[RP]: Le Marteau et le Dragon

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Message par Rumy » lun. nov. 12, 2018 3:48 am

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Juggong, République Populaire de Juggong
03 Août 2037


Bai Wan n'écoutait pas le médecin qui venait de lui annoncer que le Président de la Nation n'allait pas passer la nuit. Ses yeux étaient fixés sur l'homme aux traits maladif couché sur un lit de l'hôpital général de Juggong branché à divers appareils qui affichaient des chiffres dont il ne connaissait pas la signification. Bai Wan fit signe au médecin qu'il pouvait disposer et celui-ci quitta la pièce après avoir présenté ses respects à l'épouse du mourant. Celle-ci afficha un sourire triste, mais resta silencieuse, n'ayant certainement rien à dire. Que pouvais-t-on dire de plus? Ti-Zhuang Jun, le Président de la République Populaire de Juggong était sur le point de mourir, que pouvais-t-on faire d'autre que d'assister à sa mort, en silence, ravalant nos larmes, notre colère ou notre joie. Bai Wan était celui qui pleurait silencieusement la mort imminente de son ami, avec qui il avait passé son enfance, avait vécu la guerre et avait tenté de construire le rêve d'une nation embrassant les idéaux du socialisme et de l'égalité des hommes et des travailleurs. En tant que Vice-Président, Bai Wai avait été un fidèle conseiller de Ti-Zhuang Jun durant ces 15 dernières années et il allait bientôt prendre la position de son ami, du moins temporairement, le temps que le Congrès du parti puisse se réunir afin de choisir un nouveau président. Bai Wan tourna la tête vers l’assemblée de spectateur venu assister à la mort de leur Président, il y avait évidemment la famille de l’illustre homme, mais aussi les plus hautes figures de l’État Juggongais. Du moins c’est ce qu’il pensait, puisque certains hommes d’État brillaient par leur absence.

[Bai Wai] : Mais où est donc le Premier-Ministre? N’a-t-il donc aucun respect pour notre camarade Président?!

Les spectateurs se regardèrent l’un et l’autre, silencieux. La Ministre de l’Éducation et des Jeunesses Communistes, Mme. Zhihao Duan, s’avança d’un pas ferme, le visage apparemment exaspéré.

[Zhihao Duan] : Puisque personne ne semble vouloir le faire…

Bai Wai se leva de sa chaise intriguée.

[Zhihao Duan] : Le Premier-Ministre est actuellement en train d’énoncer un discours à la nation et au peuple à la télévision d’État…

Le Vice-Président afficha un visage surpris avant de fondre dans une colère noire. Mme Duan s’écarta rapidement de son chemin lorsqu’il sorti de la chambre d’hôpital en trombe. Il courra dans le couloir pour atteindre le poste de garde des infirmières qui étaient toutes attroupés devant une petite télévision qui diffusait le programme de la chaîne d’État du Juggong. Les infirmières se retournèrent effrayés à l’arrivé du Vice-Président, retournant immédiatement à leur travail. Bai Wai s’approcha de la télévision et monta le volume afin d’écouter le discours du Premier-Ministre qui avait déjà commencer depuis un bon moment.

«…le danger des impérialistes de Fuxianji plane toujours sur notre révolution et nous ne pouvons plus nous permettre d’adopter une attitude passive et emplis de compromis alors que tout nos acquis sont actuellement menacés. Cette politique menée par notre bien-aimé Camarade-Président a fait son temps et aujourd’hui, nous en payons le prix alors que la tête de notre nation a été victime d’un empoisonnement perpétré par nos ennemis!...»

Bai Wai n’en revenait pas. Certes, la santé du Camarade-Président avait décliné de manière très abrupte, mais les médecins n’avaient en aucun cas conclus à un quelconque empoissonnement. Le Vice-Président grogna de colère. Le Premier-Ministre Fenghe tentait d’utiliser la mort du Président à son avantage.

«…évènements exceptionnels, demande mesures exceptionnelles. En tant que Premier-Ministre, j’ai requis le devancement du sommet du Congrès du Parti afin d’élire le plus rapidement possible un nouveau Président capable de faire face aux dangers que nous devons affronter.»

Le Congrès ne devait se réunir que dans huit mois! Bai Wai vacilla. On lui apporta une chaise. Son visage exprimait une colère profonde. La Camarade-Président n’était même pas encore mort et Fenghe commençait à avancer ses pions pour se hisser à la tête de l’État. Bai Wai et Ti-Zhuang Jun avaient toujours été de la branche la plus modéré du Parti Communiste Kaiyuanais. Leur charisme, leur nature plus conciliante et leur politique de compromis leur avait permis de maintenir les Communistes au pouvoir dans la région de Juggong. Notamment en achetant la paix avec les paysans en ne collectivisant pas les terres, mais aussi en signant un accord de paix avec les clans Mezanoï de Punakha dans les montagnes de l’Est qui avaient toujours échappé au pouvoir de Juggong même après la fin de la guerre civile. Ces compromis avaient permis au régime communiste de se maintenir en place et de consolider ses assises. Or, Fenghe faisait parti de la branche la plus radicale du Parti et Bai Wai avait toujours crains sa proximité à la tête de l’État. Ces dernières années, il avait réussi à mettre de l’avant plusieurs de ses amis à des poste clés. A plusieurs reprises, le Camarade-Président et Bai Wai lui-même avaient tentés de contrecarrer son influence, notamment au sein du Parti, mais en vain. La République était trop jeune, les royalistes au sud se renforçaient a vu d’œil et la trêve avec Fuxianji avait pris fin. Il n’osait pas imaginer ce qu’il pouvait advenir de tout le travail qu’Ils avaient accomplis avec Fenghe au pouvoir.

Une infirmière s’approcha délicatement du Vice-Président pour lui annoncer le décès du Camarade Président Ti-Zhuang Jun. Bai Wai se figea, puis déposa son visage dans ses mains, les larmes aux yeux, désemparé face à cette vague d’émotion qu’il subissait continuellement en si peu de temps. Il c’était promis d’être au chevet de son ami lorsqu’il allait s’éteindre et voilà qu’il se trouvait devant une télévision pendant que son fidèle allié c’était éteins hors de sa portée. Intérieurement, il maudissait Fenghe pour cet affront. Son visage versait des larmes de colère sous le regard des infirmières silencieuses et les applaudissements qui émanait de la télévision alors que Fenghe venait tout juste de terminer son discours.

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Re: [RP]: Le Marteau et le Dragon

Message par Rumy » mer. déc. 12, 2018 5:17 am

Juggong, République Populaire de Juggong
01 Octobre 2037


Lorsqu’il pénétra dans le bureau du Camarade-Président, Bai Wan remarqua qu’il n’avait pas encore été vidé des effets personnels du défunt Ti-Zhuang Jun. La vue de Yi Fenghe derrière le bureau de son ami défunt l’emplit d’un dégoût profond qu’il tenta tant bien que mal de cacher au nouveau Camarade-Président. À son approche, Yi Fenghe fit signe à Bai Wan de s’asseoir, ce qu’il fit à contrecœur, le visage méfiant.

[Yi Fenghe] : J’ai cru comprendre que vous aviez l’Intention de démissionner de votre poste de Vice-Président?

Fenghe avait l’habitude d’aller droit au but, il n’appréciait généralement pas les discussions sans intérêts, les conversations vides ou bien les interactions de simple bienséance. Il était réputé pour son honnêteté et sa prétention d’être toujours très direct.

[Bao Wan] : Oui, les résultats du dernier congrès m’ont clairement démontré que je n’aurais pas été la bienvenue au sein de votre gouvernement.

Un silence de quelques secondes s’Installa.

[Yi Fenghe] : En effet, vous n’avez pas tort. Je m’attendais toutefois à une résistance de votre part, surtout que la constitution ne vous oblige en aucun cas de démissionner de votre poste. En résumé, vous me facilitez grandement la tâche.

[Bao Wan] : Et bien soit, je crois que nous n’avons plus rien à nous dire. Vous avez ma démission.

Fenghe fronça les sourcils.

[Yi Fenghe] : Je ne crois pas Wan. Vous pensez certainement que je vais vous laisser rejoindre vos alliés à Echuan. Je sais très bien que le Général Shezhou vous porte en très haute estime et que vous possédez encore énormément d’influence au sein de la capitale. Je ne peux me permettre de vous laisser comploter contre moi aussi loin de la cité.

Bao Wan se figea sur place.

[Bao Wan] : Je ne vous croyais pas aussi paranoïaque! Vous savez très bien qu’Echuan est ma ville natale, que ma famille s’y trouve! Ainsi qu’une bonne partie de ma vie! Je ne peux donc pas prendre une retraite bien méritée auprès d’eux sans attiser chez vous la moindre suspicion ?!

Fenghe ne sembla pas s’émouvoir.

[Bao Wan] : Je doute que le congrès voit d’un très bon œil que vous me fassiez arrêter quelques jours seulement après votre prise de fonction.

[Yi Fenghe] : En effet. Votre influence est encore grande ici. C’est pourquoi vous serez maintenu en résidence surveillée dans la capitale, le temps que je puisse faire en sorte que vos amis et alliés ne puissent plus représenter une menace pour moi ni pour notre Révolution.

Bao Wan se leva brusquement, le visage colérique.

[Bao Wan] : Vous êtes fou! Vous allez détruire tout le travail que nous avons accompli jusqu’ici! Vous voulez à nouveau que la guerre ravage toute la région ?!

Fenghe afficha un demi-sourire.

[Yi Fenghe] : La Révolution ne peut se faire que par la guerre Bao. Jun et vous êtes coupable d’avoir mis un frein à celle-ci en signant la trêve avec les royalistes de Fuxianji. Il est grand temps que je termine ce que vous avez si bien commencé.

Bao afficha un visage horrifié.

[Bao Wan] : Vous allez nous menez droit vers notre perte! Les clans des régions rurales et des montagnes de l’est vont se soulever!

Fenghe soupira et lança un regard empli de mépris à Bai Wan.

[Yi Fenghe] : Non seulement vous avez mis un frein à la Révolution, mais vous avez aussi capitulé devant des paysans et des bergers des montagnes! Pathétique! Il est grand temps que la nouvelle génération prenne la place de l’ancienne. Cette vieille garde qui s’est assise sur ses lauriers et qui a abandonné la lutte contre l’oppression des bourgeois et des têtes couronnées. Je vous plains Wan. Je vous plain croyez moi. Gardes!

La porte du bureau s’ouvrit à la volée, laissant pénétrer deux militaires armés de fusil automatique.

[Yi Fenghe] : Veuillez raccompagner Monsieur Wan hors du bâtiment. Que l’on prenne des dispositions pour qu’il soit ensuite ramené chez lui sous escorte.

Les deux gardes hochèrent la tête et firent signe à Wan d’obtempérer. Une fois seul dans son bureau, Fenghe sortit une clé de sa poche qu’il utilisa pour déverrouiller un tiroir à sa droite. Celui-ci ne contenait qu’un téléphone satellite crypté qu’il s’empara nonchalamment, appuyant sur un bouton qui composa automatiquement un numéro inconnu. Deux sonneries passèrent avant que Fenghe ne rejoigne son interlocuteur.

[Yi Fenghe] : C’est moi.

Le ton de sa voix avait changé, comme s’il avait laissé tomber son masque après avoir joué sur une scène de théâtre pour dévoiler sa véritable nature. Son interlocuteur lui répondit avec vigueur, lui posant certainement une question.

[Yi Fenghe] : Tout se déroule comme prévu. Nous sommes même en avance sur l’horaire grâce à ce vieux Bai Wan qui nous a grandement facilité la tâche en démissionnant de son poste.

Silence de quelques secondes avant que l’interlocuteur mystérieux ne s’exprime à nouveau.

[Yi Fenghe] : Ce n’est qu’une question de temps j’en ai bien peur. Malgré le fait que j’ai dorénavant des pouvoirs considérables à ma disposition, forcer la main de Fuxianji ne sera pas une tâche facile. Ils tiennent tellement à leur paix fragile qu’ils sont prêts à fermer les yeux sur le moindre incident à la frontière.

L’interlocuteur mystérieux parla pendant une minute entière.

[Yi Fenghe] : Oui, tout serait plus facile si nous pouvions assassiner l’Empereur comme nous l’avions fait pour son prédécesseur, mais vous connaissez l’organisation qui le protège n’est-ce pas?

L’Interlocuteur sembla répondre à l’affirmative.

[Yi Fenghe] : Ce n’est pas comme si nous n’avions pas essayé après toutes ces années. J’ai cru comprendre que vous aviez tenté de l’éliminer durant ses jeunes années?

L’Interlocuteur ne répondit pas.

[Yi Fenghe] : Je suis navré, j’ai la mauvaise habitude de poser bien trop de questions. Je crois que nous pouvons en rester là mon ami. Je vous recontacterai lorsque j’aurai démarré la deuxième phase de l’opération.

Son interlocuteur raccrocha, mettant fin à la conversation. Le nouveau Camarade-Président rangea le téléphone satellite dans son tiroir attitré avant de s’enfoncer confortablement dans son siège, un demi-sourire sur le visage, affichant un air pensif. Il chuchota à lui-même quelques paroles qu’une personne extérieure aurait de la difficulté à saisir.

[Yi Fenghe] : Vous qui pensez avoir panser vos anciennes blessures, voilà que la Sainte Lance viendra les ouvrir à nouveau, plus béantes et sanguinolentes que jamais.

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Re: [RP]: Le Marteau et le Dragon

Message par Rumy » mar. janv. 01, 2019 11:09 am

Juggong, République populaire de Juggong
2 Janvier 2038


La pénombre ambiante donnait un air lugubre à cette salle de conférence perdue dans les entrailles du Grand Palais du Peuple. La réunion tardive ne regroupait qu’un groupe restreint de collaborateurs du Camarade-Président Fenghe qui patientait tous silencieusement sur leur siège, assis dans la pénombre de la pièce où seule la luminosité défaillante d’un lustre plutôt sobre permettait aux occupants de la salle de s’observer mutuellement. Était présent Bao Zenhe, Ministre de la Défense et de la Sécurité de l'État, Fu Baosheng, Vice-Président de la République de Juggong et Lai Gei, Représentant diplomatique des Brigades du Peuple du Parti communiste Kaiyuanais auprès de la République de Juggong. Le silence fût rapidement brisé par l’entrée du Camarade-Président Fenghe qui pris immédiatement place à son siège, offrant une brève salutation à ses interlocuteurs.

[Yi Fenghe] : Je vous ai tous réunis ici pour faire le point sur nos projets de faire renaître la révolution que nos prédécesseurs ont malheureusement décidé d’abandonner au profit d’un immobilisme égoïste et des concessions inacceptables pour tous les travailleurs.

Contrairement à Bao Wan, tous les interlocuteurs autour de cette table étaient du même avis que le nouveau Camarade-Président…

[Fu Baosheng] : Je suis tout de même étonné que vous n’ayez pas inviter le Premier-Ministre Bao Jinan.

[Yi Fenghe] : Jinan est jeune et inexpérimenté, il doit avant tout apprivoiser son nouveau poste et surtout amadouer les membres du congrès afin de justifier ma décision de le nommer Premier-Ministre. Sa loyauté sans faille le rend malléable à souhait et nous permet d’isoler un peu plus les modérés au sein de la République.

[Fu Baosheng] : En parlant des modérés, nous n’avons toujours pas connaissance de la moindre intention hostile provenant du Général Shezhou à Echuan. La loyauté que lui porte ses troupes pourrait posé problème, surtout si il décidait d’utiliser ses forces pour remettre Bao Wan à la tête de la République.

Fenghe afficha un sourire.

[Yi Fenghe] : Il ne fera rien tant que nous tenons Bao Wan à portée de fusil et surtout tant qu’il n’aura pas le soutien des autres commandants. Deux d’entre eux sont déjà sous notre contrôle, alors que les deux restants ont toujours adopté un certain désintérêt envers la politique de Juggong.

[Bao Zenhe] : Ceux-ci seront de toute manière écarté lorsque la purge sera mise en place et que des éléments loyaux à la révolution seront muté dans toutes les sphères du gouvernement de la République.

[Yi Fenghe] : Et ce, avec l’aval du Congrès.

[Bao Zenhe] : Comme s’ils avaient le choix.

Un silence s’installa pendant un moment.

[Yi Fenghe] : J’ai crus comprendre monsieur Lai Gei que vos camarades des Brigades du peuple avaient l’intention d’accroître leurs activités de guérilla contre les royalistes de Fuxianji.

[Lai Gei] : Oui, votre élection semble avoir été suffisante pour rallumer la flamme révolutionnaire au sein de nos vaillants combattants. Mes supérieurs m’ont envoyé ici afin que nous puissions coordonner nos efforts de manière efficace contre les royalistes.

[Yi Fenghe] : D’autant plus que ceux-ci se renforcent d’année en année depuis la signature de la trêve.

Fenghe avait mentionné la trêve avec un air de dégoût.

[Yi Fenghe] : Mais je ne suis pas assez inconscient pour me confronter à Fuxianji ou du moins prétendre à vouloir renverser les royalistes.

Fenghe ne fit pas attention aux regards surpris de ses interlocuteurs.

[Yi Fenghe] : À quoi bon exporter la révolution si nous ne pouvons pas la sécurisé à l’intérieur même de nos frontières. La révolte gronde dans les campagnes et ces bergers de Punakha complotent contre nous avec le soutien du clan Shibao qui alimente la contre-révolution de leurs mensonges et leurs mièvreries claniques d’un autre temps.

Fenghe s’empara d’une télécommande à sa droite et fit descendre une toile blanche du plafond et activa un projecteur fixé au plafond. Une carte du Royaume de Khimphu s’afficha soudainement. L’on pouvait remarquer que celui-ci était clairement divisé en deux entités; la République populaire de Juggong et le Royaume de Khimphu contrôlé par l’Empire ou comme préfèrent les nommer le Régime de Juggong, les royalistes de Fuxianji.

[Yi Fenghe] : La grande erreur de mes prédécesseurs durant la guerre fût de divisé leurs ressources sur tous les fronts afin de soutenir nos frères révolutionnaires qui prenaient les armes un peu partout au sein de l’Empire. Abandonnez nos frères à leur sort n’était évidemment pas une option, mais en divisant nos forces pour combattre divers ennemis tel que les Fangs, les clans Dakans, les Chams ou les Huans, nous avons permis aux Shushens de Khimphu de survivre et de résister à nos armées révolutionnaires pendant toute la durée de la guerre. Le siège de Khimphu aurait pu réussir si nous n’avions pas redirigé nos ressources sur différents fronts. La République populaire de Juggong aurait pu porter le nom de République populaire de Khimphu en englobant la totalité du Royaume.

[Lai Gei] : Le seul royaume de Khimphu n’était pas satisfaisant! Nous devions délivrer tous les travailleurs de tous les royaumes de l’oppression des clans et des royalistes!

[Yi Fenghe] : Oh, mais notre objectif reste le même! Soyez-en sûr. Seulement, cela doit être un objectif sur le long terme. Nos efforts doivent se concentrer sur le Royaume de Khimphu qui dispose d’un avantage non négligeable qui pourrait nous permettre de consolider nos têtes de pont révolutionnaires dans toute la région!

[Fu Baosheng] : Les montagnes.

[Yi Fenghe] : Exactement! La chaîne de Taizhou et les monts Kravanh séparent le Royaume de Khimphu du reste de l’Empire. Sans tête de pont, une invasion militaire du bassin de l’Olokha serait considérablement coûteuse et difficile, voire impossible.

[Bao Zenhe] : Tête de pont que les royalistes possèdent actuellement puisqu’ils contrôlent la moitié du bassin de l’Olokha. Tant qu’ils contrôleront l’autre moitié, notre République et notre révolution seront toujours menacées.

[Yi Fenghe] : En effet. C’est pourquoi nous devrons concentrer avant tout nos efforts et nos ressources pour jeter dehors les royalistes de Khimphu et ainsi consolider nos assises afin de rendre la révolution impossible à éteindre.

[Lai Gei] : Et je suppose que les brigades du peuple représentent l’élément central de votre stratégie pour chasser les royalistes de Khimphu.

[Yi Fenghe] : Oui, pendant que nous déploierons nos ressources pour nous occuper des traîtres à l’intérieur de nos frontières, votre rôle sera de préparer le terrain pour nos opérations de l’autre côté de la frontière en affaiblissant les capacités militaires des royalistes qui y ont déployé un important dispositif de défense.

[Lai Gei] : En ce qui concerne la pure force militaire, Fuxianji dispose d’on avantage considérable sur nous…

[Yi Fenghe] : Certe, mais les royalistes ont le désavantage de devoir maintenir en place des garnisons permanentes de long de leurs frontières avec les Fangs et les Sukhueng. S’ils devaient dégarnir ces frontières pour y déployer leurs forces à Khimphu, les Fangs et les Sukhueng y verraient une opportunité de relancer les hostilités.

[Fu Baosheng] : D’autant plus que les trêves signées entre eux et les Huans ont aussi pris fin. Je comprends mieux l’attitude passive de Fuxianji envers nous. Ils veulent absolument maintenir le statu quo.

Fenghe sourit.

[Yi Fenghe] : Bien sûr, nous allons fournir davantage de soutiens et de ressources aux Brigades du Peuple afin qu’ils puissent s’armer plus convenablement et pourquoi garnir leurs rangs de nouvelles recrues?

[Lai Gei] : Je dois avouer que nous en avions grandement besoin. Toutefois, je dois l’avouer, ce qu’il nous manque actuellement c’est un leadership similaire à celui de notre fondateur historique, le Commandant Asao.

Fenghe s’appuya sur le dossier de son siège, le visage songeur. Se fût Zenhe qui brisa le silence.

[Bao Zenhe] : J’ai crus comprendre que vos tentatives pour le libérer se sont toutes soldés par un échec cuissant?

[Lai Gei] : Oui, c’est l’un des prisonniers les plus gardés de l’Empire. Nous avons perdu de nombreux combattants inestimables pour tenter de le faire évader de prison.

[Yi Fenghe] : Oh! Avec davantage de moyens, une bonne préparation et une nouvelle approche, tout est possible. Le commandant Asao échappant à la justice kaiyuanaise pourrait être un outil de propagande particulièrement puissant pour notre cause.

Les trois hommes hochèrent la tête, approuvant ses dires. Fenghe sortit alors un bout de papier de ses poches et y griffonna un numéro de téléphone avec un stylo bille. Il tendit ensuite le bout de papier à Lai Gei qu’il s’en empara, affichant un air interrogateur.

[Yi Fenghe] : Dites à vos camarades d’appeler à ce numéro. C’est un individu de confiance qui pourra vous fournir tout le matériel et l’armement que vous aurez besoin. Ne vous inquiétez pas des fonds, j’ai déjà fait en sorte de détourner une partie des bénéfices générés par la production de diamants dans l’est du pays pour financer vos activités. Pour une fois que ces diamants serviront un dessein plus noble que la luxure de la société bourgeoise décadente.

[Lai Gei] : Tout ceci ne fait que confirmer le bienfondé de votre élection par le Congrès du Parti. Grâce à vous la flamme de la Révolution brûlera à nouveau!

[Yi Fenghe] : Oh oui camarade, elle brûlera à nouveau.

Fenghe ferma le projecteur et il se retrouva soudainement partiellement dans la pénombre, empêchant ses trois interlocuteurs d’apercevoir son sourire diabolique.

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Re: [RP]: Le Marteau et le Dragon

Message par Rumy » dim. nov. 10, 2019 9:01 pm

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Pour bien suivre le RP, lire ceci: L'Ascension de Parsifal

Village de Juoshian, République Populaire de Juggong
15 Février 2040


Le village de Juoshian était un village typiquement rural que l’on pouvait trouver partout en Ventélie. Encerclé par des rizières, difficile d’accès, loin de la modernité et des centres urbains, particulièrement paisibles, du moins la plupart du temps. La route de terre qui menait au village de Juoshian était jonchée de détritus. Une carcasse d’une camionnette renversée sur le bord de la route témoignait de la violence qui avait frappé le village il y a peu de temps encore. Les fonctionnaires de la République populaire de Juggong étaient venus afin de mettre les bases de la collectivisation des terres. Disons que la tentative des autorités avait échoué et que les fonctionnaires avaient été chassés du village, les incitant à revenir avec quelques soldats. La situation avait vite tourné au maquis et les soldats s’étaient retirés, essuyant quelques pertes et ayant laissé leur matériel derrière eux. Une tour en bois avait été érigée à l’entrée du village, surplombant les rizières et la route qui descendait à contrebas. Une vigie y était installée, dont le rôle était d’avertir les villageois lorsqu’il apercevait du mouvement sur la route. Des arbres avaient été coupés afin de lui donner un meilleur champ de vision et une cloche avait été fabriquée par le forgeron avec le métal récupéré sur la carcasse de la camionnette renversé sur la route de terre. Justement, c’est cette même cloche qui retentit soudainement, figeant le village sur place. Les paysans levèrent la tête de leur rizière, les enfants cessèrent de lancer leur ballon, les couturières qui raccommodaient les chemises des hommes du village sous l’arbre devant la teinturerie cessèrent leur travail, une vieille femme qui déplumait un poulet en préparation du repas de l’après-midi laissa tomber son couteau sur la table de bois ensanglanté. Au loin, sur la route, une vieille camionnette bravait le chemin de terre, rejetant un épais nuage de fumée noire derrière elle émanant de son moteur qui émettant un brouhaha assourdissant. Quatre hommes armés d’AK-47 accueillirent les visiteurs de la pointe de leurs armes, obligeant la camionnette à s’arrêter à leur hauteur. Après quelques échanges avec les occupants du véhicule, les hommes armés baissèrent leurs armes et laissèrent passer la camionnette qui s’avança vers le centre du village. Une place de taille modeste en dalle de pierre accueillant un puits protégé par un arbre très ancien et plutôt imposant. Une pagode d’une quinzaine de mètres de de haut surplombait celle-ci, défigurée par une antenne métallique qui alimentait la radio du village, seul moyen de communication vers l’extérieur.

La camionnette immobilisée, deux hommes sortirent du véhicule et un vieil homme apparut sur le porche de la pagode, allant à leur rencontre. Les villageois présents dans la place regardèrent le vieil homme discuter avec les deux visiteurs et celui-ci fit signe à quelques hommes de décharger la camionnette.

[Deng Zhu]: Votre générosité est appréciée. Nous ne savons jamais quand nous recevront notre prochaine cargaison de médicaments. D’autant plus que je doute fortement que le gouvernement de Juggong ne nous aide là-dessus, surtout après avoir renvoyé leurs fonctionnaires la queue entre les jambes.

[Monsieur K]: Généralement, un invité apporte un cadeau à son hôte. Voyez-le comme cela.

[Deng Zhu]: Très bien. L’homme que vous recherchez est celui chargé d’alimenter notre antenne radio. Seul moyen de communication que nous détenons pour communiquer avec l’extérieur.

[Monsieur K]: Je vous remercie.

Les deux hommes pénétrèrent dans la pagode du village et Monsieur K remarqua la présence de l’autel accueillant idoles, offrandes et bâtons d’encens mélangeant les croyances bouddhistes, taoïste et du culte des ancêtres. Derrière l’autel avait été installée au fond une table en bois où trônait un imposant dispositif radiophonique relié à un important amas de fil électrique connecté à une génératrice, à l’antenne installée au sommet de la pagode et à un panneau solaire installé sur le toit de la maison voisine. Un homme, plutôt petit était assis sur une chaise d’une drôle de manière, semblant dormir, d’imposants écouteurs couvrant ses oreilles. Celui-ci ouvrit immédiatement les yeux à l’arrivée des deux hommes, lançant un regard vaguement intéressé sur Monsieur K.

[Deng Zhu]: Zhao. Voici Monsieur Chen. Monsieur Chen, je vous présente Zhao Lu-Duan

[Zhao Lu-Duan]: Monsieur Chen vous dites. L’un des noms les plus communs au pays. Je doute que se soit votre véritable nom.

Monsieur K afficha un sourire.

[Monsieur K]: Dans mon travail il est préférable d’utiliser de faux noms.

[Zhao Lu-Duan]: Et vous travaillez pour qui Monsieur K? Les Services de Renseignement impériaux?

[Monsieur K]: Entre autres.

Monsieur K sortit de sa poche un papier parchemin qu’il tendit au vieillard. Celui-ci blêmit à sa vue, obligeant Zhao Lu-Duan de s’en emparer, affichant un visage confus.

[Zhao Lu-Duan]: Qu’est-ce que c’est?

[Deng Zhu]: Idiot! C’est le sceau impérial! Il travaille directement pour l’Empereur!

Zhao Lu-Duan afficha de grands yeux surpris.

[Zhao Lu-Duan]: Et que me vaut cette visite?

Monsieur K fit un signe à l’homme qui l’accompagnait et celui-ci déposa sur la table une valise métallique qu’il ouvrit pour dévoiler un écran et un clavier.

[Monsieur K] : Il y a quelque temps déjà vous avez intercepté une communication que vous avez vendue aux Services de Renseignement impériaux. Je m’intéresse à sa provenance.

[Zhao Lu-Duan]: Vous devrez être plus précis, je vends de telles communications aux SSI chaque jour. C’est ce qui a permis à ce village de survivre jusqu’ici.

[Monsieur K] : L’extrait en question est dans cet ordinateur, ainsi que la date exacte où il a été intercepté.

[Zhao Lu-Duan]: Très bien.

L’opérateur écouta l’extrait, avant de se lever et de se diriger vers un tapis qui se trouvait sur le sol au fond de la pagode. Il le souleva pour y dévoiler une trappe en bois qu’il ouvrit, dévoilant un escalier en bois en piteux état que l’opérateur descendit sans aucune crainte. Il en ressortit quelques minutes plus tard, un dossier poussiéreux en main qu’il déposa sur le sol alors qu’il refermait la trappe derrière lui. Le tapis réinstallé, Zhao tendit le dossier à Monsieur K qui l’ouvrit sans hésitation. Après quelques minutes de lecture, le silence fut brisé par celui-ci.

[Monsieur K] : La mine de diamant de Lunthang? vous n’avez rien d’autre concernant cet extrait?

[Zhao Lu-Duan]: J’ai bien peur que non.

[Monsieur K] : Merci beaucoup. Je vais garder le dossier.

Zhao allait protester, mais l’homme qui accompagnait Monsieur K lui tendit une enveloppe brune contenant plusieurs dizaines milliers de Tiel Impérial en petite coupure.

[Monsieur K] : Ceci est pour le dossier et les désagréments.

Deng Zhu s’inclina remerciant Monsieur et son acolyte. Zhao Lu-Duan s’empara de l’enveloppe et fit signe qu’il acceptait le paiement annonçant aux deux hommes que la rencontre était terminée. De retour dans leur camionnette, l’acolyte de Monsieur K lui posa une question.

[Teng Lau] : Quel est la suite Monsieur?

[Monsieur K] : La mine de diamant de Lunthang évidemment.

La camionnette quitta le village sous les regards des gardes, puis des paysans qui levèrent quelques secondes leur tête de leurs rizières, regardant la vieille camionnette s’éloigner sur la route vers les nord.

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Re: [RP]: Le Marteau et le Dragon

Message par Rumy » dim. nov. 17, 2019 2:51 am

Situation au Juggong au 18 Août 2040


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Violet: Alliance des Clans Mezanoï
Rouge: Communistes du Camarade-Président Yi Fenghe
Marron: Communistes du Général Shezhou
Vert pâle: Coalition du Clan Shibao
Jaune-orange: Royalistes

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