesa bouddhiste et la toga praetexta urbaine.

Tolérance :
Religion monothéiste «néoconfucéenne» (90,1% de la population roumalienne en 2028)
Pour les néoconfucéens, il n’existe, contrairement à la majorité des peuples makarans, qu’une divinité suprême. La multitude de dieux païens représentés par les autres civilisations sont en fait, selon le dogme, des tentatives perceptives (erronées) d’humanisations et de personnifications du démiurge par des esprits naïfs. Grâce à cette perspective, les Roumaliens tolèrent davantage une coexistence avec ceux qui morcellent involontairement leur divinité en domaines de prédilection aux mille visages et sagas. De plus, les fidèles néoconfucéens préfèrent convertir pacifiquement les confus par le dialogue…

Ouvrage sacré, conception du monde :
Les enseignements de Confucius et les annales sur lamelles de bois (Préceptes originels) de l’Harmonisateur cosmique (démiurge) s’unissent sous un ouvrage que l’on nomme coutumièrement Le Codex de la Voie, qui compile tous les textes de référence à la fois du Fondateur et de Confucius. C’est toutefois plus particulièrement dans le Recueil des Origines que les théologiens apprennent la manière dont l’Univers est conceptuellement imbriqué et divisé par leur divinité. Ça se résume comme ceci par trois couches : Le Monde astral, le Monde éthéré et le Monde vivant. Ces «dimensions» se définissent par un alignement : Bon, neutre et mauvais.

Ce livre est l’équivalent de la Bible ou du Coran pour les Roumaliens, et incarne l’héritage compilé de tous les tomes dogmatiques du courant philosophique et religieux du pays.

Cérémonies et festivités :
Rite de l’encens
La méditation (l'équivalent de la prière)

Fêtes religieuses:
- Commémoration des ancêtres (honorer leur mémoire)
- Nouvel an ...

Bâtiments religieux :
Temple (situé dans la capitale à Rouziwu) : Lieu national de culte et de cérémonie dédié à la déité. Également réputé comme conservatoire, lieu d’étude et destination principale des pèlerinages en sa qualité de première construction sacrée symbolique du néoconfucianisme. Les Initiés peuvent aussi apporter leurs offrandes de vivres, mensuelles et volontaires, en guise de remerciement au créateur pour ses bénédictions et pour assister ceux qui enseignent et travaillent à l’édification des fidèles qui portent le titre d’Homme-sage, ou de clerc.
Sanctuaire (dans chaque communauté situé face à l’intendance) : Lieu local de culte et de cérémonies sous l’égide d’un Maître, à l’instar des philosophes. Telles les cloches occidentales, le gong retentit pour l’appel des fidèles une fois par phase lunaire1 (dernier quartier, premier, pleine, nouvelle lune), soit approximativement une fois tous les sept jours.
1 La nature a une importance capitale dans la mentalité grâce à l’influence du Dongba. La nuit représente le repos (pas seulement la mort qui est une forme de repos), le calme, la contemplation, c’est aussi une source d’inspiration. La lune rappelle le symbole du Néoconfucianisme, le Yin et le Yang.
Monastère (parsemé dans la Roumalie entière, en retrait des centres urbains) : Refuge cénobitique où de petites communautés fermées accueillent les désireux d’approfondir l’enseignement de Confucius dans l’apprentissage des Voies de l’Harmonisateur cosmique. Les moines y vivent et travaillent dans le perfectionnement et la compréhension des traditions anciennes ainsi que le maintien de la communication spirituelle. Les monastères font également état de séminaires pour les futurs clercs des sanctuaires après un minimum de cinq ans d’études. On reconnaît la hiérarchie disciplinaire par les couleurs du foncé au clair des porteurs. Les moniales sont quant à elle réunies dans des monastères féminins, de l’initiée à la sage. Un grade spécifique est octroyé à la moniale responsable de l’établissement et du cheminement des disciples à sa charge, elle est appelée simplement la Matriarche. Même si les femmes peuvent devenir maîtresses d’un monastère féminin, les fonctions cléricales hors systèmes monastiques sont réservées aux hommes en corrélation avec l’ordre social.

Hiérarchie :
Ancien : Au sommet de la hiérarchie, le roi est le chef du culte.
Sage : Érudits, ou particuliers enrichis d’expériences servant d’exemple aux autres (Clerc, Maître, Moine, nonnain etc.).
- Pèlerin(e) (Moine, nonnain)
- Éveillé(e) (Moine, nonnain)
Initié(e) : Novice, toute la population roumalienne
Confus(e) : Incroyants ou déviants à la doctrine.

Philosophie et principes:
Valeurs :
Il existe cinq valeurs prioritaires associées à chacun des éléments dont les initiés doivent faire preuve tout au long de leur apprentissage et mettre en pratique dans leur vie afin d’être un individu accompli dans la société:
- TERRE : Tempérance
- AIR : Prudence
- EAU : Loyauté
- FEU : Bravoure
- ÉTHER : Charité


Cosmogonie :
Le créationnisme selon le Codex de la Voie se relate comme suit : Yuzhou Fanying n’a ni commencement ni fin, indéfinissable matériellement et temporellement, essence vitale de toutes substances, incarnation de l’universelle sagesse. Il créa l’univers dans la tridimensionnalité, inventa les éléments, procéda à leur extraction et les façonna. Sculptant le monde de par-delà d’imperceptibles limites, il éparpilla poussière et débris (météores et comètes), donna naissance aux flambeaux (étoiles) lumineux et délivra de son emprise des habitats (planètes) variés, dont l’un destiné à établir son accomplissement. Puis le Fondateur s’interrompit et contempla son chef-d’œuvre inachevé, avant d’insuffler de toute part sur sa favorite (La Terre) les semences de la vie. Constatant l’intégralité des richesses qu’Il modela, il remarqua encore un manquement, le parachèvement de son œuvre, la cime de son Équilibre. C’est alors que Yuzhou réfléchit, et martela finalement un nouvel être doté de suffisamment de conscience pour capter, apprendre et comprendre. Un catalyseur (réceptacle) de la sagesse pourvu de la capacité à décrypter et sauvegarder le système naturel et divin de la balance élémentaire…

Conceptualisation de l'Univers
La Tridimensionnalité du Ciel est divisée en trois plans :
1-Monde astral : Plan d’existence originelle du Fondateur, là où l'Éclosion cosmique (Big Bang laïc) se projeta des seules volontés de Yuzhou.
C'est l'équivalent du Paradis chrétien, résidence céleste du démiurge à l'infinie sagesse, position que les croyants décrivent comme la Source suprême du Discernement, accessible que par l’Ascension (un vécu sincère dans le développement des préceptes de Yuzhou Faying et Kong Qiu).

2-Monde éthéré : Plan transitoire dans lequel la déité absorbe et redistribue les énergies sous les apparences d'une créature reptilienne puissante, élancée et résolue : le Dragon de l'Éther (communément représenté sous l'aspect de tous les éléments).
C'est dans cette dimension inviolable que les esprits se scindent en deux fragments qui se nomment Entité et Substance. L'un est la conscience qui subsiste au corps et l'autre est la sève énergique qui se réattribue à l'Équilibre. Lors de ce voyage, ceux qui s'accomplissent
indistinctement de leur niveau de perfectionnement (tant qu'ils sont sincères) dans les enseignements (et dans la suzeraineté de Yuzhou) obtiennent la complétude de leur Ascension et rejoignent leur dieu, tandis que ceux qui ignorent les leçons, parjurent ou abjurent se rendent sciemment coupables de mécréance et errent dans les abîmes, impuissants et liés, dans l’impossibilité d’interagir avec quiconque, forcés à réfléchir éternellement sur leur condition.

3-Monde vivant : Ce plan incarne la totalité de l'univers matériel dans lequel la Terre se localise

Superstitions et spiritualité :
Même si les âmes en peine et autres esprits se distillent du corps et s’imprègnent au Socle de l’Équilibre (énergie essentielle ou vitale), remaniés par le démiurge, et qu’il n’existe pas véritablement de notions occultes ou exotériques sur les phénomènes de l’au-delà, des instruments répulsifs sensés contrecarrer les manœuvres maléfiques des Résiduels (Esprits malveillants) incorporent la vie du profane et permettent le maintien d’une superstition malvenue. Ce sont de telles controverses qui ont cautionnées l’apparition d’amulettes, talismans et autres présumés outils supposément efficaces contre les intrusions spectrales. Il est à spécifier que les contes de légendes et les fables mythiques, d’une génération à l’autre, affublèrent ces croyances d’une crédibilité suffisante pour convaincre les consciences les plus crédules.

Principe de l’équilibre :
Originaire du Monde éthéré (neutre), l’Homme naît dans le Monde vivant (alignement mauvais) ce qui a une influence directe sur son axe neutre. Les enseignements néoconfucéens valorisent une ligne de conduite bonne et honorable, comme le suggère au moins cinq des six éléments universels, afin de trouver l’équilibre parfait dans la recherche de la sagesse divine. L’on pourrait croire que l’équilibre est 50% bon, 50% mauvais, mais le mal est chaotique et indomptable, alors qu’un esprit apaisé et bienveillant est plus avantagé à comprendre la sagesse.
Dans ce même principe de balance, le démiurge ne s’immisce que rarement dans les activités humaines, car à l’exemple de bon père, il laisse ses enfants arpentés, être éprouvés faire des erreurs et vivre des succès dans leur cheminement en surveillant de loin. Il choisit plutôt d’intervenir rarement, discrètement, à des moments clés de l’histoire. Il enseigne donc qu’il y a des moments pour attendre, d’autres pour agir.

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Message par Sir_Ulric » mer. oct. 05, 2011 2:08 am

Histoire

Extrait de l'histoire de la Mokrekyovie (incomplète)

Un boyard rostov voyagea par voie maritime vers le Makara avec un contingent expéditionnaire.
Celui-ci atteignit les côtes du Grand Taishogunat Yamashido, près de trois mois plus tard, où il
s'accomplit dans des desseins d'expansion coloniale face aux hommes d'armes de Yamashido. Il
y fonda d'ailleurs, après une série de victoires stratégiques largement gagnées grâce, premièrement à
ses talents de coordinateur d'hommes, et dernièrement, par son apport technologique en armes à poudre,
une colonie qu'il nomma Slavonika, communément rebaptisée Sphère slavonne orthodoxe du Makara,
par les latins.

Plus tard, cette jeune colonie profita des conflits féodaux qui rongèrent les clans du shogun pour s'établir
durablement en plate-forme de peuplement pour les Rostovs qui rêvaient de fuir les persécutions reliées à
l'occidentalisation progressive de la société de la Rostovie. Dès lors, des décennies plus tard, elle obtint
son indépendance totale après des rébellions sanguinaires contre l'autorité coloniale. Elle se renomma Saktokiev,
et s'unifia entièrement en déposant les derniers chefs militaires makarans.

Quelques décennies après la Grande Guerre qui frappa durement les empires du monde, Saktokiev
tomba dans une léthargie qui s'avéra fatale. Le marxisme, théorie répandue par des voyageurs au sein du pays,
obtint des disciples. C'est lors d'une révolution surestimée par ses créateurs que les marxistes rencontrèrent une
opposition féroce qui plongea la nation dans une guerre civile meurtrière de trois ans, avant d'en ressortir vainqueurs.

Les événements se poursuivirent, et les Makarans désormais en marge des affaires sociales conservaient une place dans
la ségrégation raciale des Slaves qui bénéficiaient des pouvoirs. Essentiellement dans les zones rurales, ceux que les
autorités affublaient du sobriquet d’autochtones s'indignaient de leur condition et des traitements inégaux envers leurs
coutumes, qui disparaissaient lentement. Une fois le statu-quo réalisé par les locaux d'origine, des volontaires s'empressèrent
de remettre leur destiné entre les mains de leurs ancêtres, et de fuir la zone afin de quérir de l'aide auprès d'un peuple qu'ils
considéraient comme frère, et sa tradition comme sienne : La Roumalie.

Les volontaires parvinrent à rejoindre les frontières où ils trouvèrent des autorités prêtes à les assister pour défendre leur
cause. Ainsi, des années de lutte interne minèrent l'influence du communisme, des défaillances financières et politiques
affligèrent le Saktokiev, et des migrations croissantes de Makarans débanalisèrent la structure sociale du pays.
Le combat s'acheva par une victoire de l'influence roumalienne sur le Saktokiev, où tous les descendants rostovs
se firent expulser pacifiquement vers des destinations favorables à leur réinsertion, et la terre libérée rejoignit le giron
du royaume kiyu en se rappropriant son nom : La Mokrekyovie.



(En cours de rédaction)

Histoire militaire

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Message par Sir_Ulric » mer. oct. 05, 2011 2:09 am

<center>Forces armées


Confrérie Jinlong (Dragon d'or)
Services secrets


(En cours de rédaction)

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Message par Sir_Ulric » mer. oct. 05, 2011 2:10 am

<center>Détails généraux complémentaires

Carrés mandarins:

Un Carré mandarin est un large insigne brodé cousu sur le vêtement des mandarins de la Roumalie royale. Cet insigne est brodé de représentations d'animaux ou d'oiseaux brillamment colorés indiquant le rang du dignitaire qui le porte. Bien qu'anciens, les statuts hiérarchiques traditionnels, aussi bien que la royauté dynastique millénaire, perdurent.

Rangs des fonctionnaires militaires

Différentes espèces d'animaux sont utilisées pour indiquer le rang des fonctionnaires militaires

Premier rang : le qilin ;
Deuxième rang : le lion ;
Troisième rang : le léopard ;
Quatrième rang : le tigre ;
Cinquième rang : l'ours ;
Sixième rang : le chat tigré ;
Septième et huitième rang : le rhinocéros
Neuvième rang : l’hippocampe.

Rang des fonctionnaires civils

Premier rang : la grue ;
Deuxième rang : le faisan doré ;
Troisième rang : le paon ;
Quatrième rang : l'oie ;
Cinquième rang : le faisan argenté ;
Sixième rang : l'aigrette ;
Septième rang : le canard mandarin
Huitième rang : la caille
Neuvième rang : le monarque de paradis.
Enfin, les musiciens de la Cour royale arborent le loriot.
Unité de mesure utilisée: le Li: 1 li = 0.4158 km (0.25837 miles).

Économie: Économie duale

Carte de la densité de la population:

Image

Carte de la Roumalie, en reliefs:

Image

Cosmologie
Culte des ancêtres
Religion sans divinité
Divinités antiques respectés dans les fables légendaires: Nuwa; fondatrice de l'Univers dans les contes, mais réalité distincte, relevant davantage du Yin et Yang.
La notion du ''Ciel'' divinisé
La philosophie de l'humain: Confucianisme, taoïsme, bouddhisme, dongba,
La superstition: Fantômes et démons, dans l'Antiquité, puis les arches, la muraille.
Cycle sexagésimal: Calendrier ou calendrier luni-solaire
Astrologie et astronomie: Influence des astres sur l'humain, comme les saisons sur le moral.
Médecine traditionnelle/moderne
Concoctions, massage thérapeutique, huiles essentielle, encens, pharmacopée, acupuncture, moxibustion, Qi Gong, diététique
Présence de sanctuaires et pagodes, pas de temples
Prophétie

(En cours de rédaction)

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Message par Sir_Ulric » jeu. juil. 25, 2013 5:09 am

<center>Démarches de réévaluations encyclopédiques en cours
Le compendium de la Roumalie sera bientôt posté, veuillez patienter pendant les mises à jour consécutives que subira ce dossier, au cours du mois.

Merci de votre compréhension.

Johel3007
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Re:

Message par Johel3007 » mer. janv. 20, 2016 9:17 pm

Détails généraux complémentaires

Image

Histoire et Géographie (1)


Carte du relief

http://img11.hostingpics.net/pics/66268 ... raphie.png

Carte administrative des Shengs

http://s10.postimg.org/g53e8ecx5/Provinces_Roumalie.png
---------------------------------------------------------------------------

Mais si le gouvernement se charge d’élever et de régler les salaires et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’assister toutes les infortunes et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’assurer des retraites à tous les travailleurs et qu’il ne le puisse; s’il se charge de fournir à tous les ouvriers des instruments de travail et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’ouvrir à tous les affamés d’emprunts un crédit gratuit et qu’il ne le puisse; si, selon les paroles que nous avons vues avec regret échapper à la plume de M. de Lamartine, « l’État se donne la mission d’éclairer, de développer, d’agrandir, de fortifier, de spiritualiser, et de sanctifier l’âme des peuples »,et qu’il échoue; ne voit-on pas qu’au bout de chaque déception, hélas! plus que probable, il y a une non moins inévitable révolution ?
Frédéric Bastiat, La loi

Johel3007
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Re:

Message par Johel3007 » lun. janv. 25, 2016 7:22 pm

Détails généraux complémentaires

Image

Le Calendrier Roumalien



Le cycle sexagésimal

Le calendrier Roumalien est organisé fort différemment du calendrier utilisé par le reste de la planète et lui-même hérité de l'organisation du temps par l'Église Catholique d'Urba voici plusieurs siècles. Il s'agit d'un calendrier lunisolaire basé sur un cycle sexagésimal : il utilise une base 60 plutôt qu'une base 12 comme le système grégorien. Un cycle est composé de 60 Lunes, elles-mêmes divisées en 3 périodes de 8 à 10 jours, l'ensemble s’étalant donc sur environ cinq années, bien que cela ne soit pas toujours vrai : certains cycles durent un peu moins, d'autres un peu plus. Ce calendrier a évolué au fil du temps, les mesures de calcul des cycles se précisant à mesure que les connaissances astronomiques augmentaient.

Il suit le principe traditionnel et chargé de nombreuses symboliques des Tiges Célestes et Branches Terrestres, où chacune des 12 branches est associées à un animal tandis que chacune des cinq tiges est associée à un aspect de la nature. Chaque branche principale est également parfois divisée en deux pour ce qui touche à l'astrologie, les fêtes traditionnelles et autres éléments mystiques mais, pour des raisons pratiques, cette division n'est pas appliquée en pour les calculs astronomiques liés au calendrier.

La Lune et ses périodes

Une lune correspond au cycle de lunaison tel qu'observable, avec une division entre trois périodes de 8 à 10 jours nommées l'Ascension, l'Apogée et le Déclin. Chacune de ces périodes correspond à un division du mois similaire à la fonction de la semaine utilisée dans le calendrier grégorien. La différence principale vient du fait que là où les Almérans mesuraient les lunaisons en quarts, selon la portion de lune révélée, les Roumaliens la mesure par tiers. L'Apogée correspond aux trois jours de "pleine lune" apparente. Le Déclin suit pendant 2 à 4 jours, jusqu'à la nouvelle lune où l'Ascension commence pendant 2 à 4 jours.
Si les calculs se sont affinés avec les siècles et que le passage du temps effectif est aujourd'hui mesuré par les scientifiques Roumaliens sur base du calendrier grégorien par facilité et précision, le calendrier traditionnel utilisé par l'écrasante majorité de la population reste basé sur les 3 périodes au sein d'un Lune, telle qu'observable. Les nuits de "nouvelle lune" où celle-ci n'est plus du tout visible sont considérés tantôt comme des nuits chanceuses à célébrer ou des nuits malheureuses durant lesquels on ne sort pas de chez soit.

Le jour

Une journée débute traditionnellement aux premières lueurs du jour et s'achève avec la disparition du soleil. Considérant le caractère peu précis de cette définition et l'évolution des connaissances, il a peu à peu codifié et accepté qu'une journée correspond à une période de 60 dian. Chaque dian est divisé en 100 fen, lequel vaut environ 15 secondes. Une journée est donc composée de 6000 fen.

L'An actuel et la difficulté des sources

L'année ne correspond pas à un cycle solaire mais bien à un cycle sexagésimal complet. Si une bonne part de mystique compose le calendrier Roumalien et que certaines périodes de l'Histoire ont vu la précision des mesures diminuer, il semblerait que le système ait été en place et mesuré avec une régularité plus ou moins constante depuis plus de 23.600 années grégoriennes.
L'avis des érudits sur la question est partagé :
Certains affirment que les différentes dynasties et communautés de la péninsule Roumalienne ont bel et bien réaliser ces mesures lunaires depuis autant de temps, bien qu'avec une précision variable qui pourrait très bien amputé quelques siècles mais sans remettre en cause l'accomplissement de voir une civilisation humaine être parvenu à transmettre et maintenir un système de comptage du temps selon une même référence dont chaque cycle s'étend sur 3 à 4 générations.
Ainsi, selon le calendrier Roumalien, nous sommes en l'An 4727
D'autres font remarqué que quantité de raisons, notamment politiques, ont pu motivé certaines dynasties à exagérer ce chiffre en leur propre temps, jouant en partie sur l'ignorance collective de la majorité de la population et sa dépendance dans les prêtres et érudits, eux-mêmes souvent inféodés au gouvernement dont les représentants suprêmes avaient tout intérêt à se peindre comme les descendants ou héritiers d'une très longue tradition.

Hélas, ce type de mesure du passage du temps étant bien antérieur à l'écriture elle-même, la réponse à ce mystère restera sans doute à jamais irrésolue.
Des tablettes vieilles de plus de 11.000 ans confirment que les anciens habitants de la région mesuraient bien sur une base sexagésimal mais sans qu'on ne sache s'il s'agissait là de jours, demi-jours, fractions du jour, semaines, phases lunaires ou même s'il s'agissait bien d'un calendrier et non d'une comptabilité rudimentaire.
La lune figure de manière proéminente dans les peintures rupestres les plus anciennes retrouvées. Mais il est impossible de garantir que, à l'image des statues Valuannes aujourd'hui, les peintures n'aient pas subies d'altération au cours du temps par les nouvelles cultures dominantes du moment.
Pour compliquer les choses, il faut ajouté qu'un second calendrier, d'avantage séculier et à vocation effectivement avant tout politique, mesurait pour sa part les années non pas en cycle de 60 lunes mais en nombre de jours et de lunes d'un règne ou de la vie d'un monarque précis, sans qu'une cohérence soit maintenu entre deux règnes ou qu'une distinction claire soit faite parfois entre le début du règne et la naissance du souverain. Hors, pour la majorité des monarques, le nombre précis d'années de règne est inconnu. Parfois, l'information est juste manquante, parfois les sources sont contradictoires, peu claires ou simplement douteuses (un Roi du 3ème siècle après JC fit noté sur un document qu'il s'agissait de sa "1752ème Lune de règne", donnant à l'homme l'age douteux de 146 ans au minimum). D'autres fois, les souverains continuent d'utiliser une référence au règne ou à la naissance d'un souverain antérieur, soit par respect, par soucis administratif ou par volonté politique de sous-entendre un lien de continuité avec une dynastie ancienne.
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Mais si le gouvernement se charge d’élever et de régler les salaires et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’assister toutes les infortunes et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’assurer des retraites à tous les travailleurs et qu’il ne le puisse; s’il se charge de fournir à tous les ouvriers des instruments de travail et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’ouvrir à tous les affamés d’emprunts un crédit gratuit et qu’il ne le puisse; si, selon les paroles que nous avons vues avec regret échapper à la plume de M. de Lamartine, « l’État se donne la mission d’éclairer, de développer, d’agrandir, de fortifier, de spiritualiser, et de sanctifier l’âme des peuples »,et qu’il échoue; ne voit-on pas qu’au bout de chaque déception, hélas! plus que probable, il y a une non moins inévitable révolution ?
Frédéric Bastiat, La loi

Johel3007
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Re: Re:

Message par Johel3007 » sam. févr. 27, 2016 2:31 pm

Détails généraux complémentaires

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Philosophie, spiritualité, religion et valeurs (1)



Harmonie de la Terre et du Ciel

La définition des critères d'une bonne vie reste une des préoccupations philosophiques centrales pour toute civilisation. Pour certains, comme les Pelabssiens à leurs dernières heures, la philosophie de l'hédonisme a triomphé, encourageant la recherche du bonheur à travers l'excellence individuelle et l'exaltation des sens. Pour d'autres, comme les Rostovs sous l'ultrakirovisme, une bonne vie est une vie frugale passée entièrement à accomplir des devoirs envers l'État, le Temple ou autre autorité supérieure. Beaucoup de voies médianes existent, chacune définie par un panel plus ou moins complexe de règles morales visant à évaluer et hiérarchiser chaque acte et situation.
Pour les Roumaliens, le monde forme un tout bien ordonné qui, telle une symphonie, ne saurait souffrir les dissonances. Pourtant, celles-ci sont inévitables mais peuvent être limitées et c'est là précisément l'objectif de chacun que de jouer à la perfection son rôle dans ce grand tout, notamment en assumant ses devoirs à l'égard de chacun : le fils envers le père, la femme envers son mari, le serviteur envers le maître, le Roi envers le Ciel... Il n'est pas un seul aspect de la vie d'un Roumalien où ses actions ne soient pas au service de quelqu'un d'autre et si les petits plaisirs personnels font partie intégrante de l'équilibre, la clé demeure dans la modération et la droiture. Une discipline de chaque instant est attendue du sujet Roumalien et ceci sur tous les plans, y compris lors de ses moments de détente où d'autres cultures estimeraient que la "face publique" peut partiellement tombée : un Roumalien assume simplement une autre face, toujours dans un rapport dual à l'autre et à leurs devoirs réciproques. Loin d'être vu comme un poids ou une corvée, ces devoirs (ou en tout cas leur accomplissement) sont vu comme la marque du succès et donc d'une vie bien remplie.

Cette vision du monde a été rationnalisée puis mystifiée sous la forme du Yuzhou Fanying (Harmonisateur Cosmique en Fiémançais), entité omnipotente en comparaison des êtres humains, aux motifs et préoccupations incompréhensibles. Le Yuzhou Fanying est le créateur de toute chose et il garde un œil distant sur le monde, les êtres qui le peuple et les forces qui l’animent. À la manière d’un chef d’orchestre guidant ses musiciens, il n’intervient pas directement mais exerce sa volonté par des directives subtiles, faisant de chaque être et chose une extension imparfaite de lui-même. Il ne demande pas de vénération et n’écoute pas les prières, pas plus qu’un jardinier n’attend d’être aimé, reconnu ou obéi par les vers de terre de son potager, leur existence même n’étant qu’un heureux accident de son œuvre. Mais de la même manière, si les vers de terre causent nuisance au potager, il n’aura aucun scrupule à agir à leur détriment pour rétablir l’harmonie. Il n’y a dans cette action aucune malice ou même désir d’interaction car, s’il est conscient de l’existence de l’Humanité, celle-ci n’est qu’une force mineure dans le grand tout qu’est la création. Elle en fait partie et a sa place mais il n’est rien attendu d’elle sinon qu’elle existe et joue son rôle.
Sur cette logique, les Roumaliens ont bâti leur culte d’avantage sur un modèle visant à embrasser le mode de vie qui leur permettra de contribuer à exister en préservant l’harmonie céleste plutôt que sur un modèle de vénération retrouvé dans nombre d’autres religions monothéistes. Cela n’a pas empêché une certaine anthropomorphisation du Yuzhou Fanying par les clercs, souvent en vue de faciliter la transmission de leurs enseignements mais aussi pour des raisons politiques. Ainsi, on assiste à des dépôts d’offrandes sur des autels dans le temple et les sanctuaires. Si la coutume voulait initialement que celles-ci servent à aider les clercs, elles sont souvent interprétées par certains fidèles comme un don direct avec l’Harmonisateur en vue de s’attirer ses bonnes grâces. Un geste futile car Yuzhou Fanying est au-dessus des considérations matérielles et des sentiments humains : on ne peut ni le corrompre, l’attendrir pour le persuader de changer le grand plan céleste au profit d’une poignée de créatures insignifiantes.

Quand le Ciel (autre nom référençant à Yuzhou Fanying) et la Terre (référence au monde matériel et donc au domaine de l’Homme) ne sont pas en harmonie, c’est la Terre qui souffre tandis que le Ciel tente d’écarter la source du mal. Il appartient aux croyants d’être attentifs aux signes du Ciel et d’en déchiffrer correctement les significations en vue d’identifier le problème et de le corriger à leur propre échelle s’ils le peuvent. Concernant les incompréhensions du dogme ou même concernant les autres dogmes, l’attitude du clergé est une tolérance paternaliste et légèrement condescendante, où les croyances des « confus » sont simplement considérées comme des erreurs de perception ou le fruit d’erreur d’apprentissage éventuellement mystifiée au fil du temps. Les dieux d’une religion polythéiste seront considérés comme une incompréhension des phénomènes naturels ou comme la vénération d’aspects précis de Yuzhou Fanying. Le dieu des religions monothéistes est considéré de manière similaire ou, s’il est aussi décrit comme une entité omnipotente, alors il est considéré comme analogue à Yuzhou Fanying. Il convient de les éduquer sur la vérité et de corriger les erreurs de leurs actes afin que l’Harmonie ne soit pas perturbée d’avantage. Mais une réaction trop soudaine du clergé à l’encontre de confus pourrait perturber encore plus l’Harmonie que les actes des confus ne le faisaient. Il convient donc d’agir avec tempérance et prudence, de manière progressive.

Mandat Céleste et vertus

Si le terme de Yuzhou Fanying est propre à la Roumalie, l’idée d’une relation étroite entre le monde matériel et le monde spirituel en vue de maintenir un équilibre délicat et complexe se retrouve à travers tout le Makara, que ce soit dans le shintoïsme, le bouddhisme, le taoisme ou le shamanisme. La notion que les dirigeants humains tirent la source de leur pouvoir non seulement de leurs capacités mais aussi d’une sorte de soutien surnaturel du Ciel est aussi profondément ancrée, allant jusqu’à affirmer que la santé d’un domaine est lié à la droiture de son maître et à son état de grâce auprès du Ciel. Chez les Roumaliens, cela veut avant tout dire que si un Roi s’écarte de la droiture morale exigée pour être un exemple et maintenir l’Harmonie, le Ciel cherchera à l’écarter du trône afin de limiter les dégâts que ses commandements pourraient provoquer. Toujours en chef d’orchestre distant, Yuzhou Fanying enverra des signes que le royaume va mal et que les sujets doivent considérés des actions rapides non seulement pour contrer les signes eux-mêmes mais aussi, parce qu’ils ne sont que des symptômes d’un mal plus grand, pour rétablir le respect des rites et l’observation des devoirs par tous, y compris le Roi. Le souverain n’étant qu’un homme et donc le représentant d’un trône plutôt que le trône lui-même, il peut être changé si besoin mais cela doit se faire sans pour autant trahir les vertus encouragées pour maintenir l’Harmonie.
Ces vertus, au nombre de cinq, sont considérées comme des qualités personnelles qui doivent être présentes chez chacun mais en particulier chez ceux dont la position inclut une autorité ou une responsabilité. Leur absence chez un Roi est donc vue comme catastrophique mais leur absence chez un servant est tout aussi grave car son maître dépend de lui pour exercer sa volonté.

Tempérance :
En direct relation avec l’idée d’équilibre, de balance et d’harmonie, la valeur de tempérance est peut-être la plus importante de toutes ou au moins la plus représentative et encouragée. On la retrouve dans le bouddhisme, où elle est la clé d’une vie accomplie, par oppositions aux vies d’excès qui ne font que semer la misère chez les autres ou aux vies ascétiques qui ne créent rien et donc contribuent tout autant à la misère d’autrui. Le taoisme l’élève au rang d’art de vivre à travers le concept de « Wu Wei » (« non-action »). Les shamanistes et animistes de tout bord encourage une existence modeste qui ne dérangerait ainsi pas les forces de la nature. Pour les Roumaliens, cela veut avant tout dire ne jamais virer dans l’excès, que ce soit en action, parole, sentiment ou pensée afin de garder la maîtrise de soi-même. Si les plaisirs du corps et de l’esprit ne sont pas découragés car le désir est expressions naturelles d’un besoin sous-jacent, leur abus est vu avec mépris car ils rendent l’homme esclave de ses désirs plutôt que de ses devoirs, lesquels restent la priorité et la mesure d’un homme. Comme les autres vertus, la tempérance aide donc un homme à accomplir ses devoirs, notamment en lui garantissant un esprit clair et en évitant de l’impliquer trop loin et trop vite sur une voie potentiellement ruineuse où il encourrait les foudres du Ciel. Faire preuve de tempérance, c’est avoir un impact faible sur la destinée du monde et donc ne pas en perturber l’Harmonie. Mais c’est aussi rester flexible et prêt à tout.

Prudence :
Si la tempérance revient à se modérer en toute action sans qu’il y ait besoin de réflexion, la prudence revient à faire preuve de réflexion avant toute action afin que la nécessité de l’action elle-même soit éprouvée. C’est la vertu menant à la sagesse, une qualité révérée. Si elle n’est pas attendue chez les jeunes gens, pouvant même devenir une entrave à leur bravoure, loyauté ou charité, elle est louée lorsque présente chez eux en dose sage et utilisée à bon escient. La prudence est l’art de n’agir qu’avec l’assurance de bien agir. Elle est donc aussi très attendue chez les anciens, supposés avoir précisément appris de nombreuses erreurs faites par manque de prudence au cours d’une longue vie. Un homme âgé et trop téméraire ou impulsif sera mal considéré car preuve d’une certaine immaturité ou d’un manque de sagesse et de connaissances du monde, ce qui le rendra prompt à commettre des erreurs et donc à s’attirer les foudres du Ciel.

Loyauté :
Comme expliqué, la vie d’un Roumalien s’oriente autour d’une série de devoirs envers son entourage. Il a de multiples loyautés, chacune hiérarchisée de manière complexe et parfois conflictuelle. La manière dont il honore ces loyautés, accomplissant ses devoirs envers chacun, est la mesure d’un homme en Roumalie. Cela implique aussi parfois accepter qu’il est impossible de demeurer loyal à deux parties dont l’accomplissement des devoirs s’opposent. La manière dont un Roumalien choisit dans quels devoirs échouer et dans quel mesure révèle beaucoup quant à son caractère et sa valeur. Il est même possible d’être loyal à son maître en lui étant déloyal sur certains aspects. Le sujet est souvent l’objet de vifs débats et ceci depuis toujours, sans qu’un consensus clair n’existe. On distingue, parmi les plus importants devoirs, l’obéissance du fils au père et l’obéissance du sujet au trône. Le premier est voulu car le père est celui qui a donné la vie et élever l’enfant, ce qui en fait une figure méritant la déférence demandée. Plus âgé, il est aussi assumé être plus avancé sur la voie des vertus et donc moins susceptible d’être dans le tort. Le second est voulu car le Roi est le maillon hiérarchique connectant la Terre et le Ciel, ce qui le rend aussi le plus à même d’interpréter la volonté du Ciel et de gouverner avec succès la Terre. Entouré et conseillé d’individus tout aussi favorisés par le Ciel, on attend donc de lui qu’il possède de grandes vertus ou puisse au moins s’appuyer sur celles de son entourage. Toutefois, l’obéissance ne doit pas être aveugle, sans quoi elle se transforme en vénération : un père ou un Roi peut être dans le tort et si s’opposer à ses commandements est découragé, lui faire voir son erreur et lui conseiller une autre route est vivement encouragé. De même, le père doit loyauté envers son fils et le Roi loyauté à son sujet, à travers une écoute bienveillante quant à leurs besoins, désirs, craintes et conseils. La loyauté n’est donc pas que l’obéissance mais bien une série de respect d’obligations sociales et morales variées d’un individu envers de très nombreux autres.

Bravoure :
Indispensable à la loyauté, la bravoure est la capacité d’un homme à agir en dépit de la prudence lorsque son action aura plus que probablement des conséquences négatives pour lui-même mais contribuera à créer beaucoup de biens ou éviter beaucoup de mal à autrui. C’est la force de volonté d’un serviteur critiquant son maître en privé pour lui éviter le ridicule ou la ruine. C’est le courage d’un soldat qui accepte résigner un ordre suicidaire mais qu’il sait contribuera à la victoire. C’est le mépris du danger et de la peur malgré qu’on en a pleinement conscience. C’est la prise de risque personnel en vue d’honorer ses devoirs. La bravoure est typiquement l’apanage de la jeunesse, en partie car elle est moins consciente du danger personnel et a aussi bien moins à perdre. Un jeune homme sans bravoure est vu comme faible d’esprit, indécis et déjà usé avant même d’avoir servis, pétrifié par la peur avant même d’avoir eu de vraies raisons d’être prudent. Moins présente chez les anciens, elle est toutefois source de fierté pour leurs familles lorsque visible malgré une vie rude propre à enseigner la prudence. Si bravoure et prudence semblent contradictoires, il faut les mettre en relation triangulaire avec la tempérance qui, en toute chose modère les excès.

Charité :
Là où la loyauté est l’accomplissement de devoirs exigés de l’homme par la société et ses coutumes et donc une question d’expectation sociale logique, la charité est l’expression de sentiments et une attitude naturelle d’avantage qu’une discipline allant à l’encontre de l’instinct comme la loyauté. L’un comme l’autre encourage l’homme à donner de lui-même au profit des autres mais la charité a un caractère volontaire et inattendu. Loin de demander de se sacrifier pour autrui, la charité demande de souhaiter à autrui autant de bien que l’on souhaite à soi-même et, avant de penser à son propre avancement, de faire son possible pour que chacun atteigne une situation similaire à la sienne propre. Vertu admirable, elle entre souvent en conflit avec la loyauté, forçant un homme à choisir, lorsque les ressources sont limitées, entre aider librement son prochain selon les élans de son cœur ou donner la priorité à son devoir envers des personnes spécifiques. Là où les loyautés opposées créent un vif débat, l’opposition entre charité et loyauté est nettement moins l’objet de débats et plutôt d’opinions convaincus : d’un côté les ritualistes, pour qui le devoir et notamment l’obéissance prime sur les sentiments car ces derniers sont subjectifs et inspirés avant tout par les pulsions dont l’homme doit se rendre maître s’il veut pouvoir activement préserver l’Harmonie. De l’autre, les naturalistes, pour qui les devoirs sont surtout une construction sociale destinée à guider les sentiments chez ceux dont l’esprit est confus et qui peuvent donc être ignorés si une nécessité naturelle flagrante s’impose, signe évident du Ciel et donc supérieur à tout rituel social. Si les légalistes et certains confucéens se retrouveront parmi les ritualistes, les taoïstes et bouddhistes auront plutôt tendance à adopter l’attitude des naturalistes. Ici aussi, la clé pour les Roumaliens réside dans la tempérance, avec le bon usage de la prudence pour réfléchir au problème, le respect des devoirs autant que possible mais l’écoute de la bravoure lorsque la charité est nécessaire en dépit des risques personnels.

L’opposition et coopération des vertus entre elles permettent aux Roumaliens de se forger un caractère et une identité sociale solide qui, sans garantir une vie harmonieuse, facilite grandement la stabilité de la société et le bonheur de ses membres. Dans cette perspective, le Mandat Céleste est la manifesté par la réussite de ceux qui présentent le mieux les cinq vertus. D’une part, parce qu’ils sont vertueux, le Ciel ne s’oppose pas à eux et tout leur réussit, ce qui leur permet de gagner en prospérité et autorité formelle, atteignant des positions de pouvoir à travers leurs qualités et compétences. D’autre part, parce qu’ils sont vu comme compétents et vertueux, ils sont des exemples respectés et admirés gagnant une autorité morale qui confortent leur position de pouvoir. Le Mandat Céleste est là visible par l’absence d’opposition du Ciel à l’ascension sociale d’un homme puis au maintien de sa dynastie au sommet de cette position. Il est important de noter que les vertus ne suffisent pas : elles ne sont qu’une preuve de capacités de caractère mais en rien une preuve de compétences techniques, physiques ou intellectuelles. Comme partout ailleurs, un individu dépourvu de ces dernières sera moins bien considéré qu’un autre mais le caractère reçoit une place plus prononcée dans la société Roumalienne que dans les sociétés utilitaristes matérialistes où l’individu est jugé sur ce qu’il peut apporter à l’Humanité plutôt qu’à la Création.
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Mais si le gouvernement se charge d’élever et de régler les salaires et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’assister toutes les infortunes et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’assurer des retraites à tous les travailleurs et qu’il ne le puisse; s’il se charge de fournir à tous les ouvriers des instruments de travail et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’ouvrir à tous les affamés d’emprunts un crédit gratuit et qu’il ne le puisse; si, selon les paroles que nous avons vues avec regret échapper à la plume de M. de Lamartine, « l’État se donne la mission d’éclairer, de développer, d’agrandir, de fortifier, de spiritualiser, et de sanctifier l’âme des peuples »,et qu’il échoue; ne voit-on pas qu’au bout de chaque déception, hélas! plus que probable, il y a une non moins inévitable révolution ?
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Re: Grimoire encyclopédique

Message par Johel3007 » dim. févr. 28, 2016 3:51 pm

Détails généraux complémentaires

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Philosophie, spiritualité, religion et valeurs (2)



Philosophies et politiques du Makara

Le Makara a été le berceau de plusieurs grandes écoles de pensée et a vu le fleurissement de quantité de modèles cosmologiques. Mais paradoxalement, l’Île-Continent présente peu de religions structurées et imperméables comme on en trouve en Alméra, au Jeekim, au Zanyane, au Barejbal ou au Vicaskaran. De même, le monothéisme, s’il est présent, reste une affaire de perception plutôt qu’une conviction certaine : beaucoup acceptent qu’il doit exister une entité supérieure à toutes les autres mais peu se formalisent quant à son identité exacte ou ses desseins précis.
De même, l’existence ou non de « divinités intermédiaires » est un sujet peu débattu : ceux qui pensent que c’est le cas font avec et paient tout de même hommage à la divinité supérieure, sans que la question d’une concurrence n’entre même en ligne de compte. Ceux qui pensent que ce n’est pas le cas considèrent les vénérations adressées par leurs frères comme dirigées vers des entités qui, sans être des dieux, peuvent effectivement être des créatures ou forces de grande puissance. Que les prières servent ou non importent alors peu : si vous y croyez, elles VOUS sont utiles. Si vous n’y croyez pas, elles n’offensent en rien votre dieu et donc vous-même. Cela va jusqu’à un fait simple et pourtant peu connu : aucune religion du Makara n’a jamais réellement cherché à se trouver un nom ou à se distinguer des autres par une désignation spécifique. Taoisme, confucianisme, bouddhisme, shamanisme et shintoisme sont avant tout des formes de vision du monde, non-exclusives dans leurs prétentions à détenir la vérité et souvent d’ailleurs mélangés sans trop de difficultés.
Mais cette apparente grande tolérance spirituelle n’empêche pas de sérieuses tensions politiques : chaque vision cosmique s’accompagne de ses rites, valeurs et tenants moraux qui peuvent venir en opposition avec les intérêts du pouvoir politique local. De même, les différents clergés peuvent se retrouver en compétition pour les donations des fidèles et donc en conflit si un clergé se retrouve dans une situation financière difficile. De plus, la mentalité de groupe et les réseaux d’entraides qui émergent naturellement entre coreligionnaires peuvent entrainer des situations où les adeptes d’une religion précise sont favorisés politiquement ou économiquement comparés à d’autres, de sorte qu’une jalousie ou des tensions apparaissent. Enfin, la simple xénophobie, le bigotisme et le phénomène classique de bouc émissaire sont aussi en jeu contre les religions minoritaires et leurs adeptes, perçus comme des étrangers mal assimilés et donc forcément source de maux.
On citera les flambées occasionnelles de violence entre bouddhistes et shintoïstes au Levantin, en Hokkaido et en Eran, les luttes entre taoïstes et confucéens sur les questions politiques, la vive opposition entre légalisme et traditionalisme qui a toujours agité les gouvernements sous un nom ou l’autre,… et plus récemment (environ 12 siècles à peine) les divers conflits nés des interactions avec les religions monothéistes exclusivistes que son l’Islam, le Judaïsme et le Christianisme.

En Roumalie, la religion d’État officielle est désignée comme « Néoconfucianisme ». Il s’agit en fait d’une appellation donnée par des érudits étrangers car les clercs et moines de Roumalie ne donnent pas de nom à leur foi. Pour eux, il s’agit simplement de la religion, la seule qui existe et qui accommode et englobe aisément toutes les autres religions en désignant leurs dieux comme des entités secondaires ou comme des aspects de Yuzhou Fanying. Le terme de néoconfucianisme fut en fait adopté par les missionnaires chrétiens qui interprétèrent initialement le confucianisme du Kaiyuan comme une religion en raison de ses références au culte des ancêtres. Voir cette même philosophie présente en Roumalie mais existant en parallèle avec la vénération d’un dieu unique les poussa à assumer que les deux étaient liés et formaient un culte unique homogène. Sans être faux, l’interprétation n’en restait pas moins erronée. Cela n’a pas empêché le terme de s’imposer petit à petit jusque parmi les Roumaliens eux-mêmes.

Mais à côté de la religion, on distingue plusieurs courants philosophiques largement acceptés au sein des foyers Roumaliens, chacun avec leur vision cosmologique mais aussi morale et politique. La coexistence de ces courants a forgé la structure de la société Roumalienne et continue de l’influencer dans des directions variées, même si l’ouverture progressive au reste du monde, entamée depuis deux décennies, expose également le Grand-Royaume à d’autres influences, notamment Alméranne, Zanyanaise et Vicaskaranne. Le présent article vise à présenter brièvement chacun de ses courants et, surtout, d’illustrer leurs différences et leurs impacts sur la pensée politique en Roumalie.

Confucianisme

Le confucianisme est avant tout une philosophie dont le tenant de base pourrait être résumé par « l’harmonie par l’exemple ». Avec une vision largement optimiste quant à la nature humaine, la philosophie encourage chacun à s’améliorer soi-même avant de chercher à améliorer le monde. L’homme doit dompter sa propre nature avant de vouloir changer celles des autres. Il est même conseillé de ne PAS chercher à changer la nature des autres, assumant que l’exemple que l’on expose à travers ses propres actions suffira à influencer autrui et à pousser les autres à émuler ces actions.
Lorsque chacun se comporte convenablement, alors la société est harmonieuse. Bonheur et prospérité s’en suivent. Plusieurs vertus sont encouragées, guidées par cinq constantes que l’adepte se doit d’observer pour correctement encadrer quatre vertus cardinales et une série d’autres vertus mineures mais tout aussi importantes à la grandeur d’un homme et donc à une société harmonieuse. Développer chacun des termes utilisés pour désigner ces concepts n’est pas l’objet de cet article et divers essais philosophiques séparés par divers auteurs l’ont déjà mieux fait. Les aspects les plus importants sont sans doute l’honnêteté, la politesse et le sens des responsabilités envers chacun.
Le confucianisme, s’il n’encourage pas un égalitarisme forcené et est le produit de son temps concernant la place de la femme, l’esclavage et quantité de sujets aujourd’hui délicats, se veut une méritocratie en ce qui concerne l’accès à l’éducation et aux connaissances, estimant qu’un homme instruit aura plus de chances de se comporter correctement car il aura une meilleure compréhension des effets de son comportement sur les autres et donc de l’impact de ce comportement sur lui-même à terme. L’origine et l’ascendance, si elles peuvent donner quelque avantage à un homme, sont insignifiantes comparées à l’éducation et aux possibilités qu’elle offre.
Il encourage une société où chacun connait et respecte sa place, ne cherchant à en changer que par nécessité ou lorsque la volonté collective semble le lui permettre. Dans une telle société, les rituels sociaux bien établis et connus limitent les frictions et assurent que chacun mène une existence heureuse et relativement prospère, bien que des différences importantes de statut soit inévitables.
Plusieurs analystes blâment le confucianisme, avec son obsession pour la stabilité de la société par le maintien des traditions propres à une société largement rurale et agricole, pour le retard dans le développement technologique et économique de la Roumalie. S’ils n’ont pas tort en soit, il faut se rappeler que l’objectif du confucianisme n’a justement jamais été le progrès technique au service du renforcement de l’État-Nation mais bien la paix et la prospérité pour la société civile à travers la bonne gouvernance personnel comme publique.
En Roumalie, le confucianisme a engendré la mise en place des examens nationaux pour le recrutement au sein de la bureaucratie. Il a aussi été une des clés de la disparition progressive de l’aristocratie héréditaire, rendue obsolète par la bureaucratie méritocratique. Seule en a survécu la branche ainée de la Maison Cheng pour des raisons avant tout religieuse et traditionnelle. La logique aurait voulu que même la fonction de Roi soit remplacée par la logique bureaucratique et certains analystes ont vu dans l’usurpation du Conseil des Cinq une tentative de réaliser précisément cela. Les réactions largement négatives du peuple, de l’armée et des mandarins face à l’usurpation illustre toutefois que la Roumalie tient encore et a besoin d’une famille royale héréditaire, incarnant une continuité dans l’exercice du pouvoir suprême.

Taoïsme

Le taoïsme est un mouvement philosophique qui émergea voici plus de 25 siècles, peu après la formalisation des enseignements du confucianisme. Il prêche une philosophie différente où une grande emphase est placée sur les sens, le ressenti, les émotions et l’action spontanée, en évitant d’entrer en résistance, opposition ou conflit avec les choses telles qu’elles sont déjà agencées. Fataliste dans sa vision du monde dont le fonctionnement est vu à l’image d’une rivière dont l’homme ne peut changer le cours déjà décider par des forces bien au-dessus de lui, le taoïsme décourage l’ambition et l’attachement en général tant aux choses matérielles, au prestige ou aux personnes, encourageant le pratiquant à s’intéresser d’avantage à son état présent qu’à son futur ou au reste du monde sinon pour sentir comment y évoluer harmonieusement.
D’avantage encore que le confucianisme, la philosophie taoïste est emprunte de très nombreux termes spécifiques qui englobent en un seul mot des notions souvent complexes. Si les écrits et leur style sont plaisants, leur interprétation exacte est souvent plus problématique et expliquer cette philosophie de manière structurée est un exercice délicat. S’y ajoute une bonne dose de concepts mystiques relativement opaques. Mais pour faire simple, l’idée est que chacun doit vivre en équilibre et trouver sa voie non pas en fonction de comment il aimerait que les choses et lui-même soient mais en fonction de comment les choses et lui-même sont. Cela implique d’accepter ses défauts et qualités, ses compétences comme ses lacunes, ainsi que les dures réalités de la vie, même lorsqu’elles paraissent injustes.
Les valeurs de compassion, modération, humilité sont encouragées tout comme la patience et la politesse tandis que le courage, la générosité et le charisme naturel sont admirés lorsqu’ils sont spontanés. Le taoïsme encourage une vie relativement ascétique, où l’individu de se détache des artifices et du superflu tout en limitant ses attachements matériels et sentimentaux afin de pouvoir mieux accepter les inévitables pertes. L’action est motivée par le besoin et l’existence principalement dédiée à la contemplation des merveilles de la création.
Le taoïsme n’encourage en rien un modèle de société précis car il voit l’univers comme cyclique plutôt que figé et chaque cycle comme unique. Par conséquent, aucun modèle ne peut être idéal indéfiniment et dépend donc du contexte présent. Les concepts d’égalité ou de justice sont aussi peu important au taoïsme et en rien formalisés, remplacer par un certain sens « naturel » de générosité et de compassion. L’informel, le naturel, le spontané remplace ici les règles, ce qui place les adeptes du taoïsme en conflit direct avec les adeptes du confucianisme, pour qui une société ne peut être harmonieuse que si chacun s’attèle à suivre des codes sociaux clairs et remplit ses devoirs.
Tout comme le confucianisme est critiqué pour son caractère conservateur et rigidifiant des mœurs et coutumes, ralentissant le progrès de la société, le taoïsme est parfois attaqué pour l’apathie fataliste qu’il semble promouvoir. Loin de se faire l’avocat d’une absence d’actions, le taoïsme encourage plutôt une méthode d’actions qui, effectivement, tend à éviter les obstacles, ce qui peut souvent considérablement ralentir un projet et, dans le cadre d’une nation, peut cruellement limiter le développement car donnant la priorité aux nécessités sans forcément considérer les possibilités. L’ascétisme et le détachement d’ambitions encouragés par le taoïsme sont aussi des causes supposées du retard de la Roumalie.
En Roumalie, le taoïsme est relativement peu populaire bien que présent. Son influence sur le pays est mineure, en partie car il s’agit avant tout d’une philosophie qui se marie mal avec les ambitions politiques souvent importantes des hommes de pouvoir. Son influence peut toutefois être visible parmi certaines communautés rurales où l’agriculture de subsistance demeure malgré plusieurs tentatives de modernisation, tout simplement car la population préfère la vie parfois dure mais simple dont elle dispose à une possible abondance qu’elle voit comme superflue. Certains dirigeants, sans souscrire eux-mêmes au taoïsme, ont encouragé sa diffusion parmi les classes populaires et la bureaucratie car, si le taoïsme n’encourage pas activement la servilité, il décourage l’ambition et sert donc parfaitement les desseins d’un monarque ayant à compter sur l’intégrité de ses mandarins et le bonheur de ses sujets malgré une abondance parfois réduite.

Bouddhisme

Le bouddhisme est une philosophie visant à identifier la source de la souffrance des hommes et à y mettre un terme non par des changements sociétaux mais à travers une discipline de vie personnelle. Ou du moins c’est là une des interprétations possibles, le courant ayant donné naissance à de très nombreuses écoles de pensée. Tout comme le taoïsme, le bouddhisme est un courant de pensée ascétique à sa base : il encourage ses adeptes à faire preuve de détachement par rapport aux plaisirs terrestres afin de ne pas en ressentir fortement le manque et donc pouvoir plus facilement endurer les souffrances, libérant ainsi l’esprit et les sens pour accroitre une perception supérieure du monde jusqu’à atteindre un état de révélation quant à la véritable nature du monde. Selon les bouddhistes, ce n’est qu’en atteignant cet état d’éveil que l’homme peut mettre fin au cycle de naissances, morts et réincarnations dans lequel chaque être vivant est enfermé. À défaut d’atteindre l’éveil dans cette vie-ci, le bouddhiste cherchera à faciliter sa prochaine tentative dans la vie suivante.
Pour y parvenir, les adeptes se concentrent sur l’acquisition de plusieurs qualités, parmi lesquels la clarté d’esprit occupe un rôle central, et sur le respect d’un mode de vie relativement stricte. Ce mode de vie inclut ne pas tuer, ne pas voler, ne pas s’adonner à la luxure, ne pas mentir, ne pas s’intoxiquer, ne pas manger après-midi ou avant le lever du soleil, ne pas danser, ne pas jouer de musique, ne pas porter d’ornements et artifices, ne pas s’autoriser un confort superflu,… bref, un ensemble de règles qui visent à encourager une existence simple et surtout une existence dénuée de distraction pour l’esprit et les sens.
Le bouddhisme encourage un système éthique assez similaire au taoïsme bien qu’il ait d’avantage recours à des règles strictes et fixe un objectif théologique là où le taoïsme se contente de vagues avis quant à comment être heureux dans cette vie-ci. Le bouddhisme est aussi proche du confucianisme en ce sens où il cherche à codifier sa pratique pour l’uniformiser mais là où cette uniformisation vise une récompense postmortem dans le bouddhisme, la codification dans le confucianisme vise simplement à créer une société harmonieuse.
En Roumalie, le bouddhisme est peu présent de manière formelle mais il existe quelques monastères sanctionnés par la Cité-Soleil dans le Sud-Ouest. L’influence culturelle du bouddhisme est restée relativement mineure, souvent supplantée ou mélangée avec le taoïsme, lequel eut l’avantage de ne pas nécessité d’enseignements aussi formel. On notera toutefois que, au cours de son histoire, la Roumalie s’est étendue sur des territoires à forte majorité bouddhiste, comme l’Austrobeysin. L’absence de succès du bouddhisme en Roumalie peut venir du fait que le clergé de la Cité-Soleil avait déjà bien cimenté sa relation avec la monarchie quand les premiers moines arrivèrent dans la région. On retrouve toutefois l’idée de réincarnation dans la théologie Roumalienne : à leur mort, les défunts voient leurs âmes rejoindre le monde éthéré où leurs pulsions étendent l’âme jusqu’à la déchirer en fragment qui sont ensuite renvoyer vers le monde matériel pour former de nouvelles âmes chez des créatures nouvellement nées. Le processus est long et douloureux mais peut être empêché par une existence passée à apprendre à devenir maître de soi-même. Ceux qui y parviennent conservent leur âme entière et leur conscience, rejoigne le monde astral, lequel est entièrement occupé par Yuzhou Fanying avec qui ils s’unissent, conservant leur individualité mais fusionnant leur conscience avec celles de toutes les autres âmes précédemment admises dans le monde astral. Les similitudes avec le bouddhisme sont évidentes mais la question de savoir s’il s’agit d’une influence du bouddhisme sur le néoconfucianisme, du néoconfucianisme sur le bouddhisme ou d’une évolution parallèle reste ouverte.

Shintoïsme et animisme

L’animisme est la vénération de la nature, tant dans sa globalité qu’à travers des aspects plus spécifiques, caractérisés comme des esprits, des dieux, des entités ou créatures surnaturelles disposant de pouvoirs mystérieux. Très présent au Choson, en Endo, en Eran et au Levantin (prenant le nom de shintoïsme chez ces deux derniers), ce genre de pratiques trouvent aussi un écho global mais plus discret à travers tout le Makara.
Bien qu’il n’y ait pas de dévotion shintoïste à proprement parler en Roumalie, des traditions et superstitions animistes subsistent même au sein du clergé. Le culte des ancêtres, des esprits des bois, rivières et montagnes, des animaux sacrés et autres entités nés du folklore local sont pratiqués de manière ouverte dans les campagnes, à l’agacement des clercs les plus instruits qui se sentent obligés d’expliquer à leurs ouilles qu’ils sont « confus ». D’autres prêtres moins zélés et ouverts d’esprit se contentent d’accepter l’idée que quelque chose d’inconnu et puissant puisse vivre au côté des hommes, sans pour autant mériter une vénération mais sans pour autant exclure que cette chose demande à être vénérer.
Le culte des ancêtres est pratiqué autant par besoin de recueillement que par respect et déférence envers les défunts, ainsi qu’avec l’espoir que ceux-ci aient pu conserver leurs âmes et rejoindre le monde astral, d’où ils veillent à l’harmonie de la création. Son influence est visible sous la forme des nombreuses stèles et autels honorant les anciens rois ainsi que plusieurs personnalités influentes mais aussi présents de manière moins ostensible dans les villages. En règle général, toutefois, le culte des ancêtres est limité à un petit autel discret à l’intérieur même du foyer des pratiquants. On peut parfois aussi voir dans les campagnes, posés sur une souche ou une pierre, des bols emplis d’offrandes destinés aux esprits errants.

Judaïsme, christianisme et islam

Pour ainsi dire inexistant et sans grande influence en Roumalie.
Tolérés avec indifférence.
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Mais si le gouvernement se charge d’élever et de régler les salaires et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’assister toutes les infortunes et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’assurer des retraites à tous les travailleurs et qu’il ne le puisse; s’il se charge de fournir à tous les ouvriers des instruments de travail et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’ouvrir à tous les affamés d’emprunts un crédit gratuit et qu’il ne le puisse; si, selon les paroles que nous avons vues avec regret échapper à la plume de M. de Lamartine, « l’État se donne la mission d’éclairer, de développer, d’agrandir, de fortifier, de spiritualiser, et de sanctifier l’âme des peuples »,et qu’il échoue; ne voit-on pas qu’au bout de chaque déception, hélas! plus que probable, il y a une non moins inévitable révolution ?
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Johel3007
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Re: Grimoire encyclopédique

Message par Johel3007 » sam. mars 12, 2016 10:04 am

Détails généraux complémentaires

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Gouvernement et institutions (1)



La Maison Cheng et la Cité-Soleil

D'inspiration confucéenne, la culture du Grand-Royaume de Roumalie fait une distinction très claire entre le trône en tant qu'institution chargée de la gouvernance du pays et le Roi en tant que fonction de juge sage devant arbitrer les conflits afin de garantir l'harmonie entre le Ciel et la Terre menant à la prospérité du royaume. Dans cette logique, le Roi en tant qu'homme n'existe même pas : il s'efface au profit de la fonction d'abord, dont il doit s'acquitter au service du trône, et même cette fonction s'efface donc ensuite au profit du trône, qui doit gérer les aspects pratiques entourant les grandes orientations décidées par le Roi dans sa sagesse mais laisser aussi vagues que possible pour que les mandarins puissent agir. Un bon Roi, en cela, est un Roi qui règne mais ne gouverne pas, étant un exemple pour son peuple en terme de vertus, se contentant d'observer ses ministres et n'intervenant que si absolument nécessaire. Il est, au même titre que ses ministres, un fonctionnaire au service du trône, obéissant aux impératifs de la nation pour en préserver l'existance, la prospérité et l'harmonie.

Cette logique du Roi en tant que fonctionnaire-arbitre se retrouve dans de nombreux pays du Makara tout au long de l'histoire mais elle a toujours été en compétition avec les ambitions dynastiques des Rois eux-mêmes qui, bien que s'acquittant de leur devoir envers le trône, nourrissaient des projets d'absolutisme. La doctrine énoncée ci-dessus n'a donc pas toujours été respectée à la lettre selon les périodes, avec une implication plus ou moins directe de certains Roi dans la gouvernance, ce qui eut parfois de très bons résultats et parfois de nettement moins bons.
Voir le Roi quitter son rôle de figure symbolique sur le trône permit parfois de compenser l'ambition de mandarins nourrissant eux-mêmes des ambitions de pouvoir politique héréditaire dans un système qui s'est imposé très tôt comme une méritocratie hostile à l'aristocratie de sang. Un paradoxe en soit : il faut une famille aristocratique pour sauver la méritocratie des tentatives de certains fonctionnaires d'instaurer une aristocratie.
Mais cette perte de neutralité politique alla également souvent de paire avec des motivations bien moins altruistes que de prime abord : si le Roi s'oppose aux tentatives d'usurpation de ses ministres, c'est avant tout pour préserver les privilèges et le pouvoir politique de SA dynastie. En cela, l'histoire Roumalienne a été sans cesse une alternance entre des Rois-philosophes prenant leurs distances avec les affaires politiques afin de laisser la nation prospéré, même au détriment du pouvoir de la Maison Cheng, et des Rois-gouvernants s'impliquant de manière plus directe dans ces mêmes affaires afin de défendre le pouvoir politique de leur dynastie et ainsi éviter son éviction d'un système initialement conçu pour se passer petit à petit de l'aristocracie au sens large.

C'est l’ambiguïté quant au rôle exact et à la nécessité de la Maison Cheng à la tête du système politique Roumalien qui lui a permit de s'y maintenir. Mais son ascension fut majoritairement accomplie à une époque où l’aristocratie demeurait nécessaire car elle conférait aux dirigeants locaux une légitimité que les communications et transports rustiques de l'époque n'aurait pas permis de mettre en place à travers un État-Nation bâti sur la seule bureaucratie méritocratique rêvée par Confucius. La Maison Cheng de l'époque lutta en permanence pour se rendre indispensable à l'unité nationale, mettant la noblesse comme le peuple face à l'alternative à son règne : des guerres entre Maisons rivales, elles-mêmes scindées en nouvelles Maisons à chaque générations, entraînant un éternel cycle de conflits. Mais en même temps, elle liquida peu à peu les mêmes Maisons nobles qui acceptaient sa suzeraineté, non pas via des conflits mais via le remplacement des nobles par une bureaucratie efficace et une armée de métier. Cette conquête fut facilitée par le fait que pratiquement chaque grande famille de l'époque fonctionnait sur ce même modèle et avec cette même ambition paradoxale : mettre en place des institutions publiques méritocratiques dépassant les clivages claniques afin de se débarrasser des nobles rivaux en vue d'assurer la suprématie de leur propre Maison noble sur ces institutions qui n'auront pourtant un jour plus besoin de la Maison noble.

Au fil des siècles, cette quête fit naître les institutions d'aujourd'hui, dont la gestion est symboliquement rassemblée dans la Cité-Soleil, la vieille ville de Rouziwu et véritable ruche administrative où naissent, vivent et meurent des générations entière de serviteurs du trône. Aujourd'hui, pour le riche marchand comme pour l'humble paysan, la Cité-Soleil ne représente pas un palais doré où la dernière des familles nobles se prélasse. C'est le symbole de a bureaucratie terrestre qui régit leurs existences, édictant les devoirs et distribuant récompenses ou punitions selon la nécessité. La personne du Roi, si elle est connue et révérée, demeure distante, une vague lueur exemplifiant la vertu, une figure humaine idéale à suivre, un symbole vers qui diriger sa loyauté lorsque l'ombre bien plus visible et pesante des institutions échoue à la mériter. Dans ces moments-là, la neutralité politique du souverain est une bonne chose car elle contribue à renforcer le culte de sa personnalité : né pour régner, éduqué pour être un exemple, régnant en juge sage, il préserve ses sujet des plus rudes des injustices qu'ils s'auto-infligent par l'intermédiaire des mandarins, fonctionnaires dévoués mais éventuellement faillibles car humains.

À ce jour, la Cité-Soleil, ce sont quelques 20.000 résidents permanents sous la forme de familles de serviteurs et autres professions ne demandant pas de qualifications à l'examen royal. Il y a environ deux fois ce nombre de résidents provisoires sous la forme de mandarins de divers grades dont le mandat temporaire les amène à être postés à Rouziwu. On comprend donc mieux pourquoi les Roumaliens parlent plus souvent des édits de la Cité-Soleil, de la volonté de la Cité-Soleil, de la parole de la Cité-Soleil... que de ceux de leur Roi. Car si ce dernier est à l'origine des impulsions initiales qui orientent la politique du royaume, ce sont bien les mandarins qui mettent celle-ci en pratique. Par le passé et en particulier à partir du 17ème siècle, c'est à dire à l'apogée de la taille du Grand-Royaume, il arrivait que l'administration de la Cité-Soleil soit si complexe et opaque que le Roi, se fiant à elle pour lui transmettre les nouvelles de ses domaines, s'en trouvait pour ainsi dire aveugle et ignorant de la situation réelle.
Cela explique en partie la période de déclins de quatre siècles que subit la Roumalie : des monarques faibles non par manque de caractère ou d'intelligence mais simplement impuissants face à l'ampleur monolithique qu'avait pris une bureaucratie ayant tendance à résister à tout changement suceptible de remettre en cause ses privilèges ou son pouvoir effectif.

Si les cas d'obstruction bureaucratique et de corruption sont encore fréquents au niveau local, l'introduction progressive des technologies modernes comme le télégraphe, la radio, le téléphone et l'informatique permettent au Roi d'avoir une vision plus claire et étendue de la situation de ses domaines, du monde et des enjeux exacts. Il en a résulté, déjà sous Cheng Tsu-Tsao, une volonté affichée à accroître le pouvoir direct du Roi, pour le bien du royaume et en opposition avec la tradition confucéenne. Cette volonté a toutefois été tempérée par cette même tradition, avec pour juste milieu la tendance de Cheng Tsu-Tsao lui-même à déléguer de plus en plus de tâches à la fin de son règne, bien qu'il demeure un mystère quant à s'il s'agissait réellement du souhait du vieux souverain ou s'il faut y voir les premiers mouvements de la conspiration du Conseil des Cinq pour éliminer les héritiers de la Maison Cheng tout en reléguant la fonction royal vers son rôle d'icone plutôt que de leader actif, préparant en cela son élimination du système au profit d'une "bureaucratie confucéenne absolutiste" où un conseil de sages ministres, issus du cycle de promotions au sein de la hiérarchie des institutions, gouverneraient sans la moindre contestation, sur un modèle similaire à celui des Partis uniques du bloc communiste... mais avec un idéal radicalement différent.

Hiérarchie de la Cité-Soleil

Au sein de la Cité-Soleil, on distingue trois grandes institutions : le Trône, le Grand Secrétariat et la Haute Cour.

Le Trône occupe la position suprême. Il est vu comme la connexion entre le Ciel et la Terre et l'incarnation du mandat céleste. En cela, il fait office de ce qui pourrait s'approcher le plus d'un pouvoir législatif, bien qu'avec de très larges prérogatives quant à son influence directe sur les autres pouvoirs. Son rôle est de régner sur le royaume, de s'assurer que celui-ci est bien gouverner par le Grand Secrétariat, que ce dernier respecte les avis de la Haute Cour en matière de justice et arbitrage, qu'aucun mandarin haut placé dans la hiérarchie ne manque à ses devoirs, ne fait preuve de trop d'ambition ou n'accumule trop de pouvoir ou richesse personnelle. Il est aussi en principe la voix de la Roumalie auprès des légations étrangères, bien que ce rôle soit parfois délégué à un ministre afin de permettre au trône de pouvoir écarter un incident diplomatique en blâmant le ministre plutôt que d'impliquer le Roi lui-même.
Au sommet du Trône (ou plutôt assis dessus), on trouve le Grand-Roi. Celui-ci a le pouvoir de nommer et renvoyer à loisir les Grands Secrétaires, Ministres, Conseillés Royaux ou Gouverneurs, bien qu'un abus de ce genre de prérogative soit vu comme un acte de tyrannie et souvent opposés indirectement par le reste de la Cité-Soleil. On retrouve aussi au sein du Trône plusieurs institutions secondaires, à savoir le Conseil Royal, la Garde Royale et la Maison Royale.

Le Conseil Royal est composé d'individus qui disposent de la confiance du Grand-Roi, lequel apprécie leurs avis sur une large variété de sujets. Il s'agit typiquement d'anciens ministres, de membres de la Maison Royale ou d'amis proches dont les compétences autant que la loyauté et l'intégrité ont été éprouvées... ou du moins en théorie. Une bonne manière de se faire une idée du caractère et de la sagesse d'un Roi est de regarder la composition du Conseil Royal. Cette composition dépend en pratique autant de la confiance du Grand-Roi que d'impératifs de politique interne, où certaines personnalité sont nécessaires moins pour ce qu'elles connaissent que pour qui elles connaissent au sein de la bureaucratie. Chaque conseillé royal est nommé sans limite de durée à son mandat et sans que sa tâche au sein du Conseil Royal ne soit spécifiquement définie. Son influence dépendra très largement de son utilité globale au souverain et s'il est protocolaire de conserver un conseillé jusqu'à sa mort, ce n'est en rien une obligation, le souverain pouvant renvoyer un conseillé sur simple désir. Il est aussi bon de noter que les conseillés n'ont aucune autorité légale, ne pouvant parler au nom du Roi qu'avec son express permission. Enfin, si le Conseil Royal est le plus connu et formel, il existe également des conseils princiers composés de manière similaire pour distribuer des avis aux enfants

La Garde Royale est un corps militaire de grand prestige, composé de soldats sélectionnés parmi les autres unités de l’Armée pour leurs compétences, loyauté, discipline et bravoure. Il s’agit avant tout d’une garnison pour la Cité-Soleil mais elle est aussi déployée comme détachement de gardes du corps pour les membres de la Maison Royale, du Conseil Royal et du Grand Secrétariat. Ses officiers sont considérés comme les plus loyaux au Trône, en partie car il s’agit en majorité de descendants des branches cadettes de la Maison Cheng. Ils ont donc un intérêt direct au maintien de la dynastie et des institutions du Grand-Royaume. Les rares officiers sans lien de parenté avec la Maison Cheng sont parmi l’élite de l’élite. Par tradition, les cinq meilleurs candidats officiers de chaque promotion intègrent la Garde Royal. Elle est aussi utilisée pour des missions de sécurité intérieure lorsque la situation est politiquement trop délicate pour faire usage de l’armée. La taille de la Garde Royale a varié considérablement au fil de l’Histoire, grandissant et déclinant au fil des évènements. Sa méthode de recrutement basé sur les liens familiaux et sur l’excellence limite sa capacité à remplacer les pertes mais assure une loyauté sans pareil de ses membres.

La Maison Royale est la branche principale de la Maison Cheng, c’est-à-dire le Grand-Roi actuel, sa mère, son épouse, ses descendants légitimes, ses petits-enfants, ses frères et sœurs et leurs propres enfants. S’y ajoute parfois des concubines et leurs enfants. Ensemble, ils forment un noyau d’individus pouvant potentiellement hériter du titre de Grand-Roi et donc devant être protégés, éduqués et tenus aussi proche des décisions de la Cité-Soleil que possible. Par tradition, il est fréquent que les membres de la Maison Royale soient attachés à des diplomates, des généraux, des gouverneurs ou des juges en vue de poursuivre une carrière parallèle qui leur donnera assez d’expériences utiles que pour rejoindre le conseil royal et servir le Trône.

Le Grand Secrétariat est le nom donné à l’équivalent d’un cabinet ministériel. Dirigé par le Grand Secrétaire, il a pour mission de superviser les différentes institutions à un niveau national, ceci en collaboration avec les gouverneurs de province. Chaque ministre est choisi selon le système de promotion administrative standard au sein de l’institution où il a fait carrière. Il est donc déjà un haut dignitaire avant de devenir ministre, souvent avec au moins 30 ou 35 ans d’expérience et de succès dans son domaine d’expertise. Il est nommé pour un mandat de trois à six ans au terme duquel il est invité soit à prendre sa retraite, soit à devenir Grand Secrétaire, soit à rejoindre le Trône en tant que conseillé. Le Grand Secrétaire, pour sa part, est l’équivalent d’un premier ministre. Il est choisi parmi les ministres ayant déjà fait leurs preuves et est nommé pour un mandat sans durée limitée et finit typiquement sa carrière comme conseillé royal. La fonction de Grand Secrétaire est vue comme l’apogée d’une carrière de mandarin, la preuve d’une excellence non seulement dans la branche administrative où l’on a fait carrière mais aussi dans d’autres domaines, justifiant la confiance du Grand-Roi. Les différentes institutions sous l’autorité du Grand Secrétariat seront détaillées dans un autre article.

La Haute Cour est pour sa part la tête de l’institution judiciaire du Grand-Royaume. Elle est chargée du recrutement, de la formation et de la supervision des juges et magistrats à travers le pays mais a aussi un rôle de conseil auprès du Trône et du Grand Secrétariat pour les questions de coutume et de droit. Elle est composée de neuf présidents. Ceux-ci ont été nommés à vie et, à la mort d’un des leurs, les huit autres élisent un remplaçant parmi les juges les plus méritants et soumettent leur choix au Grand-Roi, qui l’approuve ou le rejette. Bien que le Grand-Roi ait entièrement le droit de refuser un candidat, c’est une situation assez inhabituelle vue comme un acte tyrannique. Les cours et tribunaux sous l’autorité de la Haute Cour seront détaillés dans un autre article.

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Mais si le gouvernement se charge d’élever et de régler les salaires et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’assister toutes les infortunes et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’assurer des retraites à tous les travailleurs et qu’il ne le puisse; s’il se charge de fournir à tous les ouvriers des instruments de travail et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’ouvrir à tous les affamés d’emprunts un crédit gratuit et qu’il ne le puisse; si, selon les paroles que nous avons vues avec regret échapper à la plume de M. de Lamartine, « l’État se donne la mission d’éclairer, de développer, d’agrandir, de fortifier, de spiritualiser, et de sanctifier l’âme des peuples »,et qu’il échoue; ne voit-on pas qu’au bout de chaque déception, hélas! plus que probable, il y a une non moins inévitable révolution ?
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Re: Grimoire encyclopédique

Message par Johel3007 » sam. mars 12, 2016 12:38 pm

Détails généraux complémentaires

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Gouvernement et institutions (2)



Divisions territoriales

Le Grand-Royaume est vaste et, au cours de son histoire, il fut plus vaste encore qu'aujourd'hui. Il en a souvent résulté la nécessité de diviser administrativement le territoire pour en permettre la gestion efficace. L'organisation actuelle de la bureaucratie Roumalienne s'oriente ainsi sur deux axes : celui des institutions et celui des territoires. Chaque échelon, chaque structure concrète en-dessous de la Cité-Soleil répond ainsi à deux hiérarchies distinctes, incarnées au sommet par le ministre et le gouverneur.
Le ministre siège au sein du Grand Secrétariat et a la fonction de supervision nationale d'une institution précise avec une mission précise. Par exemple, le Trésor doit s'assurer de la bonne perception de l'impôt et des taxes auprès de chacun des sujets du Grand-Royaume et la bonne redistribution des recettes auprès de chaque province et institution, en vue d'assurer le financement de l'appareil d'État.
Le gouverneur, pour sa part, a pour mission principale le maintien de l'autorité de la Cité-Soleil sur un territoire précis. Il doit en cela aider les représentants locaux des institutions mais peut en contrepartie compter sur leur aide pour assurer sa mission principale. Selon les provinces, les obligations exactes du gouverneur varient mais on retrouve de manière persistante le paiement de l'impôt provincial à la Cité-Soleil, la fourniture d'un quota de recrues pour les armées royales et la fourniture d'un quota de candidats mandarins.
Si jadis les provinces étaient l'unité territoriale la plus vaste en dessous du royaume, le développement des villes a forcé la création des municipalités comme niveau autonome des provinces. La distinction était nécessaire car, bien que considérablement moins vaste, une municipalité est parfois aussi peuplée et bien plus riche qu’une province. Laisser ces municipalités entre les mains d’un gouverneur de province aurait donné à celui-ci les moyens de soutenir des ambitions indépendantistes, ce que la Cité-Soleil ne désirait pas. Voici pourquoi il y a deux grands types de divisions territoriales : la province, ou Sheng, et la municipalité, ou Jing.


Les Shengs

Les Shengs sont au nombre de 23 et couvrent chacune une superficie variables, fonction tant de la population que du relief. Leur frontière comme leur nombre ne sont en rien figés et il arrive fréquemment qu’une Sheng soit scindé en plusieurs Shengs lorsque son développement atteint un niveau le justifiant. En 2029, on comptait ainsi les Shengs de Habei, Shabei, Ganbok, Simbok, Jidong, Shadong, Liagan, Sugan, Nanha, Yuanji, Rejiang, Beilia, Jianglong, Qalong, Sunan, Haqa, Share, Yisha, Xisim, Liasu, Dongxi, Jiyi et Beiyuan.
Les Shengs sont dirigées par un gouverneur, appelé Zhisheng, qui est l’autorité suprême au sein de son territoire, ses ordres ne pouvant être invalidés que part le Grand Secrétaire ou par le Grand-Roi lui-même. De telles ingérences sont rares et souvent source de tension (voir la crise de Jiyi, par exemple). Son mandat a une durée illimitée, même si dans la pratique, la majorité des gouverneurs sont en fin de carrière lorsqu’ils arrivent en poste et donc peu susceptibles de rester longtemps à la tête de leur Sheng. La tradition demande toutefois qu’un gouverneur ne reste pas plus de dix ans en poste, prenant sa retraite avant cela et rejoignant parfois le Conseil Royal si ses services sont jugés indispensables. Être nommé Zhisheng est, au même titre que Ministre, un très grand honneur pour un mandarin et l’achèvement d’une longue carrière.

Les Jings

Les grandes cités de Roumalie furent pendant des siècles les métropoles les plus peuplées et les plus riches de la planète mais elles font aujourd’hui pâle figure face au ville-nation comme Jiyan, In-Tao, Ophrone ou Opemont. Toutefois, au sein du Grand Royaume, elles représentent un énorme centre de richesse et culture auquel bien des étrangers s’arrêtent. À ce titre, elles sont à la foi les vitrines de la Roumalie et les joyaux de la couronne de son Grand-Roi. Elles sont au nombre de 14 et rassemblent près de 20% de la population du pays et plus de la moitié de sa richesse.
Chacune d’elles est dirigée par un Zhijing, un gouverneur municipal, qui a les mêmes prérogatives qu’un gouverneur de province mais sur un territoire plus réduit. Davantage encore que Zhisheng, le titre de Zhijing est convoité car il est associé avec richesse, prestige et influence auprès de la Cité-Soleil mais aussi auprès des Zhishengs voisins qui dépendent souvent des municipalités pour le bien-être de leurs territoires, notamment en ce qui concerne la vente des matières premières et denrées. Cette influence s'étend au point qu'on réfère souvent à la Jing pour désigner une région de Roumalie plutôt que de prendre la peine de préciser la Sheng exacte, ceci alors même que Jing et Sheng sont deux territoires distincts.

Les Fu, les Zhou et les Xian

En dessous des Shengs et Jings, on trouve trois niveaux supplémentaires. Les Fu sont l’équivalent d’une préfecture. Leur nombre varie grandement car adaptées selon les nécessités par le gouverneur. On en comptait 416 à la fin 2028, réparties dans les différentes Shengs. Chaque Fu est dirigée par un Zhifu et divisées en 4 à 10 Zhous dirigées par des Zhizhous. Ces sous-préfectures sont établies en vue de filtrer l’information et permettre une gestion plus efficace. Enfin, au niveau le plus bas, on trouve les villages, hameaux et zones peu peuplées, appelées Xians, dirigées chacune par un magistrat du nom de Zhixian. On comptait plus de 170.000 Xians à la fin 2028 mais leur nombre varie grandement à mesure que de nouvelles terres sont défrichées et de nouvelles communautés fondées ou abandonnées.
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Mais si le gouvernement se charge d’élever et de régler les salaires et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’assister toutes les infortunes et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’assurer des retraites à tous les travailleurs et qu’il ne le puisse; s’il se charge de fournir à tous les ouvriers des instruments de travail et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’ouvrir à tous les affamés d’emprunts un crédit gratuit et qu’il ne le puisse; si, selon les paroles que nous avons vues avec regret échapper à la plume de M. de Lamartine, « l’État se donne la mission d’éclairer, de développer, d’agrandir, de fortifier, de spiritualiser, et de sanctifier l’âme des peuples »,et qu’il échoue; ne voit-on pas qu’au bout de chaque déception, hélas! plus que probable, il y a une non moins inévitable révolution ?
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Re: Grimoire encyclopédique

Message par Johel3007 » dim. mars 20, 2016 1:12 am

Détails généraux complémentaires

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Économie et fiscalité (1)


Droits et privilèges

La notion de droit et de privilège et la différence entre eux est très importante dans la législation de Roumalie et la comprendre est essentiel à bien cerner les limites de ce qu’une personne est autorisée ou non à faire et dans quelles limites elle est libre de décider pour elle-même de ses actions par rapport à une autre personne ou à un bien.

Un droit est une autorisation légitime et à priori non-révocable. Il nait d’un contrat entre deux personnes où une personne, détenteur d’un droit ou privilège sur un bien, donne à l’autre un droit à entreprendre certaines actions concernant ce bien. Il doit toujours y avoir une compensation pour ce droit, même si la compensation est symbolique, afin que les tribunaux puissent constater la naissance effective des obligations et droits afférant au contrat. Si la compensation n’est pas acquittée, alors le droit cesse d’être. De même, tant que la compensation a été acquittée et les limites du contrat respectées, la partie ayant reçue le droit est légalement détentrice de celui-ci, sans possibilité pour l’autre partie de révoquer ce droit unilatéralement. La loi prévoit qu’un droit peut se transmettre librement par vente ou héritage sans nécessité l’accord de la personne l’ayant initialement accordé, même si la coutume encadre par des rites la transmission, limitant effectivement les pratiques les plus sauvages ou génératrice de conflits inutiles.
Un droit s’éteint si le privilège initial du propriétaire actuel du bien s’éteint. Cela peut avoir des conséquences en cascade assez dramatique si, par exemple, un grand fermier meurt sans héritier, son privilège de propriété actuelle sur ses biens s’éteignant ainsi en même temps que l’ensemble des droits subordonnés qu’il avait accordé à d’autres gens sur ces biens. Si la loi devait être suivie de manière stricte, les paysans travaillant les champs du grand fermier selon un droit de possession seraient expulsés dans l’heure. Mais dans la pratique, la Cité-Soleil désigne un nouveau propriétaire, souvent via le gouverneur, préfet ou sous-préfet qui choisit un foyer méritant pour reprendre la gestion de la ferme. Une telle désignation est vue comme une nécessité de la part de la Cité-Soleil, sous peine de créer un drame social inutile, et comme une récompense pour sa loyauté par le foyer choisi, qui voit sa richesse et son prestige grimpé. Mais cela peut aussi être un cadeau empoisonné si le bien en question est grevé de multiples droits de possessions et jouissances à autrui. Les paysans gardent ainsi un droit de possession sur la terre où ils travaillent, avec les mêmes obligations, seul l’identité du propriétaire changeant.

Un privilège, par contre, est une autorisation également légitime mais entière révocable au bon plaisir de la partie qui l’a accordée, sans qu’elle ait à respecter une procédure ou se soucier de quoique ce soit. Une partie ayant un droit sur un bien autorise une autre personne à disposer d’une partie du bien mais il peut l’interdire du jour au lendemain. Ici aussi, les tribunaux demandent généralement la preuve d’une compensation au moins symbolique pour l’octroi du privilège mais l’usage fait qu’elle est plus rare dans les faits, en partie parce que le privilège s’applique à des situations bien moins formelles qui vont rarement jusqu’aux tribunaux, le privilégié étant bien moins protégé de ce côté que l’ayant-droit. Un droit peut se vendre tandis qu’un privilège, de par sa nature, ne peut pas. Il concerne une personne spécifique et s’éteint en même temps que cette personne décède. Les privilèges et droits subordonnés s’éteignent en même temps, sans discussion possible.

En raison de ces particularités, il est toujours important de s’assurer de la chaine hiérarchique complète d’un droit ou privilège avant de le recevoir. Nombre d’investisseurs étrangers dans les municipalités côtières se sont ainsi retrouvés dépossédés parce qu’ils avaient signé un contrat pour un privilège à l’occupation d’un entrepôt, uniquement pour se faire expulser du jour au lendemain. D’autres ont bel et bien reçu un droit de possession sur des bureaux ou marchandises… mais le droit en question étant lié à une personne n’ayant pas la propriété actuelle dessus, il s’éteignait à un moment donné. La situation peut parfois devenir très compliquée mais les Roumaliens semblent s’en sortir assez bien.

L’État comme propriétaire ultime

Pour la Cité-Soleil, l’idée que quoique ce soit puisse appartenir à un individu dans le sens où l’entendent les nations libérales est un concept presque extraterrestre : tout appartient au Trône.
Nul n’a de droit inaliénable à posséder ou jouir d’un bien ou d’une terre. Il est des degrés de privilèges quant à la possession ou la jouissance des choses mais ce sont bien des privilèges, octroyés et révoqués à souhait par l’autorité politique. Si la coutume reconnait la propriété comme le fait d’être le possesseur et jouisseur prioritaire légitime pour un bien aux yeux de la loi, ce privilège n’existe que parce que le Trône délègue lui-même son droit de propriété ultime sous forme de privilèges à des foyers qu’il juge méritants.
La coutume veut que ces privilèges de propriété actuelle aient pour ainsi dire valeur de droit devant un tribunal mais rien dans la loi appliquée par ces tribunaux n’empêche le Trône de saisir un bien des mains de son propriétaire actuel, sans compensation ou mise en demeure, car le Trône est le propriétaire ultime.
De même, en tant que privilège, la propriété actuelle ne peut en théorie pas être vendue ou héritée, le privilège s’éteignant avec la mort de celui qui en était le dépositaire. Mais dans les faits, la coutume veut que l’héritier mâle ainé reçoive automatiquement les privilèges accordés jadis à son père s’il peut s’acquitter d’une taxe symbolique de 1 Roum. L’acquittement de cette taxe est le fait générateur de l’octroi du privilège et sert de preuve devant les tribunaux quant à l’existence de ce privilège. Si la taxe n’est pas acquittée, il n’y a pas de droit automatique à l’héritage : tout appartient au Trône car celui-ci est l’autorité morale, légale et factuelle dans le Grand-Royaume : il a la force de s’approprier ce qu’il désire et d’empêcher toute autre personne de faire de même.
S’il délègue l’usage de ses propriétés à des foyers, c’est par pure générosité et pragmatisme : pourquoi interdire aux sujets loyaux de vivre mieux si cela ne coûte rien au Grand-Royaume ? Confucius encourage chacun à souhaiter à autrui prospérité et bonheur égaux à soi-même et à aider autrui à réaliser cela si le coût pour soi-même est négligeable. Et si par leur labeur dans cette voie, les sujets enrichissent le Grand-Royaume, renforçant sa capacité à maintenir l’harmonie, alors pourquoi le Trône refuserait-il ? Il lui est loisible de refuser si la sagesse le lui dicte ou la nécessité l’exige. Mais sans une raison impérative, l’accumulation de biens poussiéreux et terres en jachère n’est que sottise nuisible à tous, y compris au Trône lui-même.

Propriété, possession et jouissance

En ce qui concerne les biens, il y a en Roumalie quatre situations potentielles dans leur rapport à autrui : le propriétaire ultime, le propriétaire actuel, le possesseur légitime, le possesseur, le jouisseur légitime et le jouisseur.

Le propriétaire ultime d’un bien, c’est le Trône, lequel délègue la supervision indirecte de ses biens à la Cité-Soleil à travers les tribunaux et la propriété actuelle et gestion de ses biens à des foyers méritants. Il révoque à souhait les privilèges de propriété actuelle qu’il octroie, n’accordant jamais de droits à celle-ci car cela serait un mensonge : tout dans le Grand-Royaume dépendant du bon vouloir de la Cité-Soleil, il ne peut y avoir de droit obligeant le Trône à quoi que ce soit. Il n’est que des degrés de privilèges offerts par générosité ou soucis de pragmatisme, en vue d’accomplir les desseins du souverain et donc de créer prospérité du la Terre, d’apaiser le Ciel et de maintenir l’harmonie entre eux.

Le chef d’un foyer est le propriétaire actuel des biens du foyer. Il a le privilège d’être le dépositaire direct des biens du Trône et en assure la gestion en bon père de famille comme si ces biens étaient siens. La possession et la jouissance des biens sont siennes et il lui est loisible d’octroyer droits ou privilèges dans cette capacité, tout en rappelant qu’ils seront subordonnés à son propre privilège de propriété actuelle. S’il meurt sans hérité ou que le Trône révoque son privilège de propriété actuelle, les droits qu’il aura octroyé seront contestés (bien que souvent confirmés par soucis de simplicité) et les privilèges s’éteindront.

Les droits et privilèges subordonnés sont de deux types : possession et jouissance. La possession est le fait de détenir ou occuper physiquement un bien. La possession légitime est le fait de détenir ou occuper physiquement un bien avec l’accord, direct ou indirect, du propriétaire. La jouissance est le fait d’utiliser un bien et de s’approprier ce qui est produit ou obtenu à partir de ce bien. La jouissance légitime est la même chose mais avec l’accord direct ou indirect, du propriétaire.
Généralement, la possession est accompagnée d’une jouissance mais l’étendue de cette dernière peut être réduite. Par exemple, un foyer de paysans peut recevoir un droit à posséder une terre mais n’avoir un droit qu’à jouir de la moitié des récoltes, l’autre moitié allant automatiquement au propriétaire ou même allant à d’autres foyers. Cela peut être le fait du contrat original donnant le droit ou cela peut être le fait de droits ou privilèges subordonnés créés par le paysan au profit d’autres personnes. Ce droit de jouissance seule est un moyen fréquent d’offrir une pension à un membre de la famille tout en s’assurant qu’il n’interfère pas dans la gestion d’une propriété.
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Mais si le gouvernement se charge d’élever et de régler les salaires et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’assister toutes les infortunes et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’assurer des retraites à tous les travailleurs et qu’il ne le puisse; s’il se charge de fournir à tous les ouvriers des instruments de travail et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’ouvrir à tous les affamés d’emprunts un crédit gratuit et qu’il ne le puisse; si, selon les paroles que nous avons vues avec regret échapper à la plume de M. de Lamartine, « l’État se donne la mission d’éclairer, de développer, d’agrandir, de fortifier, de spiritualiser, et de sanctifier l’âme des peuples »,et qu’il échoue; ne voit-on pas qu’au bout de chaque déception, hélas! plus que probable, il y a une non moins inévitable révolution ?
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Johel3007
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Re: Grimoire encyclopédique

Message par Johel3007 » dim. mars 20, 2016 4:02 am

Détails généraux complémentaires

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Économie et fiscalité (2)


Économie duale

La Roumalie est divisée en deux mondes économiques, certes liés mais largement autonomes l’un par rapport à l’autre.

Il y a d’abord l’économie locale de subsistance, composée principalement de petits paysans sans terre, de petits fermiers semi-rentiers, de grands fermiers issus d’anciennes familles paysannes et des artisans et professionnels divers qui gravitent autour des domaines fermiers pour offrir leurs services. Ces domaines, parfois référés selon le nom du foyer (ou Maison) qui est la dépositaire du privilège de propriété actuelle, se sont créés au fil des siècles.
Initialement féodaux, ils servaient au Trône à régner sur les terres en déléguant la gouvernance à des officiers-fonctionnaires capables de garantir la paix civile et la justice royale à travers la force de leurs armes. La lutte continuelle des confucianistes pour éliminer cette noblesse terrienne aristocratie au profit d’une bureaucratie méritocratique a permis de largement exclure la première du processus de gouvernance politique en la rendant obsolète avant de briser le lien entre propriété et pouvoir politique et judiciaire et puis enfin de transformer les droits héréditaires sur ces vastes propriétés en simples privilèges révocables à loisir par le Trône.
Aujourd’hui, les lois gouvernant l’héritage en Roumalie sont toujours un système de primogéniture masculine qui encourage la concentration des domaines terriens au sein d’un seul foyer. Mais il est fréquent d’y joindre des droits de possession subordonnés octroyés à des termes avantageux pour les cadets de la famille, dont les foyers forment ainsi un réseau de familles fermières liées entre elles par le sang et travaillant donc dans un esprit de coopération bien plus solide et efficace qu’une relation propriétaire-locataire typique.
Cette économie locale vise une chose avant tout : la subsistance de chacun des éléments hiérarchiques. Si les foyers paysans sans lien avec la Maison sur les terres de laquelle ils travaillent s’acquittent de loyers assez lourds en échange d’un droit de possession, les foyers paysans liés à cette Maison ont souvent hérité de leurs droits de possession, pour lesquels la compensation est avant tout symbolique et ne rapporte donc à la Maison guère plus que ce que lui coûte la taxe due au Trône. Il n’y a donc pas d’enrichissement outrageux pour la plupart des vieilles Maisons puisque la plupart de leurs locataires sont des parents ayant un droit quasi-gratuit à occuper et travailler leur lopin de terre. La faible marge tirée de ces relations permet juste à la Maison de subsister au même titre que ses branches cadettes.
Un autre objectif est l’acquisition de nouvelles terres pour accommoder la subsistance des générations futures. Il faut épargner pour pouvoir se l’offrir, ce qui signifie travailler dur, manger peu et vendre le reste. Une autre avenue pour l’acquisition de nouvelles terres est le défrichement, une possibilité offerte occasionnellement par la Cité-Soleil, qui offre de vendre à bas prix des terres à des foyers capables de les exploiter. Les terres en question sont souvent pauvres ou mal entretenues, ce qui nécessite de durs travaux pour les mettre en valeur puis en tirer une subsistance mais, pour nombre de fils cadets de paysans pauvres, c’est une option attractive.
Aux travaux des champs s’ajoutent une population semi-urbaine d’artisans et artistes divers qui attachent leurs services à ces communautés rurales, offrant leur savoir-faire spécialisé en échange de nourriture et, parfois, de paiement en monnaie. Ils contribuent ainsi à offrir un peu de confort et de joie dans un quotidien sinon très austère. Ici aussi, fréquemment, artisans et artistes font partie de branches cadettes de la Maison, enfants cadets montrant des prodiges dans un domaine et que l’on a encouragés à poursuivre une carrière dans cette direction afin de ne pas les condamner aux travaux des champs ou à la gestion fermière. Cela évite aussi d’avoir à leur confier un lopin de terre, laissant d’avantage pour les autres enfants.

Il est à noter que si cette structure sociale est très présente dans le Sud du Grand-Royaume, les provinces du Nord ont une organisation propre bien que les changements législatifs récents et la grande redistribution de certains domaines confisqués aux anciens colons slaves et redistribués à des foyers sympathisants à la Cité-Soleil a contribué à instaurer la base d’une future standardisation.
Ce modèle est encouragé par la Cité-Soleil car il a l’avantage de limiter la gouvernance à peu de chose, les sous-préfets et magistrats n’ayant qu’à interagir avec les communautés paysannes que pour y faire respecter la loi et la justice ainsi que pour lever les taxes dues par les Maisons.
Les taxes, prélevées au niveau du village, sont payées par chaque propriétaire actuel sous la forme d’une part en nourriture et d’une part en labeur. Cet arrangement est choisi car la monnaie, fortement présente dans les municipalités, est presque absente dans les communautés rurales où le gros du labeur va à la production alimentaire dont la majorité est consommée sur place par les foyers paysans eux-mêmes. Les maigres surplus sont utilisés comme unité de troc pour obtenir services ou biens auprès des artisans et artistes locaux, lorsque ceux-ci ne sont pas directement des employés d’une des Maisons et donc forcés de produire en échange du gite et couvert. Dans ce contexte, la monnaie est surtout manipulée par les branches ainées des Maisons et même là, elle reste rare. Il est donc plus facile pour un village de demander à ses membres de fournir de la nourriture prise sur leurs surplus ou des journées de travail lors de la période entre récoltes et semailles. La monnaie, si elle n’est pas refusée, sert souvent simplement à acheter la nourriture ou le labeur fournit pour la taxe. Le labeur est utilisé localement par les chefs de village, élus par la population locale, pour mettre en chantier et entretenir les infrastructures nécessaires à la communauté. La nourriture est, pour sa part, utilisée pour payer la taxe dûe à la Xian (sous-préfecture).

En cela, l’économie locale de subsistance participe peu ou pas aux finances de l’État en termes de création de richesse directe. Mais elle fournit une denrée essentielle : la nourriture nécessaire à alimenter les masses industrieuses des villes et cités qui, elles, participe au second monde économique de Roumalie : celui de l’économie nationale de production qui, si elle n’est pas directement contrôlée par l’État, dépend largement de celui-ci pour exister.

Politique du moulin monétaire

La vision de l’économie par la bureaucratie royale est simple :
Les campagnes fournissent des taxes en nourriture aux Xians, antennes locales et échelons hiérarchiques le plus bas de la bureaucratie, généralement établies dans un gros village avec un faible cadre de bureaucrates et de miliciens issus de la réserve militaire pour maintenir l’ordre public dans la région. Le Xian organise un marché périodiquement pour vendre cette nourriture aux foyers qui en manquent. L’argent récolté permet de payer mandarins et soldats, qui eux-mêmes achètent la nourriture qu’ils ont besoin sur le marché du Xian. Ils paient aussi divers artisans et artistes pour les biens et services divers dont ils ont besoin. En cela, la bureaucratie se voit comme un redistributeur de richesse, centralisant les surplus de chaque foyer paysan pour permettre l’existance d’une classe de professionnels spécialisés qui créeront des œuvres durables et bénéfiques au Grand-Royaume.
Mais le gros de la nourriture récoltée par les Xians va à l’échelon hiérarchique supérieur : le Zhou, qui lui aussi organise un marché périodique et use des revenus de ce marché pour payer des spécialistes qui l’aide à matérialiser sa volonté politique : troupes pour les garnisons, fonctionnaires pour l’administration, artisans et ouvriers pour des travaux publics et mille autres professions variées qui survivent soit directement via les commandes de l’État soit indirectement en servant les employés de l’État.
Ici aussi, la nourriture remonte plus haut, vers les Fu, établies dans de grosses villes où des milliers de gens ont besoin de manger et offrent donc leurs compétences à la bureaucratie afin de percevoir la monnaie qui leur permettra d’acheter la nourriture sur les marchés de cette même bureaucratie. Nulle besoin de préciser qu’entre les greniers du Xian et les étals du Fu, le prix a connu une sérieuse inflation. Mais malgré cette dernière, vivre dans une ville en tant que professionnel qualifié est toujours plus confortable que de vivre dans un petit hameau de campagne en tant que paysan.
La dernière étape du commerce étatique de nourriture est les Jings, ou municipalités, ces cités immenses où le gros des industries modernes de Roumalie sont situées. Ici, la population est pleinement urbaine et, à l’image de la chorocratie Fiémançaise qui cherche à asservir les villes aux campagnes, le Grand-Royaume fait de même : dans les quartiers ouvriers où s’accumulent les plus jeunes fils des plus pauvres familles paysannes, déshérités de toute terre et n’ayant que leurs bras à offrir, la nourriture coûte très chère, facilement quatre fois le prix qu’elle serait vendue dans un village. Mais dans un village, les prolétaires n’auraient pas pu acheter cette nourriture bon marché… car il n’y aurait pas eu de travail pour eux. Leur travail ici n’est pas plus facile mais le confort est tout de même légèrement supérieur à celui des campagnes : médecine, électricité, chauffage, denrées variées,... tout cela offert par la municipalité aux employeurs qui, à leur tour, l’offrent aux travailleurs en guise de paiement en nature.
La municipalité contrôle donc nombre de services mais aussi les marchés alimentaires, approvisionnés par des achats en gros auprès des Shengs et des Fu les plus proches. Il n’y a pas d’impôts dans les municipalités : le simple profit sur la vente de nourriture suffit à remplir les caisses de la ville, qui les vide aussitôt pour payer des taxes à la Cité-Soleil avec des lingots d’argent.

À son tour, la Cité-Soleil use de ces lingots pour payer des commandes spéciales passées aussi bien avec les guildes établies dans les Jings qu’avec les Shengs, les Fu, les Zhous ou les Xians :
Chantiers navals où des milliers de bras travaillent à mettre à flot les navires de la marine royale avant d’aller dépenser leur paie dans les cantines municipales et dans les établissements de jeu, gardant juste assez pour élever une famille honorable dont les fils pourront vivre d’un travail honnête au service de leur souverain.
Villes-garnisons assurant la sécurité des frontières et où une immigration d’artisans, artistes et serviteurs divers autour des camps militaires car attirés par la paie de soldats avides de la dépenser pour un peu de confort et de luxe et donc la possibilité, pour qui peut fournir ce confort et ce luxe, d’une existence loin du travail aux champs, en sécurité derrière des murs et à côté de greniers bien remplis.
Monastères et écoles publiques où l’élite intellectuelle de la jeune génération est instruite quant à la philosophie passée mais aussi quant aux sciences modernes, prête à former les cadres de la nation et à renforcer celle-ci pour qu’elle puisse offrir à chacun de ses sujets l’harmonie et la prospérité qu’ils méritent.
Vastes lignes ferroviaires reliant les villes aux différentes mines et scieries où la richesse du sol est utilisée pour forger un meilleur futur. Et le long de ces lignes ferroviaires, des villes-chantiers où l’ont construit de grands ouvrages : ponts, barrages, canaux,… tout cela pour rendre la terre plus hospitalière et capable d’accueillir la multitude d’âmes qui attend de naitre dans l’avenir.
Villes-batteries articulées autour des gigantesques centrales thermiques ou hydrauliques qui génèrent l’électricité alimentant les autres centres urbains du Grand-Royaume, propageant le courrant nécessaire à l’usage de la technologie moderne et contribuant ainsi à démultiplier la force productrice de chacun des ouvriers.

Cette vision est celle du moulin monétaire, où la Cité-Soleil rassemble le labeur de chacun pour en faire un projet concret, comme le moulin à eau rassemble les flots de la rivière pour produire une force mécanique.
Dans cette politique, les taxes fixes en nourriture sont utilisées pour forcer les paysans à être productifs plutôt que de se contenter de récolter juste ce qui est nécessaire à leur survie. S’ils ne peuvent payer leur loyer (lui aussi fixe), leur droit de possession s’éteindra et ils seront bannis. De son côté, le propriétaire actuel aura alors du mal à s’acquitter lui-même de la taxe et pourrait avoir à emprunter de l’argent en mettant une partie de ses terres en gage auprès d’une autre Maison. Si ces incidents se répètent trop, le propriétaire sera finalement écrasé sous les dettes et forcer de céder ses terres à ses créanciers, sans doute plus à même de les gérer efficacement. Il y a donc un progrès constant dans les campagnes, où seuls les plus productifs demeurent mais où la taxation progressive des foyers selon la taille de leur domaine limite le progrès technique et garanti une abondance de terres bon marché pour une population paysanne robuste qui reste très nombreuse, fournissant un stock inépuisable d’individus courageux et en bonne santé pour les manufactures des municipalités et les armées du Grand-Royaume
En même temps, justement, cette multitude urbaine n’existe que parce que les conditions de vie dans les campagnes sont rudes et qu’on lui offre une existence un rien plus confortable en échange de son labeur au service, directement ou indirectement, des projets de l’État. Cette existence n’est rendue possible que parce que, jouant sur les distances et sur son quasi-monopole sur les transports modernes, l’État peut obtenir à bas prix de la nourriture et la revendre à prix fort dans des endroits où, sans lui, elle serait absente car intransportable dans les quantités suffisantes que pour nourrir la masse humaine rassemblée sur les chantiers nationaux.

Monopoles et monopsones d’État

Si la Cité-Soleil et sa bureaucratie n’ont aucun monopole légal sinon ceux de la monnaie et de la violence, elles ont dans les faits plusieurs cas où elles contrôlent la quasi-totalité d’un secteur, soit en tant que producteur, soit en tant qu’acheteur.
Ainsi, si la majorité de la nourriture produite en Roumalie n’atteint même pas les marchés, consommée immédiatement au sein des foyers qui l’ont fait germée, plus de 80% des surplus des villages ruraux finissent dans les greniers publics, soit via les taxes sur la propriété foncière, soit via des achats directs d’un Ministère ou l’autre. En Roumalie, le commerce de nourriture est donc largement un secteur public, géré par l’État. Celui contrôlant 80% de la nourriture qui arrive jusqu’aux marchés des villes, il contrôle donc aussi les prix et ne se gêne pas pour les tirer vers le haut autant qu’il est possible.
Mais ce sont aussi l’électricité, l’eau potable, le télégramme, la radio, le téléphone, la télévision, le gaz, l’essence, les soins médicaux, l’éducation supérieure et nombre d’industries stratégiques qui sont totalement entre les mains directes de l’État. Souvent construites à perte car le besoin pour ces industries n’existait pas au sein de la population, elles sont remboursées sur simple vertu de pouvoir ajuster le prix sans craindre la compétition mais aussi en diminuant indirectement les coûts de personnel via une inflation monétaire d’un côté et une hausse des prix des denrées alimentaires de l’autre, tout cela sans toucher aux salaires.
Certaines industries comme les chantiers navals, les arsenaux, les usines automobiles et bien d’autres sont entre les mains de foyers privés mais n’ont qu’un seul client qui impose ses prix : l’État. Dans ces industries, les marges sont faibles mais la faillite inconnue : il y aura toujours un contrat pour sauver ces piliers du pouvoir. Paradoxalement, cette sécurité est aussi ce qui a retardé le développement industriel de la Roumalie : les capitaines d’industrie n’ont pas besoin d’innover quand l’État leur garantit un chiffre d’affaire minimum pour les produits existants.
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Mais si le gouvernement se charge d’élever et de régler les salaires et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’assister toutes les infortunes et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’assurer des retraites à tous les travailleurs et qu’il ne le puisse; s’il se charge de fournir à tous les ouvriers des instruments de travail et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’ouvrir à tous les affamés d’emprunts un crédit gratuit et qu’il ne le puisse; si, selon les paroles que nous avons vues avec regret échapper à la plume de M. de Lamartine, « l’État se donne la mission d’éclairer, de développer, d’agrandir, de fortifier, de spiritualiser, et de sanctifier l’âme des peuples »,et qu’il échoue; ne voit-on pas qu’au bout de chaque déception, hélas! plus que probable, il y a une non moins inévitable révolution ?
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Re: Grimoire encyclopédique

Message par Johel3007 » jeu. avr. 28, 2016 4:50 pm

Détails généraux complémentaires

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Histoire et Géographie (2)


Préhistoire et mythes [ 11000 à 4000 avant JC ]

Comme déjà abordé dans le chapitre du calendrier Roumalien, la présence de communautés humaines dans la péninsule Roumalienne est très ancienne et, si aucune date précise n’est connue, l’existence d’un certain nombre d’éléments distinctifs d’une civilisation sont identifiables dans les communautés d’il y a plus de 11.000 ans. La culture de céréales et l’élevage extensif de bétail a été prouvée via divers sites archéologiques mettant en évidence d’anciennes têtes d’outils en pierre ainsi que des tablettes où apparaissent les premières ébauches de calendrier et de comptabilité agricole.
Si des références écrites aussi ancienne que 4.000 avant JC parlent de royaumes et citées bien antérieures à l’époque de la rédaction, cela est estimé relever d’avantage du mythe, même si l’usage d’un calendrier unifié à travers toute la péninsule bien avant cela donne du poids à la théorie sur l’existence d’une civilisation aussi ancienne. Toutefois, sans preuve archéologique directe supportant cette piste, les historiens ne peuvent se prononcer.

Ce qui est connu est que, de 11.000 avant JC jusqu’en 4.000 avant JC, la péninsule de Roumalie était habitée par une large variété de tribus, dont les populations variaient de quelques dizaines à plusieurs centaines d’habitants, souvent divisés en hameaux semi-nomades établis le long des fleuves et rivières, se déplaçant au gré des crues et de la fertilité des sols.
L’organisation politique reste méconnue mais, en l’absence de mécanisation ou de pénurie de terre, fut probablement basée autour de la richesse fermière, avec notamment le nombre de fils, filles, têtes de bétail et animaux de compagnie, ainsi qu’autour du prestige né des accomplissements personnels et de ceux des parents proches.
Les mythes citent des affrontements constants entre ces tribus, notamment des raids pour enlever du bétail ou des femmes. L’analyse de squelettes de cette époque révèle effectivement des lacérations, perforations et fractures imputables à des armes en pierre ou en bois. Les conflits demeuraient toutefois peu organisés et visaient d’avantage à satisfaire un impératif de confort matériel et de prestige qu’un désir de conquête.
Aucune trace de monnaie proprement dite n’a été découverte avant 4.000 avant JC, on trouve des traces d’échange de poteries et de comptabilisation des jours passés sur une tâche précise dès 8.000 avant JC, suggérant les ébauches d’un système de commerce et de notions de rationalisation de la valeur des échanges au regard de l’effort à fournir par chaque partie. De même, si aucune trace d’impôt par un pouvoir central n’existe, la pratique du tribut ou « cadeau d’hommage » est documentée dès 4.000 avant JC et est référée comme une pratique déjà ancienne, jugée aussi obsolète qu’hypocrite par l’auteur du texte.
Des estimations démographiques réalisées sur base des tablettes retrouvées ainsi que des rendements agricoles connus placent la population de la péninsule à environ 50.000 individus autour de 10.000 avant JC et de 80.000 individus autour de 4.000 avant JC.

Dynastie Peng ou l’essor de la civilisation Kiyu [ 3700 à 3000 avant JC ]

Le Grand-Royaume de Roumalie actuel est peuplé en majorité par l’ethnie Kiyu. De simple nom d’une des tribus de la péninsule, le mot a progressivement évolué pour désigner les peuplades vivant entre le fleuve Yuku et Rouji puis, au fil des siècles, la plupart des populations conquises par ces peuplades et assimilées en leur sein. Les premières références écrites, datées de 3617 avant JC, relatent une fête donnée par Chibu, roi des Kiyu, en l’honneur de la cérémonie de passage de son cinquième fils, Laobu. Les détails donnés sur les tablettes font état de réjouissances durant cinq nuits et d’une procession de tributs offerts par les rois voisins (sans que ceux-ci ne soient nommés).
La civilisation Kiyu est mal connue en raison du faible nombre d’écrits de l’époque ayant survécu jusqu’à nos jours et du caractère quasi-mythique adopté par les auteurs anciens lorsqu’ils font référence à cette période. Il semble toutefois clair qu’en 3617 avant JC, le système social en place était déjà ancien et bien implanté, avec une longue tradition largement orale soutenue par quelques supports écris tel des calendriers, des inventaires et des contrats.
Son essor débuta dans le Nord-Ouest de la péninsule Roumalienne, entre les fleuves Yuku et Rouji. L’agriculture occupait alors la majorité de l’activité humaine, supplémentée par la chasse, l’élevage et un peu d’artisanat. Ce dernier fleurissait particulièrement autour de la cité de Mure, décrite comme la principale place forte de la région et capitale de la Maison Kiyu, laquelle était la première des grandes familles qui régnaient collectivement sur une vaste confédération de tribus vivant sur les berges des deux fleuves dans une « paix armée » relative si l’on ignore les éventuels raids pour la prise de bétail.
En 3625, le roi Chibu de la Maison Kiyu décède de ce qui est décrit comme une « faiblesse du souffle ». Ses quatre premiers fils se disputent alors l’héritage de ses possessions et l’allégeance des diverses foyers. À l’insistance de leur beau-frère, Tia de la Maison Peng, le conflit sera temporairement résolu en attribuant la citadelle de Mure au cinquième fisl, Kiyu Laobu, alors âgé d’à peine quatre ans, et placé sous la tutelle de sa sœur, épouse de Peng Tia. Les quatre autres fils recevront commandement des domaines fermiers et, en accord avec le Traité de Mure signé en 3627, joindront leurs forces à celle de la Maison Peng et de la Maison Fu pour pacifier les tribus montagnardes.
La campagne militaire est décrite comme un succès pour la confédération de Mure, même si la mort de deux des trois frères entachera la victoire. Peng Tia, lors du banquet célébrant le retour du cortège militaire à Mure, déclarera que, au vu du nombre de cadavres de montagnards jonchant les collines et du nombre d’esclaves et bétail saisi en butin, deux générations de paix seront assurées pour « le Roi de Kiyu et ses sujets ». C’est la plus ancienne référence connue aux termes « Roi » (霸主) et « sujets » (附庸), preuve de la mise en place de ce qui sera, pour les six prochains siècles, référé comme la Dynastie Peng. Et de fait, dès 3649 avant JC, une tablette fait référence à la « 261ème lune de règne du Roi Peng Laobu », durant laquelle celui-ci recevra un tribut de 40 concubines et leur dot, chacune envoyée par une des Maisons dont les domaines sont sous sa protection. Le règne de Laobu s’arrête en 3658, lorsqu’il meurt suite à une « faiblesse du cœur ». Il ne laisse derrière lui aucun héritier légitime mais soixante-sept fils illégitimes. Ce seront ceux-ci qui, sans espoir individuel d’accéder au Trône, seront un soutien critique à son cousin Peng Hu, fils de Peng Tia, pour obtenir le Trône de Mure contre les fils de ses deux oncles, jugés plus légitimes par le sang mais tenu à l’écart de la cour depuis leur naissance.
Après ce début mouvementé, la Dynastie Peng perdurera jusqu’en 3080 avant JC où le dernier roi de Mure sera capturé avec ses trois fils dans une bataille contre le royaume voisin de Bao. Loin de capituler, la cour de Mure se ralliera derrière l’un des ministres du roi défunt, lequel montera une défense réussie de la citadelle jusqu’à la période des récoltes où l’armée de Bao fut forcée de se disperser. La Dynastie Yu débutera alors, du nom de la Maison de ce ministre dont le temps a effacé le nom.

Carte :

Territoire estimé de la Dynastie Peng, circa 3500 avant JC
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Mais si le gouvernement se charge d’élever et de régler les salaires et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’assister toutes les infortunes et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’assurer des retraites à tous les travailleurs et qu’il ne le puisse; s’il se charge de fournir à tous les ouvriers des instruments de travail et qu’il ne le puisse; s’il se charge d’ouvrir à tous les affamés d’emprunts un crédit gratuit et qu’il ne le puisse; si, selon les paroles que nous avons vues avec regret échapper à la plume de M. de Lamartine, « l’État se donne la mission d’éclairer, de développer, d’agrandir, de fortifier, de spiritualiser, et de sanctifier l’âme des peuples »,et qu’il échoue; ne voit-on pas qu’au bout de chaque déception, hélas! plus que probable, il y a une non moins inévitable révolution ?
Frédéric Bastiat, La loi

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