ENCYCLOPÉDIE | Donostiako Liburutegi Nazionala

Dorimarie 6-7-8-9
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Djinndigo
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HISTOIRE
Genèse urbaine en Dorimarie euskale
1600-1800

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Représentation picturale de Donostia au dix-huitième siècle alors que l'économie y prend son envol.

Tout comme l'arrivée des colons euskals en Dorimarie ne s'est pas déroulé en un instant fixé dans le temps mais s'est étalé sur plusieurs siècles, la genèse du modèle urbain colonial sur le sol txiléen s'est passé en plusieurs étapes. Avec l'intensification du flux démographique euskal à destination de la « Janubie occidentale » comme les colons appelait le Nouveau Monde, les villages édifiés à la va-vite sur le littoral et le long des berges des fleuves durent se transformer pour accueillir cette nouvelle population qui va en s'accroissant à partir du seizième siècle jusqu'au dix-neuvième. Initialement utilisés comme forts militaires, les frêles défenses en bois du village deviennent désuètes alors que les colons s'établissent en-dehors de ces mêmes murs. Les moyens humains et matériels toujours plus importants, en même temps que l'augmentation significative du trafic naval entre le territoire dorimarien et sa métropole, permettent l'apparition des premières villes.

D'abord concentrées autour d'un centre névralgique abritant les premières institutions urbaines, à savoir les casernements militaires avec la mise en place d'unités défensives, ainsi que les autorités administratives - on voit alors construire les premières Herriko Etxeak, les « maisons du peuple » (mairies) sur le continent. Le littoral sud puis nord du pays est rapidement colonisé par des autorités avides des richesses qui s'écoulent le long du réseau fluvial du pays. Le colonialisme des autorités dytoliennes, initialement tourné vers une politique de comptoirs, à savoir l'établissement de colonies-comptoirs le long des côtes stratégiques du globe, mais l'opportunité représentée par la « Janubie occidentale » pousse la monarchie euskale à revoir sa politique coloniale à se tourner vers un maintien durable de sa présence dans cette partie du monde. C'est au seizième siècle que Basarri Argoan devient le premier vice-roi de la colonie euskale de Janubie occidentale, le Berri Herria (le « Nouveau Pays »).

C'est sous son impulsion et par sa réflexion mercantiliste que la métropole va développer sa colonie autour des grandes villes côtières. Les centres urbains se métamorphosent et englobent leurs périphéries : Donostia, Urutzalde et Vitorio-Erregea deviennent des villes-clés du nouveau système colonial. L'agriculture se développe en périphérie des grands ensembles urbanisés avec l'esclavage des populations indigènes et de tribus néchinésiennes importées, aujourd'hui métissées à la population txiléenne. Les institutions urbaines se développent, avec l'ouverture d'écoles, de banques et de marchés qui destinent la Dorimarie euskale à la prospérité. L'intérieur des terres, éloigné des ports riches, est peu à peu colonisé par les gautxoak, qui deviennent l'épine dorsale de l'activité pastorale. Les villages se développent autour de clochers, la place de l’Église étant très importante au centre de la civilisation euskale. L'autonomie de la Dorimarie euskale vis-à-vis de la métropole dytolienne dès le dix-huitième siècle se répercute sur les villes qui s'arrogent une certaine indépendance.

Le vice-roi laisse ainsi une grande autonomie aux fonctionnaires et maires pour exercer leur pouvoir sur leur localité ; les grandes superficies couvertes par les colonies n'arrangent rien. Alors que les territoires ruraux empiètent de plus en plus sur l'arrière-pays indigène non-revendiqué, les villes portuaires deviennent de véritables plateformes commerciales qui pèsent pour la plupart plus que les ports métropolitains : les épices et denrées venues de Janubie transitent par les ports dorimariens pour arriver en Dytolie. Si ailleurs sur le continent dorimarien la population urbaine tend à se concentrer autour des points névralgiques de la cité, les txiléens étalent les ensembles urbains et ruraux au détriment de la concentration des institutions dans le centre-ville. Donostia s'impose également rapidement comme capitale de par sa situation stratégique au cœur du territoire colonial, sa grande accessibilité commerciale et le relief dans laquelle la ville se place. Les grandes villes, qui instaurent leur territoire par une politique d'expansionnisme urbain outrancier, deviennent rapidement elles aussi le centre des affaires dans leurs zones respectives. Les chefs-lieux des régions sont ainsi tous désignés pour être de futures capitales provinciales.

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Donostia à une étape plus tardive de son développement vers le début du dix-neuvième siècle.
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HISTOIRE
La conception de la République chez ses fondateurs

1800-1829

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Dès ses origines, l'idéal républicain s'est mué en une question épineuse pour les penseurs de l'époque.

Fondée en l'an de grâce 1800 par le premier Lehendakari (président) Txurio Echeberea, la République est d'abord une synthèse des pensées politiques contemporaines avant d'être le plus long régime politique txiléen (1800-2036). Alors que l'ancienne métropole dytolienne du territoire colonial de « Janubie occidentale » vient de s'effondrer sous la pression des puissances continentales, le Berri Herria (« Nouveau Pays »), devenu Txile, est livré à lui-même sur un continent encore soumis dans sa majorité au joug colonial. Le contexte politique txiléen de l'époque est complexe : d'un côté, les monarchistes loyalistes tombent des nues alors qu'aucun héritier viable ne se présente après le coup d’État avorté dit de l'« Affaire des Loufoques » qui écarta le prétendant monarque Gaspar Esparzako (ancêtre de l'actuel prince du Txile), tandis que les partisans de l'ancien vice-roi et désormais Kontsula (consul) Txurio Echeberea le soutiennent dans sa recherche du régime politique idéal pour la nation txiléenne.

La monarchie dans sa définition littéraire fut rapidement écartée : toute caractère héréditaire du régime était hors de propos et les candidats se faisaient rares, et aucun d'entre eux n'était crédible pour reprendre les rênes d'un pays que leurs ancêtres avaient saccagé au profit d'une métropole désormais éteinte. La démocratie totale, qui avait été expérimentée par des puissances dytoliennes au cours du siècle passé, avait grandement desservi ces mêmes États en en faisant la proie des puissances traditionnelles qui ne pouvaient laisser les pensées des Lumières impunies. Ayant reçu une éducation dytolienne fortement occidentalisée et moderne, Txurio Echeberea était en lui-même un aristocrate épris d'hellénisme et de rationalisme. La pensée des helléniques anciens, notamment alliléens, était pour lui fondatrice des régimes politiques contemporains et leurs enseignements cruciaux dans la recherche du régime politique idéal au dix-neuvième siècle qui s'annonçait.

Si les monarchistes avaient été écartés, le reste des penseurs et aristocrates txiléens soutenaient Echeberea mais étaient eux-mêmes divisés en plusieurs factions : partisans de la démocratie révolutionnaire d'une part, à l'image de l'Olgarie septentrionale qui se libérait du joug colonial dans de sanglantes révolutions militaires et politiques, et soutiens d'une aristocratie efficace et timarchique d'autre part, s'inspirant du constitutionnalisme monarchique des lorthoniens. Echeberea est partagé entre les revendications des grands propriétaires terriens txiléens qui sont pour la plupart issus de l'aristocratie notabiliaire et ses idéaux démocratiques et populaires : la Res Publica issue de la pensée des latins et des helléniques semble donc être le régime naturellement désigné pour un jeune État récemment libéré du joug colonial dans un Nouveau Monde enclin à la liberté et à la gestion commune de ressources physiques et immatérielles dont la population ne mesure pas encore l'ampleur, à l'inverse du Vieux Monde où la propriété est définie depuis des générations par un héritage patrimonial.

Il y a également la question de l'indigénisme et du statut des natifs, alors même que la Res Publica etcheberéenne se construit sur un idéal national ; les prétentions universalistes du modèle républicain conventionnel s'inscrivent dans une volonté conquérante d'établir le Txile et ses frontières réelles et théoriques au-delà de l'embryon national au profit des populations périphériques. La République txiléenne naît ainsi : d'un compromis entre l’État-nation d'inspiration töttern et l'universalisme républicain occidental, le consensus étant une fédération permettant la coexistence d'une population exogène périphérique autour du noyau national homogène. Après avoir établi la République une première fois en 1800 grâce à une Konstituzioa (constitution) rédigée en quelques mois après l'indépendance de facto, la République Fédérale est renforcée quelques années plus tard grâce à une réforme constitutionnelle. La construction d'un idéal républicain sur un modèle aristodémocratique se poursuit jusqu'en 1829, date à laquelle l'aristocratie conservatrice remporte les élections et écarte du pouvoir le républicanisme idéaliste d'Echeberea au profit d'une politique plus réaliste et éloignée de la pensée philosophique.

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Le palais du Lehendakari, à Donostia, incarne cet idéal de républicanisme universaliste et fédéraliste.
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HISTOIRE
Penser l'universalisme républicain au temps des colonies

1800-1940

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Les txiléens sont très tôt de grands bâtisseurs qui font la République universaliste - et universalisable.

Après le départ du joug colonial en l'an 1800 avec l'effondrement politique de la monarchie métropolitaine dytolienne et l'instauration de la République txiléenne par ses fondateurs idéalistes comme Txurio Echeberea, le premier Lehendakari (président) du Txile, l'ancien Berri Herria entre dans une indépendance forcée : territoire immense pas entièrement protégé par les forces armées embryonnaires, ressources importantes dans l'arrière-pays mais grande autonomie de ces zones reculées, vision politique encore à définir malgré les efforts des penseurs de la République et isolement relatif dans une Dorimarie encore largement soumise aux puissances coloniales dytoliennes comme la Léontarie. Les frontières continentales de la République txiléenne sont établies au cours de conflits sanglants avec les indigènes sur de grands axes géographiques : la chaîne montagneuse de l'Andoak est la première frontière naturelle du Txile au dix-neuvième siècle.

Mais le départ des autorités dytoliennes laisse un grand vide administratif dans le pourtour néchinésien et dans le reste des anciens territoires coloniaux euskals, que le Txile s'occupe à récupérer pendant plusieurs années à grand renfort de tractations diplomatiques, économiques voire militaires. Les îles Paskoak, que beaucoup considèrent alors comme un territoire proto-colonial avant que l'archipel ne soit considéré comme txiléen, devient le laboratoire de ce colonialisme républicain universaliste inspiré des Lumières dytoliennes. La population indigène des îles connaît ainsi de grandes persécutions liées à l'activité esclavagiste dans l'archipel ; la presse coloniale connaît rapidement un essor important sous l'influence des penseurs et rédacteurs métropolitains et le monarchisme loyaliste traditionnel recule devant les idées républicaines des gouverneurs coloniaux directement influencés et nommés par la République et le locataire du Palais du Lehendakari à Donostia.

Dans l'organisation géo-sociale de la société républicaine coloniale du Txile du dix-neuvième siècle, la République est organisée autour du noyau national, qui constitue le foyer industriel, financier et intellectuel de la fédération. Autour de ce cœur, les territoires plus éloignés constitue des viviers en ressources exploitables par les acteurs de la République : industriels, ouvriers, métropolitains, euskals, autant d'interprétations possibles de cette vision de l'entrepreneuriat colonial. Cette figure géographique s'assimile également à une structure sociale : les euskals forment une communauté solidaire au centre de l'union en occupant les postes-clés (ils sont les acteurs de la République susmentionnés) tandis que les populations périphériques, au dix-neuvième siècle les indigènes néchinésiens, dorimariens et ventéliens, servent de main d'oeuvre exploitable et exploitée au profit de la métropole. La fédération s'étend progressivement en transformant les territoires initialement périphériques en des provinces nationales tout en poursuivant l'expansion territoriale vers l'extérieur.

Une course en avant que les détracteurs de l'époque, notamment ceux issus des mouvances d'essayistes socialistes de la seconde moitié du dix-neuvième siècle, assimilent à une dérive du capitalisme qui fait alors son apparition comme système économique évident pour la République, proche des valeurs des Lumières dytoliennes. La Res Publica d'Echeberea, inspirée de la Politeía des helléniques et de leur conception du meilleur régime, s'appuie directement sur une vision rationaliste à cela près que la société txiléenne du dix-neuvième siècle n'est pas individualisée sur une logique libérale. Ainsi, la famille n'est pas nucléaire et les espaces ruraux issus de la politique de colonie de peuplement favorisent l'émergence d'une société clanique autour de la structure de la « famille étendue ». On observe donc la conciliation entre les idéaux de la République menée depuis la capitale Donostia, le colonialisme esclavagiste et capitaliste, le traditionalisme catholique mais aussi l'expansion territoriale collectiviste. Une chimère politique, au sens organiciste du terme, est née : le Léviathan.

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La concession de Kapayane est l'incarnation de cette volonté républicaine universaliste de l'ère coloniale.
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HISTOIRE
L'esclavagisme dans la société coloniale txiléenne

1550-1800

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L'esclavage constitue un des leviers majeurs du développement économique du Nouveau Monde.

Pratique sociale ayant traversé les siècles, l'esclavage joue un rôle proéminent dans le développement rapide des territoires coloniaux du Nouveau Monde, là où en Dytolie les différentes déclarations papales rendent impossible l'exploitation totale des peuples ostracisés par les autorités au profit de l'économie locale. Ainsi, la découverte de l'Olgarie et de la Dorimarie par les explorateurs des futures puissances coloniales occidentales rend possible l'appropriation d'un nouveau « terrain de jeu » pour les dytoliens, loin de toute autorité apostolique susceptible de limiter moralement l'esclavage. Les populations non-dytoliennes sont ainsi très largement prises pour cible : en Dorimarie euskale (futur Txile), il n'est pas envisageable d'avoir recours à la traite négrière de par la distance qui sépare la côte occidentale de l'Algarbe du Berri Herria mais aussi par l'absence de véritable comptoir commercial euskal à cette époque sur le sol algarbien, qui est pourtant le premier « fournisseur » de main d'oeuvre pour le supercontinent olgaro-dorimarien.

Aussi, à l'inverse de la plupart des puissances coloniales dytoliennes qui se tournent vers les populations noires pour pratiquer l'esclavage, délaissant les peuples natifs de toute façon trop largement décimés par les pandémies et les massacres, les autorités coloniales euskales se tournent très rapidement vers les indigènes pour suppléer à la main d'oeuvre dytolienne, au profit des grands propriétaires terriens qui s'établissent très rapidement, dès le dix-septième siècle, dans la plaine pampaïque dite « Arrunta ». Les cavaliers euskals, les Gautxoak, forcent rapidement les populations indigènes périphériques du territoire de l'ancien empire Kitxua de quitter les zones montagneuses pour aller travailler dans les plaines sous leur surveillance. Ainsi, les cavaliers initialement destinés à une activité pastorale se reconvertissent pendant plusieurs siècles dans la surveillance des populations réduites en esclavage ; rapidement, l'esclavage devient une alternative rapide et facile à l’accroissement naturel ou migratoire de la main d'oeuvre peu contraignante.

Avec une véritable « chasse à l'esclave », les communautés indigènes frontalières des colonies euskales naissantes sont rapidement démantelées dans un double objectif : le développement économique laborieux et la destruction du territoire kitxua au profit des populations euskales. Les conflits entre les dytoliens et les natifs se multiplient et les flux esclavagistes sont toujours plus importants, au point que les esclaves natifs au Txile sont plusieurs millions autour de l'an 1750, qui constitue l'apogée du système colonial - on peut parler, au dix-huitième siècle au Txile, d'une société esclavagiste. Mais les premières mécanisations (première période d'industrialisation du Txile au dix-neuvième siècle) limitent le terme de « société esclavagiste » pour le Txile à la période allant du seizième au dix-huitième siècle. La présence de riches fortunes dytoliennes ayant fait fructifier leurs avoirs en outre-mer (en Dorimarie euskale notamment) évolue au cours du dix-huitième siècle, la métropole dytolienne souffrant d'un important flux d'émigration au profit des colonies euskales.

Plusieurs facteurs poussent à un recul rapide de l'esclavagisme et de l'esclavage au Txile dans la deuxième moitié du dix-huitième siècle et au début du dix-neuvième : la multiplication des condamnations papales à l'encontre de l'esclavage des populations natives de Dorimarie et d'Olgarie, le catholicisme apostolique latin rendant immoral l'esclavage de populations dotées d'une âme (plusieurs controverses épiscopales ont lieu au cours du siècle au sujet de l'humanité des indigènes dorimariens), mais aussi le manque de rentabilité progressif des pratiques esclavagistes alors même que la lente mécanisation des grandes propriétés terriennes de la côte repousse l'esclavage dans les parties les plus reculées du pays. L'implantation rapide des idéaux des Lumières dytoliennes dans les grandes villes txiléennes fait également de l'esclavage et du servage des pratiques surannées et obsolètes, en opposition à la libre-entreprise et à une activité économique individualiste prospère. L'esclavagisme constitue donc une étape importante du Txile dans son développement colonial mais en même temps que se meurt le système colonial, l'économie esclavagiste recule au profit des industries naissantes. L'esclavage ne disparaît pas pour autant et se poursuit jusque dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle.

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L'esclavagisme txiléen demeure très largement tourné vers la domination des populations natives.
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HISTOIRE
La République à l'épreuve de la question esclavagiste

1800-1869

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Au début du dix-neuvième siècle, le déclin de l'industrie de la canne à sucre signe la fin de l'esclavage.

Héritée de la société esclavagiste coloniale pré-républicaine qui s'étale du milieu du seizième jusqu'à la fin du dix-huitième siècle au Txile, la question coloniale est un problème de poids pour la pensée républicaine naissante. D'un côté, l'économie nationale demeure encore très largement basée sur la division esclavagiste entre grands propriétaires terriens et main d'oeuvre déshumanisés, et de l'autre la pensée humaniste des Lumières dytoliennes fait son bout de chemin au sein des cercles d'intellectuels penseurs de la République au dix-neuvième siècle. Mais la plupart des dignitaires du jeune État txiléen, quasiment tous issus de l'aristocratie notabiliaire inspirée de la hiérarchie nobiliaire métropolitaine déchue, sont également de grands exploitants agricoles du centre du pays où leurs exploitations s'appuient encore largement sur la main d'oeuvre issue de la politique esclavagiste de la société coloniale. La question de l'esclavage au sein de la société républicaine demeure donc gelée en même temps que cette aristocratie née avant la République poursuit son cheminement intellectuel.

Sans y penser ou en fermant les yeux sur la situation actuelle d'une partie de la population de la jeune République, les fondateurs ont d'autres soucis ; revendiquer la souveraineté des frontières terrestres et maritimes du Txile, notamment en reprenant l'ancienne autorité euskale sur les autres territoires coloniaux notamment les îles Paskoak. La Konstituzioa (constitution txiléenne) rédigée par Txurio Echeberea et instaurée en 1801 pose les bases d'une égalité des droits juridique, mais cette pré-supposée égalité n'en est encore qu'à ses balbutiements et le droit peine à se faire entendre aux périphéries laborieuses de la République, où il est question de faciliter entrepreneuriat agricole pour favoriser l'installation de population euskales, au détriment des populations natives réduites en esclavage pour rendre possible l'établissement effectif des frontières de la République dans l'arrière-pays sans le délaisser au profit d'une côte déjà bourgeoise et restreinte par le droit en termes de pratiques esclavagistes.

L'esclavage va donc se poursuivre dans l'arrière-pays continental, même s'il disparaît totalement et très rapidement des zones urbanisées - à l'exception des domestiques asservis héréditairement par les familles fortunées. Le centre du pays est plus réticent à limiter ses pratiques que certains intellectuels de l'époque jugent barbares, et les agriculteurs et grands exploitants continuent à faire appel aux cavaliers Gautxoak, véritables mercenaires chasseurs d'esclaves, pour effectuer des raids et razzias dans les communautés natives au profit du tissu esclavagiste local. Mais l'industrialisation progressive du pays, en écho à la première industrialisation qui a lieu en Dytolie un demi-siècle plus tôt, pousse les grands propriétaires terriens à privilégier une main d'oeuvre plus technique et moins nombreuse ; on se tourne alors vers un salariat agricole plus efficace et finalement moins coûteux grâce à l'introduction des premières machines pour les plus riches exploitants.

Mais les petits entrepreneurs de l'arrière-pays, qui continuent leur colonisation vers les montagnes en piétinant les communautés indigènes, ne sont pas touchés par l'industrialisation bourgeoise. Cependant, les enjeux évoluent dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle puisque la papauté a fermement condamné les pratiques esclavagistes à maintes reprises et les derniers dignitaires et gérontocrates de l’État républicain quittent leurs fonctions politiques et leur influence sur le régime, laissant aux générations plus jeunes n'ayant pas connu le système colonial et esclavagiste le soin de diriger le pays. La République effectue ainsi un lent virage dans sa politique vis-à-vis de l'esclavage : d'abord hostile de principe depuis le début du siècle, elle devient de plus en plus répressive à l'encontre des derniers maîtres d'esclave de l'arrière-pays, jusqu'à ce qu'en 1869 le Parlement txiléen prononce, sur un projet de loi du gouvernement de l'époque, l'abolition de l'esclavage. Dans les années qui suivent, les dernières exploitations s'appuyant sur l'esclavage sont démantelées sur le territoire métropolitain ; il faudra attendre plusieurs années pour que l'abolition ne soit réellement appliquée dans les territoires coloniaux de la République.

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L’Église catholique latine joue un rôle majeur dans l'évolution de la pensée républicaine au Txile.
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HISTOIRE
La première révolution industrielle, tremplin pour l'économie nationale

1834-1880

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La première révolution industrielle marque le début d'une ère de prospérité depuis l'indépendance.

Si la mécanisation des campagnes txiléennes préfigure l'arrivée de l'industrialisation moderne, c'est bien l'arrivée de la première locomotive à vapeur au Txile en 1834 qui signe le début d'une ère d'industrialisation massive, une première révolution économique pour la République qui doit faire face à une évolution constante dans tous les domaines : démographie, économie, politique et société. D'abord, l'arrivée des moyens mécaniques et industriels au Txile dans le second quart du dix-neuvième siècle font de la République un phare de la liberté parmi les nations dorimariennes, et cela a un impact décisif sur la diaspora euskale à l'étranger qui observe de loin la progression de la jeune République txiléenne au sein d'un continent tourmenté par la dépendance vis-à-vis de la Dytolie. Là où les territoires encore colonisés servent uniquement de réserve à ressources et main d'oeuvre pour les puissances coloniales, le Txile se démarque en entamant son industrialisation.

La première ligne ferroviaire est ainsi installée par des entrepreneurs locaux entre Donostia et Vitorio-Erregea, construite en plusieurs années à grand renfort de financements étatiques divers, la République et le gouvernement de l'époque souhaitant alors afficher la locomotive comme le modèle de réussite « à la dorimarienne ». Mais le phénomène échappe très vite au Lehendakari (président) et aux dignitaires de l’État républicain : les fabriques, qui se multiplient dans le pays notamment en périphérie des grandes villes, demandent toujours plus de ressources minières et agricoles alors même que les champs reculent devant l'avancée conquérante des zones urbanisées et rurales, le Txile connaissant ce phénomène d'expansion urbaine à une vitesse extraordinaire étant donné la superficie exploitable et cultivable de la République qui peine encore à tenir ses propres frontières ; mais le chemin de fer devient un facteur décisif dans l'expansion du cœur national au sein du contexte dorimarien de l'époque.

L'enjeu, pour le Txile est important : le train est le seul moyen de relier, à cette époque, les espaces habités séparés par de grandes distances souvent sauvages ; cet environnement pré-industriel inspirera de nombreuses œuvres culturelles autour de cette « conquête de l'Est ». En plus d'être la principale source de locomotion du pays, la vapeur devient également le moteur de l'économie nationale, s'appuyant sur la mécanisation et l'industrialisation des machines de production : par diverses politiques étatiques, les artisans sont fournis en matériel industriel grâce aux dépenses de la République, qui en retour s'endette auprès des créanciers dytoliens. La rapide croissance économique et industrielle du Txile facilite cette politique d'endettement qui ne représente alors aucun inconvénient dans un contexte global assez favorable à l'expansion d'une économie nationale naissante, après une sortie rapide du système esclavagiste du dix-huitième siècle qui ralentissait de manière générale l'économie locale au profit des rentiers métropolitains.

Le textile et la métallurgie deviennent les premiers produits ciblés par l'industrie txiléenne naissante, mais cette dernière s'appuie sur la vapeur qui elle-même repose sur les importations en charbon qui explosent rapidement dans les années 1840, la production domestique en charbon étant à cette époque quasi-nulle. La Ventélie, la Dorimarie mais surtout la Dytolie deviennent d'importants partenaires commerciaux de l’État républicain, au point que les dytoliens sont omniprésents dans les finances txiléennes à cette époque ; dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle, les États-Fédérés d'Olgarie reprennent le flambeau des puissances coloniales dans la domination financière de la Dorimarie et les olgariens concurrencent les txiléens sur leurs propres marchés. Les brevets industriels, principalement dytoliens, sont rapidement mis de côté par la recherche technique txiléenne qui parvient à contourner le problème et copier les techniques des autres puissances occidentales, notamment dans le domaine de l'industrie. Les premiers navires à vapeur intègrent également les forces navales de la République, qui tient à l'époque de nombreux territoires ultramarins.

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La locomotive devient, au dix-neuvième siècle, l'épine dorsale du développement d'un territoire immense.
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GÉOGRAPHIE
Chefs-lieux, grandes villes et communes notables

Dernière mise-à-jour : 26/10/40

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Le centre-ville de Donostia, conservé et moderne, ne laisse pas deviner l'immensité de sa périphérie.
[+] RÉSEAU URBAIN TXILÉEN
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Troisième plus grand pays du monde avec une superficie brute de plus d'un million et demi de kilomètres carrés, les Provinces-Unies du Txile ont une genèse urbaine coloniale complexe, propre à un territoire immense aux ressources pléthoriques, le tout combiné à des volontés politiques et économiques certaines qui ont provoqué une explosion du phénomène d'urbanisation très tôt dans l'histoire du Txile, en en faisait un des territoires aux villes les plus étendues du monde - sans pour autant bénéficier de populations urbanisées aussi importantes et concentrées que le Teikoku ou le Makengo. Avec une population de plus de trois millions d'habitants, la capitale nationale Donostia est également la ville la plus peuplée ; bien que sa population intra-muros soit faible, sa périphérie étendue, qui englobe une bonne partie du territoire de la province de l'Axberiko et de l'extrémité nord de la province de la Pomaroak Behera comprend pas moins de cinq millions de txiléens.

Un faible poids démographique par rapport à la population totale du Txile, qui est de trente-deux millions d'habitants en 2040 ; les capitales et chefs-lieux provinciaux ne concentrent eux aussi pas énormément de txiléens. La grande particularité de la démographie txiléenne est son étalement significatif : la population est en réalité très rurale et l'environnement urbain est donc très étendu et diffus. Le phénomène d'agglomération urbaine est donc très difficile à observer au sein du territoire des différentes provinces, bien que la tendance soit à l'urbanisation progressive des cités côtières, notamment sous l'action des réseaux de communication. L'escarpement important du relief côtier txiléen rend cependant tout aussi difficile l'apparition de nouvelles zones urbaines en bord de mer. Le réseau urbain national s'appuie donc essentiellement sur ses vieilles villes en constante évolution ces dernières années. Les inégalités entre les villes se multiplient également, avec l'émergence de trois mégalopoles au détriment des autres ensembles urbains.

D'abord, la gargantuesque Donostia qui absorbe une partie de la démographie et de l'économie des provinces voisines au profit de son secteur tertiaire, son économie des finances et sa dynamique urbaine moderniste. Plus grande ville et capitale, Donostia est également une des plus anciennes villes du Txile. Sa présence et son activité nuisent très largement au dynamisme d'Igoera, ville voisine et capitale de la province de Pomaroak Behera, qui tend à être éclipsée par le géant donostian voisin. Plus au nord, Vitorio-Erregea constitue une rivale sérieuse au quasi-monopole urbain de Donostia ; son économie, tournée vers le secteur secondaire, en fait la ville la plus industrielle et ouvrière du Txile. Bien que moins concurrentielle que la capitale fédérale en termes de poids démographique, l'activité économique y est soutenue et s'insère parfaitement avec les activités minières et agricoles des chefs-lieux de l'arrière-pays, Nakissoak et Isabarrau, qui sont complètement éclipsés par leur manque de dynamisme au profit de la capitale de la province de Berri Nafarroa.

Enfin, peinant difficilement à suivre les locomotives Donostia et Vitorio-Erregea, la mégalopole en formation Elgorriaga concentre les industries agro-alimentaires et agricoles du « grand sud » : Elgorriaga produit ce que le port d'Urutzalde exporte, le tout profitant à la capitale de la province d'Ikuñoa qui connaît un élan de dynamisme depuis quelques années suite à la redynamisation de son économie par l'afflux important de travailleurs en 2035 suite aux bombardements de la Guerre des Conteneurs. L'activité minière est également favorable au développement d'une mégalopole urbaine dans la région, malgré les difficultés de cette dernière à concurrencer les locomotives de l'union. Les îles Paskoak demeurent quant à elles très (trop) largement urbanisées, phénomène d'hyperurbanisation que les autorités paskoanes et txiléennes tentent d'endiguer avec un certain succès depuis plusieurs années. Diverses communes sont également à relever : Adouren pour son passé (et présent) belliqueux, Oztañente pour être une façade incontournable du sud du Txile et de l'occupation uhmanéenne, Berri Donibane pour avoir été la première colonie fondée par les explorateurs euskals au seizième siècle...

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Oztañente est une petite commune pittoresque de l'île de Labegaray (extrême-sud du Txile).
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Re: ENCYCLOPÉDIE | Donostiako Liburutegi Nazionala

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HISTOIRE
La seconde révolution industrielle, course en avant et dytolianisme

1880-1950

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Le moteur à combustion constitue une avancée majeure pour le désenclavement géographique au Txile.

Avec l'arrivée de l'électricité dans les grandes institutions techniques des villes côtières, promptes au développement économique rapide et à l'afflux de capitaux et d'intellectuels dytoliens, le Txile connaît une seconde révolution industrielle après la première qui a pris place au milieu du dix-neuvième siècle. Après l'explosion de la consommation de charbon comme principal ressource énergétique, c'est au tour de l'électricité et du pétrole d'entrer en jeu dans le développement des industries chimiques et automobiles à travers le pays. L'ordre économique international, qui est régi par les puissances coloniales dytoliennes, s'impose très largement dans les grandes villes de la République txiléenne avec l'omniprésence de capitaux et de monnaies venant de Dytolie. L'Olgarie septentrionale joue également un rôle mineur dans cet entrisme économique international au Txile : dans les vastes plaines du centre du pays et dans les vallées ouvrières du nord et du centre, nombreux sont les entrepreneurs en recherche d'investissements.

La finance mondiale fait ainsi son bout de chemin au Txile, mais le secteur primaire txiléen occupe encore une place majeure dans l'économie nationale que les investissements étrangers peinent à déloger au profit d'une industrie lourde manifestement embryonnaire au début du vingtième siècle. Les territoires coloniaux de la République ne sont pas en marge : les investisseurs et les entrepreneurs affluent dans l'espoir de profiter de l'absence de concurrence pré-existante et du cadre favorable instauré par les autorités ultramarines pour prospérer en toute impunité. La proximité entre élus mandataires et étrangers fait cependant son bout de chemin dans l'opinion publique, notamment auprès de la classe ouvrière qui, vivant en périphérie des grands ensembles urbains, connaissent des conditions de travail inférieures à ce que les « migrants ruraux » avaient en tant que petits exploitants agricoles de l'arrière-pays, ce qui dissuade une partie de l'exode rural au profit d'un sur-étalement des campagnes txiléennes dans les zones fertiles.

La classe ouvrière s'organise donc rapidement, dès la fin du dix-neuvième siècle, en syndicats et organisations de lutte ouvrière. La contestation fait son chemin mais la progression économique et financière folle du Txile écrase les revendications des syndicalistes, alors que l'étranger dytolien est de plus en plus pointé du doigt par des mouvements souverainistes. Le pétrole, massivement importés depuis la Marquésie, la Dytolie et l'Olgarie, joue un rôle primordial dans l'expansion géographique de la démographie txiléenne : la population, qui se concentre essentiellement autour des grands axes de communication ferroviaire et routier, va pouvoir s'en éloigner le long de nouvelles lignes de communication tracées par les politiques gouvernementales et les financements étrangers. La République poursuit sa politique d'endettement qui, bien que dangereuse, reste sans conséquences pendant plusieurs décennies avec la croissance économique folle du Txile.

La crise économique de la décennie 1900 ne freine pas l'expansion du Txile, les acteurs privés continuant à investir dans les campagnes après l'effondrement du modèle financier industriel des grandes villes. À partir de 1940, tout s'accélère : l'arrivée au pouvoir des nationalistes corporatistes pousse le gouvernement dans une logique d'endettement à outrance, les investissements publics et les grands travaux permettent une pleine mise en oeuvre des techniques de pointe de la seconde révolution industrielle. La main d'oeuvre dite « étrangère », bien que de nationalité txiléenne, prend également une place croissante sur le marché du travail de la première moitié du vingtième siècle : ventéliens des colonies de la République et indigènes de l'arrière-pays montagneux sont marginalisés mais servent de concurrence irrégulière pour les grands exploitants agricoles. Les campagnes profitent également d'une mécanisation toujours plus poussée, au profit d'une industrie céréalière hégémonique sur le continent.

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La capitale txiléenne, Donostia, accueille de nombreux quartiers ouvriers près des premières usines.
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Re: ENCYCLOPÉDIE | Donostiako Liburutegi Nazionala

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HISTOIRE
L'empire kitxua, zénith et déclin de la civilisation indigène

1145-1658

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La victoire du général euskal Amaiur Picasarri achève l'empire kitxua déjà en pleine déliquescence.

Arrivés en Dorimarie occidentale dès le onzième millénaire avant Jésus Christ, les populations indigènes dites « dorimaro-janubiennes » constituent le premier substrat d'habitants du territoire actuel du Txile. Principalement présents dans le nord et l'arrière-pays montagneux, les kitxuak (singulier : kitxua) s'organisent lentement en une société hiérarchique tournée vers le troc et l'agriculture. La diversité des climats présents sur l'actuel territoire txiléen facilite le développement humain local, avec la chaîne montagneuse de l'Andoak qui constitue la colonne vertébrale de la civilisation kitxua naissante. Les tribus se fédèrent en l'an de grâce 1145 sous l'égide du jeune empereur kitxua Mallqui, chef de tribu qui siège au sommet de l'empire kitxua tout juste fondé. La centralisation des moyens et ressources disponibles permet un développement humain et économique rapide, avec des innovations techniques notables : l'agriculture, le troc (absence de valeur fiduciaire, économie directe) et le réseau routier sont des techniques nouvelles utilisées par les kitxuas.

Centralisé autour de la capitale impériale Matxu Pitxu, lieu de légende perdu dans les montagnes de l'Andoak, l'empire indigène se développe essentiellement le long de cette même chaîne montagneuse. Si la conquête n'est pas le but initial du projet fédérateur du premier empereur Mallqui, ses successeurs assurent la stabilité de la monarchie kitxua par des annexions et des guerres, menées essentiellement contre les civilisation andoanes voisines, dont les tribus aymaras présentes dans les frontières de l'actuelle Confédération aguadorienne. En menant des conflits armés et en contrôlant des territoires extra-andoans, les empereurs kitxuas successifs assurent un revenu non-négligeable à leur proto-État tout en maintenant leur position de chef militaire affirmé. Le système sociétal indigène est unique à cette époque : l'empereur, figure centrale quasi-divine, contrôle les pouvoirs régaliens tandis que ses émissaires agissent en fonctionnaires de l'appareil d’État.

L'agriculture est innovante : de nouvelles plantes sont cultivées par les indigènes et les méthodes agricoles évoluent selon une logique de productivité, avec l'artificialisation des cours d'eau d'altitude et leur utilisation à des fins d'irrigation dans les vallées cultivées de l'arrière-pays. En parallèle du développement des cultures communautaires en terrasse, un réseau routier très dense est développé le long des montagnes de l'Andoak ; le défi posé par l'escarpement du relief pose de nombreux problèmes aux ingénieurs kitxuas qui doivent relier les cités impériales les unes aux autres. Ponts et ouvrages d'art sont développés afin d'y répondre, avec le développement de nouvelles techniques de construction inédites sur l'ensemble du continent. Les innovations et techniques de production et de construction de l'empire kitxua seront récupérées quelques siècles plus tard par la civilisation aymara sous l'empire iquiquéen, au quinzième siècle au moment du relâchement de l'autorité impériale.

Après une phase d'expansion et de prospérité dans l'échange, les cités kitxuas se tournent vers une ère d'isolationnisme, marquée par l'autonomisation du jeune empire iquiquéen dès sa fondation en 1423 contre l'avis de la capitale Matxu Pitxu. L'arrivée des dytoliens dans la deuxième moitié du seizième siècle pousse l'empire kitxua à sortir de son mutisme civilisationnel et les tribus s'arment, profitant de la faiblesse de l'empereur pour prendre certaines libertés et piller les premières colonies euskales. Mais la tendance s'inverse dès le début du dix-septième siècle et il faudra attendre la bataille de Beusain (à prononcer Bé-hu-zaïne) en 1658 pour que les forces impériales affaiblies par plusieurs siècles d'indolence ne soient réduites à néant par les troupes coloniales du général euskal Amaiur Picasarri qui contraint les dignitaires restants de l'empire kitxua à signer une paix tellement coûteuse qu'elle provoque l'effondrement de l'ensemble des institutions impériales, le conquérant euskal réclamant des quantités d'or que l'empire ne possédait plus.

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La bataille de Beusain constitue un tournant-clé du conflit indigène, consacrant la victoire txiléenne.
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Re: ENCYCLOPÉDIE | Donostiako Liburutegi Nazionala

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CULTURE
L'Ekialdeko sauvage et la conquête des plaines au cinéma


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Le film d'aventure aux frontières de la civilisation connaît un certain succès depuis le vingtième siècle.

S'appuyant lourdement sur les légendes rurales et l'histoire de la conquête des terres sauvages de l'arrière-pays, le genre cinématographique de l'Ekialdeko (l'« Est » en euskara), du film d'aventure ancré dans le dix-neuvième siècle et la découverte des frontières de la civilisation occidentale en pleine collision avec le chaos laissé par la disparition des civilisations indigènes, est un élément phare de la culture cinématographique récente du Txile. Dès le début du vingtième siècle et la fin de la conquête des plaines orientales par les cavaliers txiléens - les gautxoak -, les premières aventures filmées prennent pour décor ces régions atypiques, caractérisées par un grand dénuement et une anarchie chevaleresque sur laquelle fantasment rapidement nombres de réalisateurs. Si le cinéma d'aventure connaît un certain succès dans les années 1920, il chute très vite dans l'oubli lorsque les préoccupations politiques et internationales viennent écraser l'épanouissement culturel de la République txiléenne des années 1930.

La crise économique des années 1930 aura raison de l'industrie cinématographique nationale, qui ne reverra son indépendance des problématiques politiques qu'à partir des années 1960. La chute du régime fasciste en 1950 et le relâchement progressif de la reprise en main du pays par la junte aristocratique laissera une certaine liberté de création pour les artistes et cinéastes txiléens, qui profiteront d'ailleurs de l'entrain des politiciens de l'époque pour un désarmement des consciences de la République de l'époque - en réalité, il s'agit d'une volonté du régime notabiliaire de détourner la population des problématiques politiques et idéologiques. Le cinéma d'aventure renaît donc très rapidement, avec une reprise des décors et espaces ruraux abandonnés où le niveau de vie et l'ambiance n'ont guère évolués depuis le début du siècle. Les gautxoak, présents en grand nombre dans l'arrière-pays pampaïque, deviennent le fer de lance de l'industrie : figurants authentiques et financièrement abordables, ils constituent la colonne de fer du cinéma du siècle passé.

Si le genre perd en vigueur dans les années 1990 avec une impression générale de répétition des schémas scénaristiques, avec une monopolisation du cinéma d'aventure par les mêmes réalisateurs, parmi lesquels Aristarko Ornate, Teokrito Aldari ou encore Kostantzio Vidatora qui constituent un trio de réalisateurs de renom ayant fait le cinéma d'aventure des années 2000, les nouvelles technologies - numérisation des moyens et financements plus efficaces - permettent une redynamisation du cinéma d'aventure dans les années 2020. Outre le message historique véhiculé - la prise de conscience de la question indigène, la conquête passée du continent dorimarien -, le message politique romancé est également un des axes forts du cinéma d'aventure : le cavalier solitaire, le gautxo, est vu comme une figure de liberté manichéenne, le plus souvent opposé à la tyrannie en tant que représentant de l'ordre ou de valeurs morales supérieures, le tout saupoudré d'une bonne dose de traditions txiléennes rurales.

Le cinéma d'aventure txiléen connaît ainsi un regain d'intérêt dans les années 2020 en raison de l'urbanisation progressive du pays - même si, par rapport au reste du monde, le Txile demeure encore aujourd'hui très rural -, les vachers deviennent une figure de la ruralité fantasmée par l'homme moderne coincé dans sa grande ville. Les conflictualités entre indigènes et occidentaux resurgissent également dans ces œuvres, avec des tentatives plus ou moins réussies de placer les populations kitxuak non pas en agresseur mais en acteur neutre des relations entre dytoliens dans des régions échappant supposément à toute autre forme d'ordre légitime que celui recherché par le protagoniste. D'autres œuvres moins engagés dressent au contraire des archétypes peu flatteurs pour les acteurs de l'époque, avec des rôles caractéristiques : « dorimaro-janubiens », ventéliens et dytoliens sont tous présents au sein du cinéma d'aventure, au sein de groupes s'inspirant grandement des équipées mythiques de l'Est sauvage du dix-neuvième siècle.

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Les gautxoak jouent un rôle crucial dans l'inspiration de ce cinéma d'aventure caractéristique du Txile.
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