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Amaski
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Message par Amaski » sam. juil. 07, 2018 9:46 pm

SÈCHERESSE HISTORIQUE : LES RÉCOLTES MENACÉES?

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Le Galant Notable a écrit :
Notre très auguste empire vit son été le plus chaud depuis une centaine d'années. Les températures moyennes se trouvent dix degrés au-dessus de celles de l'année précédente selon les savants de la Cour. Certains pourront se réjouir de profiter d'un été plus chaud, surtout dans les cités, mais ce phénomène inhabituel risque de ne pas être sans conséquence. Les chaleurs brutales risquent d'impacter très négativement l'agriculture estivale, car diminuant le débit d'eau dans les fleuves et augmentant en même temps la demande d'eau pour les champs et le bétail. Est-ce que les récoltes sont menacées?

Si la sagesse paysanne considère qu'un long été chaud est préférable à quelques jours de froid, un tel phénomène n'est pas sans risque pour la production agricole. Comme une majeure partie de la population de notre très chrétien empire dépend des fruits de la terre ou pratique l'élevage, des températures trop élevées sont une cause d'inquiétude. Heureusement, la situation semble à l'heure sous contrôle. Les baillis et gouverneurs ont déjà pris des mesures pour rationner l'eau et créer des réserves d'eau pour les jours les plus durs, inévitablement en approche. Néanmoins, même avec la meilleure volonté, on devra s'attendre à des pertes, pouvant aller du négligeable au massif. Beaucoup de blés peuvent dépérir assoiffées si l'eau devrait manquer. De même pour le bétail qui est très dépendant des herbes vertes et aussi très gourmand en eau.

Si les principaux fleuves du pays ne devraient pas voir leur débit trop faiblir, les rivières et ruisseaux sont nettement plus exposés. Il est possible que plusieurs rivières s'assèchent à l'intérieur du pays, causant du malheur aux populations locales qui devront se retourner vers la nappe phréatique, exigeant des grands efforts pour extraire l'eau. C'est la raison pourquoi les autorités locales se sont déjà mis en œuvre pour prévenir aussi bien que possible les conséquences néfastes de la hausse des températures. Malheureusement, même les meilleures volontés humaines sont vaines face à la dureté de cœur de la nature. Une canicule trop prolongée pourrait causer des graves pénuries d'eau, contribuant à faire perdre des récoltes et forçant les paysans à devoir sacrifier une part du bétail. Néanmoins, tout dépend combien de jours les grandes chaleurs dureront et aussi si l'évaporation d'eau de la Mer interne permettra de créer des pluies sur les régions asséchées pendant quelques heures ou même jours. Seul Dieu saura répondre à ces interrogations.

En parlant de Dieu, il faut savoir que l'Eglise n'a pas tardé à agir fermement. Les prêtres et évêques ont déjà entamé de préparer des cérémonies et messes pour prier afin que l'été soit clément et que le pays échappe aux effets les plus dévastateurs de la chaleur ambiante. Le Patriarche Atanas VII a fait savoir qu'une messe exceptionnelle aura lieu dans la capitale et que la venue de la famille impériale et des principaux notables étaient déjà confirmée afin d'implorer le soutien de Dieu dans ce qui sera sans aucun doute un moment difficile pour notre contrée.

Hélas, le malheur des uns peut faire le bonheur des autres. Les marchands de la Ligue des Cités franches n'ont pas hésité à profiter de la situation pour commencer à racheter sur les foires et marchés des pays voisins du blé et des produits agricoles facilement conservables. On a constaté une forte augmentation des ordres d'achat émanant des principales gildes commerciales dans les contrées voisines, tout particulièrement pour des produits agricoles. Si officiellement les dignitaires de la Ligue affirment vouloir prévenir une pénurie dans le pays, beaucoup suspectent que les commerçants cherchent à profiter de la situation pour pouvoir en tirer un fort profit financier. Plusieurs notables ont d’ores et déjà dénoncé ce qui est jugé comme une attitude déshonorante. Malheureusement, les lois et coutumes n'empêchent pas de telles pratiques. Certains cyniques affirment même que cela est peut-être un mal pour un bien, car l'avidité des marchands pourra permettre d'éviter le pire, même si cela sera très coûteux car pouvant générer une hausse notable des prix de pain pendant l’hiver.

Tout reste à espérer que les choses évoluent positivement et que l'été soit chaud sans compromettre les récoltes d'août et de septembre.


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»Durch diese hohle Gasse muss er kommen, Es führt kein andrer Weg nach Küssnacht.« (Tell / Vierter Aufzug - Dritte Szene)

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Amaski
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Re: Journaux & Revues

Message par Amaski » ven. juil. 20, 2018 3:54 pm

L'ARGENT DES THALASSOCRATIES : FOLIE OU GENIE?

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Le Galant Notable a écrit :
Une grande mode s'est emparée des thalasocraties du Sud. Celle-ci consiste à vouloir, ainsi leurs dires, « dématerialiser » l'argent de leur peuple. Si beaucoup voient dans cette démarche une forfaiture déguisée, la question se pose de savoir si les élites de ce pays n'ont pas raison. Està-ce que l'argent dématerialisé est l'avenir ?

Il n'est un secret pour personne que les Nordiques aiment les pièces sonnantes et trébuchantes. Les habitants du Thorval, du Karnobat et de la Slovianie sont tous amoureux des pièces en métal, gage de sécurité et surtout d'autonomie. L'or est depuis la nuit des temps une source de reconfort pour les esprits les plus inquiets. Quel que soient les malheurs de l'ère, l'or, l'argent et le cuivre assurent que la monnaie circule et ne perde jamais la valeur. C'est une attitude très différente de celle règnant chez les peuples du Sud qui depuis longtemps ont abandonné le métal pour des monnaies en papier, dont la valeur est davantage un acte de foi qu'une chose réelle.

Le Montalvo, puissance thalasocratique par excellence, est l'incarnation par excellence de l'amour des gens du Sud pour les monnaies sans valeur intrinseque. Après s'être adonné pendant des générations à l'argent papier, dont la valeur dépend du bon vouloir des princes-banquiers, les dirigeants du Montalvo ont décidé de s'affranchir complètement de tout support matériel. Si jadis un homme pouvait au moins se targuer de détenir un bout de papier, désormais, toute sa fortune sera contenue dans les livres comptables des banquiers. Il n'aura rien en dehors de ce que les banques veuillent bien lui confirmer. Ils appellent cela la monnaie électronique, une richesse désormais aussi spectracle que les fantômes de nos champs de bataille.

Beaucoup verront dans cette évoluetion la preuve des mœurs décadentes des grandes thalasocraties. Néanmoins, cela serait un jugement bien hâtif à leur encontre. Nous pouvons certes désapprovuer la légereté de leurs mœurs et leurs expeditions dans d'autres régions du monde, mais est-ce que c'est à nous de juger un peuple ? N'est pas Dieu le seul à pouvoir décider si les attitudes des uns sont condamnables ou pas ? Une république des princes-banquiers comme le Montalvo a par son essence même tout intérêt à chercher à renforcer le pouvoir des grandes banques et compagnies commerciales. Les coutumes n'ont plus force de loi dans cette contrée et les gens vivent pour servir les élites financières. Il n'est donc pas surprenant que l'indépendance des individus ne soit pas la première des priorités.

Nous devons aussi nous poser la question si les princes-banquiers du Montalvo n'ont pas raison d'agir comme ils le font. N'oublions pas que la frappe de monnaie est une affaire non seulement coûteuse, car gourmande en minérais, mais offre aux seigneurs la tentation de vouloir dilluer sa valeur en jouant sur la quantité de métal précieux. L'inflation crée par la dillution monétaire est un vieux fléau et des nombreuses générations ont juré contre les souverains s'adonnant à cette honteuse pratique. Une monnaie dematerialisée aurait donc l'avantage d'enlever aux seigneurs la capacité de fausser la monnaie. Néanmoins, est-ce que ce maigre avantage compensera-t-il la perte de confiance qu'une monnaie spectrale risque de générer ?

Quel paysan voudrait être détenteur d'un argent qu'il ne peut ni toucher ni amasser, voire même cacher à des collecteurs d'impôts trop zelés ? Comment promouvoir l'idée que l'argent devrait s'affranchir des contraintes rassurantes de sa nature métalique ? Il semble certain qu'une telle évolution n'aura pas de sitôt lieu dans nos terres, car bien trop hasardeuse et demandant des infrastructures inexistantes chez nous. La simple transition d'une monnaie de métal vers une monnaie en papier serait déjà un défi majeur, et on voit une telle évolution que commencer très doucement dans les villes les plus tournées vers le commerce international.

Néanmoins, la monnaie spectracle du Montalvo pourrait peut-être trouver son chemin indirectement vers le Karnobat. A travers du commerce, il peut être possible d'imaginer la création de dépôts d'argent virtuel en main de commercants du Montalvo. Seul l'avenir nous dira si cela aura un jour lieu.


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