RP - Scène de vie au Gandhari

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Plutark38
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Re: RP - Scène de vie au Gandhari

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Sur les sentiers de la guerre (3)


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Jasbir Kejar et Harbir Dilbar s'imaginant arriver triomphants à la réunion de l'Internationale Communiste au Westrait


Le gouvernement gandharien se préparait à la paix mais aussi à l'éventualité d'une poursuite de la guerre par le rejet du traité de paix par le Maharajah. Jasbir Kejar était reçu dans le bureau du président qui devait être tenu informé des prochaines décisions.

Harbir Dilbar: Je suis très satisfait de la manière dont la guerre a été menée. Nos soldats ont fait preuve d'une bravoure exemplaire et désormais je pense qu'on cessera de regarder le Gandhari de haut. Le traité de paix demandé me semble étonnamment indulgent au vu du comportement du Maharadjah mais vous avez sans doute votre propre stratégie j'imagine.

Jasbir Kejar: Annexer le Raja-Tika en partie serait nous tirer une balle dans le pied. Le Maharadjah a tout de même su dresser une haine anticommuniste dans les campagnes. Nos services de renseignements nous indiquent de nombreux massacres de personnes soupçonnées comme étant sympathisantes communistes. Le Gandhari ne peut se permettre de s'approprier des terres rebelles qui mettraient en danger la stabilité du pays. En revanche l'annexion de la bande de Battiganga est une bonne chose. Certes notre production de gaz ne s'envolera pas mais c'est la caution nécessaire pour sortir triomphants de ce conflit. Les pertes que nous avons engendrées dans le conflit seront largement compensées par la paix que nous proposons et qui humiliera à coup sûr les soutiens indirects du Raja Tika tels que le Kaiyuan et les autres membres de l'OCC.
Imaginez, les combats prennent fin le premier mai, jour des travailleurs, aucun civil gandharien n'aura péri, nous aurons infligé une humiliation à nos détracteurs et nous irons au Congrès de l'Internationale Communiste au Westrait en position que tout le monde nous enviera.

Harbir Dilbar: Et ne croyez-vous pas que nos adversaires ont plutôt intérêt à ce que la guerre se poursuive plutôt que de nous voir triompher et parader fièrement en tant que fer de lance du communisme expansionniste ? Si le Raja-Tika signe cette paix le Gandhari aura été bien trop conforté pour nos adversaires et ça ils ne peuvent se le permettre. Le bilan de la guerre serait trop bon et le peuple renforcer son soutien au communisme.

Jasbir Kejar: Nous sommes prêts à poursuivre la guerre mais c'est nous qui menons la danse, nous ne plierons pas aux injonctions de nos adversaires qui prennent d'ailleurs bien soin de se tenir à l'écart du conflit. Nous avons reçu des satellites par le Bykova qui a décidé de contribuer à sa manière au conflit en nous apportant un soutien précieux. Les injonctions de l'OCC ne sont que des aboiements pour nous intimider et tenter de renverser la vapeur. Nous avons ici un avantage diplomatique indéniable et le soutien du Saog qui est inestimable permet d'être pris davantage au sérieux.
Si le Maharadjah refuse la paix, il commettra une erreur immense car nous continuerons à avancer et le prochain traité de paix proposé par nos soins sera plus draconien et moins indulgent. Nous pourrions également réclamer plus de territoires et occuper en permanence des territoires du Raja-Tika pour en exploiter les ressources tout en veillant à contenir la fièvre anticommuniste là-bas. Et à un moment donné nous finirons par conditionner la paix à l'abdication du souverain et imposer un régime calqué sur le notre. Nos diplomates ont donc fortement conseillé au Raja-Tika de coopérer.

Harbir Dilbar: Bien. Si je puis me permettre, je souhaite qu'à l'issue de la guerre on mène une politique de réarmement pour se doter d'une véritable arme de dissuasion.

Un blanc se produisit. Jasbir Kejar regarda le président interloqué.

Jasbir Kejar: Monsieur le président... Vous n'y pensez pas ?! Le Gandhari ne pourra pas lancer un programme de dissuasion nucléaire sans s'attirer encore plus d'hostilité. Si je puis me permettre, je trouve dangereux de se lancer une telle course à l'armement.

Harbir Dilbar: Non, non. Le Gandhari ne se lancera pas dans un programme nucléaire. Cependant je veux que nos armes chimiques soient perfectionnées et que notre armée soit modernisée. Nous devons imposer le respect avec nos forces armées, c'est ce que je voulais dire, pardonnez mon expression maladroite...

Jasbir Kejar: L'armée sera bien évidemment modernisée, nous y veillerons avec la commissaire à la défense nationale Tara Mamrai. Mais sachez que je refuse de doter le Gandhari d'une arme nucléaire tout comme je suis réticent à l'idée de renforcer les armes chimiques.
Au sujet des soldats défunts pendant la guerre, nous créerons un grand mausolée qui célébrera ces sacrifices pour le triomphe de l'honneur du communisme gandharien...

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Message par Plutark38 »

La dépression et le danger mortel


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Une fois n'est pas coutume, c'est Jasbir Kejar qui avait cette fois-ci décidé de solliciter le Président de la République pour une affaire urgente. Lui et Dilbar faisaient une bonne équipe et appréciaient travailler ensemble. Cela faisait déjà neuf mois que les deux étaient aux commandes du Gandhari. La révolution puis la guerre ne leur avaient donné aucun répit et la mort d'Asha Lota les avait fortement affecté. Le voisin du sud devenait de plus en plus inquiétant dans sa folie meurtrière pour se maintenir au pouvoir et visiblement des nouvelles étaient parvenues aux services de renseignements.
Jasbir Kejar entra en trombe dans le bureau présidentiel, sans la moindre considération pour le protocole. De toute façon Harbir Dilbar ne lui en voudrait pas après ce qu'il avait à lui annoncer. Il se trouve en face du président qui le regardait, les yeux écarquillés.


Harbir Dilbar: Mais enfin Jasbir, tu pourrais au moins frapper fortement, envoyer un agent pour t'annoncer ou autre chose... m'enfin tout ce qui t'éviterait d'enfoncer ma porte !

Le Président du Conseil était essoufflé, il tentait de récupérer tant bien que mal, plié en deux, les mains sur ses genoux.

Jasbir Kejar: Je suis désolé monsieur le Président... Je viens d'apprendre quelque chose qui m'a forcé à sauter dans ma voiture pour venir à votre rencontre... C'est grave... Pas le Raja-Tika... L'Anantram...

Harbir Dilbar guida Jasbir Kejar vers un fauteuil et le fit asseoir, il demanda qu'on apporte une bouteille d'eau fraîche.

Harbir Dilbar: Tu n'as pas à te mettre dans cet état-là, quand bien même une affaire est grave. Tu donnes trop de ta personne ces temps-ci, relâche la pression, respire.

Jasbir Kejar: Si seulement je pouvais la relâcher la pression... la guerre qui a du mal à se terminer, la mort d'Asha, le mouvement qui monte contre nous, le blocus qui continue de se maintenir parce que les négociations de paix patinent... Je suis épuisé monsieur Dilbar...

Harbir Dilbar: Oh mince ! cesse ces formalités quand nous sommes seuls dans ce bureau. Dorénavant appelle-moi Harbir et tutoie-moi, assez de ces faux semblants !
Écoute Jasbir, je comprend parfaitement dans quel état de fatigue tu te trouves. La situation actuelle du pays ne permet pas de faire ce que tu avais prévu et j'en suis conscient. Cela fait depuis fin avril que tu es au front, que tu dors 4 heures par nuit, que tu enchaînes les réunions de défense, sans parler de ton rôle de commissaire aux affaires économiques.

Jasbir Kejar: Cette action contre le Raja-Tika est une erreur monumentale... Je n'aurais jamais dû l'accepter... Tout ça c'est suffisant pour que je démissionne...

Harbir Dilbar: Non ! Tu ne démissionneras pas, le pays a besoin de toi ! Peut-être que tu n'étais pas destiné dans tes propres plans à gouverner le pays mais jamais rien n'arrive par hasard. Ce qui t'as valu ta place c'est ta révolte dans les rangs travaillistes pour éviter qu'une partie ne s'en aille avec Parampal Kahlon. Tu t'es révélé ce jour-là comme quelqu'un ayant une grande force de caractère et ta personnalité consensuelle a fait le reste. Malgré les erreurs que nous avons commises tu reste le chef du gouvernement le plus populaire depuis Amandev Jastar, si ce n'est plus. Sous ton passage à la tête du Gandhari le dynamisme économique du pays explose et cela annonce une baisse durable du chômage et de la pauvreté.
Je ne te laisserai pas te décourager, nos ennemis attendant de voir une faille importante pour s'y engouffrer. Le communisme est fragile Jasbir, le Gandhari a accueilli avec joie cette perspective de changement mais si nous échouons nous serons balayés comme Sankar Amrish et le dernier Raja. Mon rôle de président c'est de te pousser à continuer et de vérifier que tu en as les moyens. Avec une majorité fidèle c'est le cas.

Jasbir était touché de l'attitude d'Harbir, il ne s'attendait pas à de tels mots réconfortants.

Jasbir Kejar: Nous avons fait de graves erreurs... De nombreux pays voient en nous une menace et feront tout pour nous faire chuter et ramener le pays entre des mains qu'ils jugent plus acceptables. Corriger ça prendra des années...

Harbir Dilbar: Oh mais tu restera des années parce que tel est ton destin. Tu as l'étoffe d'un dirigeant mais tu n'en as jamais pris conscience. Une fois que cette paix sera acquise, mets fin au statut d'exception, rend tes pouvoirs exceptionnels et fixe les élections territoriales. Si nous faisons un très bon score utilise cet élan pour relancer ton gouvernement. Si notre score est décevant modifie ton équipe et redessine une feuille de route claire et concise. Tu es dans une situation politique favorable, de ce côté-là je ne suis pas inquiet... Mais au niveau personnel en revanche...

Jasbir Kejar: Je suis à deux doigts du burn-out Harbir. L'épuisement est proche, je ne sais plus où donner de la tête, je n'ai plus de vie familiale, quand je prend des décisions je suis toujours seul et même quand je souris devant les caméras ce n'est que du théâtre. La révolution est mal embarquée et je n'ose imaginer les conséquences d'une reprise de la guerre même si notre bonne volonté jouera en notre faveur...

Harbir Dilbar: Vikam fait du très bon travail. Je suis sûr qu'on parviendra à un accord final avec un peu de persévérance. Ce conflit ne signifie plus rien depuis que nous avons donné notre accord pour nous retirer. Cette guerre ne tient plus debout. Nous n'avons pas été à la hauteur, il faut le reconnaître.

Jasbir Kejar: Rien ne s'est passé comme prévu tu veux dire. Personne n'avait anticipé la réaction virulente du Raja-Tika. Nous de notre côté nous avons tenté de jouer, en vain, la stratégie de l'agresseur agressé qui ne tient pas debout une seconde. C'était pire que de l'incompétence ou de la naïveté, c'était de la folie !

Harbir Dilbar: Peut-être. Nous allons sans doute traîner une réputation de gouvernement communiste belliqueux. Et alors ? Plus personne ne viendra nous chercher des noises. Notre armée reste puissante et assez dissuasive. En plus tu as pris la décision de relancer l'industrie des armes de guerre. Notre ouverture diplomatique semble compromise certes mais encore une fois, et alors ? Nous sommes plutôt autosuffisants d'un point de vue alimentaire et un nouveau régime communiste émerge quelque part entre le Kars, le Saog et la Ligue de Lébira. Tout n'est pas si noir ! Tu devrais aller prendre l'air en Ölan tiens, nous avons des liens à forger avec ce pays révolutionnaire victorieux...

Jasbir Kejar: Un décret de reconnaissance sera bientôt publié d'ailleurs, assorti d'une missive diplomatique... Mais de base j'étais venu pour parler de l'Anantram et non pas pour m'épancher sur mon malheur quotidien.

Harbir Dilbar: Je t'écoute.

Jasbir Kejar: Les nouvelles sont très mauvaises. Le Raja a écrasé la révolte qui se levait et les mort se comptent en plusieurs milliers. Les autorités ont, en plus de l'attaque chimique, tué de manière sommaire des opposants présumés qui avaient tous la particularité d'avoir une certaine influence sur les réseaux sociaux. On ne parlera pas de tous les tués par balle dans les manifestations interdites par les autorités. A l'heure actuelle nous sommes à 4321 morts identifiés dans la répression dont un peu plus de la moitié lié à l'attaque au gaz sarin.


Harbir Dilbar: Quelle horreur... Massacrer son propre peuple... Même Amrish n'avait pas osé...


Jasbir Kejar: Il y a plus inquiétant Harbir, et c'est la raison pour laquelle j'ai couru jusqu'ici... Nos services ont retrouvé les traces de Ranbir Nandlah et de Lakshbir Amrish en Anantram. D'après nos informations les milices communistes ont accepté d'engager les troupes paramilitaires du régime Amrish, celles qui sont responsables du massacre de Palanai l'été dernier. Le fils Amrish serait plus intéressé par les élections territoriales pour la région de Channapuram. Seulement nous avons un gros problème concernant Ranbir Nandlah.


Harbir Dilbar: Je vois... Nous sommes maudits...


Jasbir Kejar: Ranbir Nandlah se retrouve à la tête des forces communistes en Anantram grâce au statut de capitaine qu'il occupe dans la guérilla locale en raison de son statut d'ex-compagnon d'Asha Lota. Or ces milices privées, ces mercenaires quoi, ont décidé de lui obéir en raison de son statut dans les guérillas qui sont leurs employeurs mais aussi en raison de sa proximité avec Lakhsbir Amrish. Leur plan est selon moi évident.

Jasbir se leva et prit un stylo indélébile et se mit à écrire sur un tableau en papier pour clarifier sa pensée.

Jasbir Kejar: Donc là tu as l'Anantram, ici c'est la région de Channapuram, future République autonome de Channapuram comme le prévoit la Constitution. Tu constates que les deux entités se touchent et partagent une frontière commune. L'ensemble des deux fait environ 30 millions d'habitants. La guérilla et les milices privées qui disposent de milliers d'hommes et de matériel forment une armée suffisamment puissante pour mettre l'autorité du Raja à mal sur des portions entières de son territoire. Mon hypothèse est donc la suivante: Ranbir Nandlah qui a une ambition démesurée va reprendre à son compte la révolution avortée, utiliser à son avantage le terrain boisé du pays qui permet une guérilla efficace et cherche à renverser le Raja puis le remplacer. De là, Lakshbir Amrish, qui sera à ce moment-là président de la région de Channapuram, et qui partage aussi un ressentiment envers notre régime s'alliera à Nandlah et tentera de faire sécession du Gandhari pour rejoindre l'Anantram. Les milices finiront par se retourner contre les communistes puisque Nandlah n'est pas communiste et les deux dirigeront une entité puissante capable de nous faire du tord. Ranbir Nandlah et Lakshbir Amrish ont mis en place un plan implacable pour se venger et déstabiliser notre pays. J'ai des preuves attestant de la soif de pouvoir de Nandlah qui démontrent sa capacité à faire tout pour s'élever.
Notre pays est en danger Harbir, si Nandlah parvient à réussir son coup, nous nous retrouverons en guerre contre un État fantoche de 30 millions d'habitants dirigé par un fou extrémiste mégalomane qui voudra ensuite notre place...

Les deux hommes échangèrent un regard terrifié...

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Plutark38
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Problèmes en Janubie du sud


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Ces derniers temps, Jasbir Kejar et Harbir Dilbar enchaînaient les entrevues urgentes. Il était ici question du coup d’État en Anantram.

Jasbir Kejar: Ce chien a très bien mené sa petite affaire avec l'appui inestimable du fils Amrish. Je n'arrive pas à croire que les communistes d'Anantram aient été assez idiot pour leur faire confiance. Ranbir Nandlah est un homme très malin, il va jouer sur les horreurs commises par le Raja pour se fabriquer une popularité. Nous ne pouvons pas affirmer que nous reconnaissons ce gouvernement. Nous devons exiger des élections libres pour contraindre Nandlah à rendre son tablier.

Harbir Dilbar: Ce pays est tellement si peu important que ce qu'il s'y passe importe peu le monde entier. Mais crois-moi, si nous y mettons les pieds on va subitement se souvenir qu'il existe et nous condamner. Assez d'interventionnisme cette année ! Je pense qu'on doit agir en sous-main car Nandlah n'est pas un interlocuteur pour nous. Ce qu'il veut c'est notre place et instaurer un super Etat janubien à son image, autoritaire et militariste.

Jasbir Kejar: L'opinion publique anantramie est plutôt influençable et il se trouve que j'ai en ma possession des preuves pour discréditer Ranbir Nandlah.

Jasbir Kejar sortit de sa veste une feuille soigneusement pliée.

Harbir Dilbar: Fais-moi voir ça !

Le Président du Conseil donna la feuille au Président et sortit de sa veste une liste de contacts.

Jasbir Kejar: Nous avons des choses compromettantes sur lui, suffisamment pour le mettre en difficulté et l'empêcher de s'installer solidement à la tête de l'Anantram. Les anantramis sont encore sceptiques, nous devons jouer dessus et faire monter le doute. On transmettra les infos aux journalistes au compte goutte. Il faut étaler les révélations dans le temps pour mieux l'atteindre. La presse là-bas n'est plus sous le coup de la censure de la maison royale, il faut en profiter.
En parallèle le Gandhari va hausser le ton pour réclamer des élections libres et la libération des prisonniers politiques, ainsi que des communistes, sans quoi nous prendrons des sanctions économiques. Mais aucune action militaire, nous devons faire profil bas.

Harbir Dilbar: Oh ! Il allait aux putes ?! Pauvre Asha, au moins elle ne le saura jamais... Oh ? hein ? pardon ! Tu disais ? Ah oui, pas d'intervention militaire. Et puis de toute façon le référendum devrait se tenir, on a dépassé le million de signatures...

Jasbir Kejar: Tara y est opposée, elle menace de démissionner.

Harbir leva les yeux au ciel.

Harbir Dilbar: Eh ben bon vent... Elle devrait se remettre en cause celle-là. C'est elle qui a poussé pour chercher des noises au Raja-Tika. Bon après ceci dit on a été plutôt amateurs sur ce coup-là en lui faisant confiance...
On attend toujours sa conférence de presse pour faire le bilan des pertes d'ailleurs. Elle se cache ?

Jasbir Kejar: Son départ serait plutôt une bonne chose. Elle a à son actif l'opération raté de Dytolie puis la guerre au Raja-Tika, même si pour la première, Asha ne l'avait pas informée. Crois-moi il faut passer à autre chose et je vais nommer Kachela.

Harbir Dilbar: Un bon choix mais certainement pas le meilleur pour envoyer un message de paix.

Les deux hommes éclatèrent de rire.

Jasbir Kejar: Un homme de poigne qui sera sans pitié si le Raja-Tika ose reprendre les hostilités. Je l'ai rencontré ce matin pour l'informer de la situation au commissariat à la défense nationale. Il a accepté mon offre. Tara n'est pas au courant mais je vais la pousser à démissionner. Il sera nommé dans la foulée. Ensuite, si les rajakiens traversent la frontière pour réclamer des sous, ils seront bien accueillis car les menaces proférées par le ministre rajakien des Affaires Étrangères sont un motif suffisant pour militariser la frontière pour nous protéger.

Harbir Dilbar: C'est évident mais on dira que le Gandhari ne tient pas sa promesse de zone tampon démilitarisée.

Jasbir Kejar: Eh bien dans ce cas-là que tout le monde aille se faire foutre. Agresseur ou pas au début, le Gandhari défendra sa souveraineté et ne paiera jamais le Raja-Tika. S'ils sont encore là c'est bien parce que l'OCC est intervenue sinon ce pays serait une république à l'heure qu'il est ! Nous serons réglos sur le respect de la souveraineté du Raja-Tika mais on ne se privera jamais de moyens de défense.

Harbir Dilbar: Et le plan de défense, il en est où ?

Jasbir Kejar: La Manufacture Populaire d'Armement du Gandhari va bientôt se mettre au travail et est en train d'élaborer des équipements modernisés. Avant la fin de l'année les industries militaires tourneront à plein régime.

Harbir Dilbar: Bien maintenant passons au chiffrage des dommages infligés par le blocus de l'OCC...

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Plutark38
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Message par Plutark38 »

Rencontre


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Jasbir Kejar recevait Parampal Kahlon, nouveau Président du Conseil Suprême. Les deux hommes se détestaient autrefois cordialement mais après leur intervention commune pour empêcher un Coup d’État de l'armée, leur relation s'était apaisée. Chacun des deux hommes incarnait une vision radicalement opposée du Gandhari. Désormais tout deux personnages éminent de l’État, il fallait coopérer sans quoi le pays serait ralenti dans sa capacité à se trasnformer.

Jasbir Kejar: Mes félicitations pour votre élection à la tête de la chambre haute. Pour tout vous dire je suis heureux que ce soit vous, car avec vous on peut discuter. J'espère que nous pourrons entretenir un dialogue fructueux.

Parampal Kahlon: Merci bien. Pour parler vrai aussi, je ne compte pas vous faire de cadeaux mais en même temps je souhaite que le pays reste stable. Si la droite conservatrice a une approche nettement plus révolutionnaire pour vous chasser du pouvoir, chez moi ça passe par les élections. Vous comme moi, nous savons très bien qu'en 2043 ça se jouera entre nous deux. Nous savons aussi que le Gandhari se dit communiste avec son drapeau et ses institutions mais tout est en trompe l’œil. Le Gandhari est resté la démocratie bourgeoise que les communistes voulaient abattre, bien que je ne me revendique pas comme défenseur de la classe bourgeoise. Le PSTUG a échoué à s'imposer comme une force écrasante, c'est un coup d'arrêt à l'avancée communiste dans ce pays. Nous ne sommes qu'à deux points d'écart, vous êtes en sursis. Ces vérités ne sont certes pas bonnes à entendre pour vous mais tel est le constat de la situation.

Jasbir Kejar: Vous avez raison, le Gandhari n'est dominé par aucune force politique écrasante. Les communistes pèsent juste un peu plus que les libéraux, néanmoins les règles sont les règles, celui qui arrive en tête aux législatives est celui qui gouverne. Je trouve assez présomptueux de venir claironner la défaite des communistes parce qu'ils ont fait moins de 30%. Nous gagnons près de 2 millions d'électeurs par rapport à l'année dernière. Si nous devons perdre en 2043 nous perdrons, mais nous resterons une force d'opposition incontournable et capable de mobiliser les citoyens dans la rue pour faire reculer le gouvernement sur des mesures antisociales. Ne croyez pas que nous entamons notre déclin, au contraire. Le Gandhari est une démocratie socialiste dans le sens où c'est la base qui gouverne et non pas la tête. Si le peuple décide demain de lancer une procédure de destitution contre le gouvernement il le fait. Le peuple peut abroger les lois qu'il veut, modifier la constitution, décider de retourner aux urnes en destituant le gouvernement, citez-moi un seul pays au monde qui offre autant de libertés ? Nous sommes probablement la démocratie la plus pure et la plus saine du monde car le pluralisme politique a été préservé et est vivace. Alors le fait de voir les citoyens s'exprimer, débattre, avoir une opinion différente du gouvernement me semble un signal important de vitalité démocratique. A mon sens rien n'est gravé dans le marbre, les communistes peuvent perdre en 2043 mais ils pourront revenir en 2047.


Parampal Kahlon: Vous êtes un grand démocrate, ça je ne peux pas vous l'enlever. Pour ma part n'attendez pas de moi que je me comporte en anticommuniste à la ennissoise ou comme Mata Jaghal, cela ne mène à rien d'autant plus que vous êtes arrivés au pouvoir par les urnes. Nous allons devoir travailler ensemble pour trouver des accords acceptables. Évidemment ne comptez pas sur nous pour valider des mesures communistes mais sur divers sujets nous pouvons négocier et tirer un accord équilibré.

Jasbir Kejar: Je vois, vous pensez à la laïcité que quelques députés pressés et indisciplinés de ma majorité ont mis sur la table. A titre personnel je suis favorable à tout ça mais pas avec leur méthode. Il faut y aller pas à pas, et non en imposant ce changement de société de manière brutale et arbitraire sans entendre les opposants.

Parampal Kahlon: Il se trouve que nous avons la même position sur le sujet. Je suis attaché à l'égalité entre les hommes et les femmes, à la fin des castes mais opposé à l'idée qu'une laïcité s'impose brutalement. Je savais que nous avions des positions communes et je vous fait la faveur de vous aider à vous sortir de ce bourbier.

Jasbir Kejar: Je ne marchande aucune faveur, sachez-le.

Parampal Kahlon: Oh, je ne comptais pas vous vendre une faveur, c'était une façon de parler, mais passons. Nous avons un terrain d'entente sur l'égalité femme-homme et la fin des castes, je propose que nous partions dessus. Les libéraux soutiendront un tel projet.

Jasbir Kejar: Je ne comprend pas, pourquoi aller dans mon sens et non dans celui de Mata Jaghal, votre alliée ?

Parampal Kahlon: Pour la simple et bonne raison que la droite a l'intention de participer à une conjuration impliquant le fils Amrish et l'Anantram pour vous chasser du pouvoir et compromettre l'unité du Gandhari, ne croyez pas que je suis aveugle à tout ce qu'il se passe.

Jasbir Kejar resta abasourdi.

Parampal Kahlon: Comment je le sais ? Eh bien j'ai vu des preuves formelles, des messages indiquant clairement les intentions de ces gens. Mata Jaghal est naïve, Lakshbir Amrish a utilisé sa personnalité explosive pour se faire élire président de la région de Channapuram, frontalière avec l'Anantram. Le projet de Lakshbir Amrish et de Ranbir Nandlah est à terme de former un nouvel État défini comme "libre du communisme", mais dans les faits c'est pour assouvir leurs intérêts personnels et leur soif de pouvoir. Nous avons sauvé ensemble le Gandhari du chaos une première fois, mettons de côté nos divergences politiques et agissons pour éviter une catastrophe. Une fois cela évité la politique reprendra ses droits et nous pourrons gentiment nous faire concurrence en 2043 pour gouverner le pays. Ni vous ni moi ne voulons d'un pays brisé à gouverner alors unissons-nous pour déjouer ce complot. Et ça commence par écarter ce dangereux débat sur la laïcité en optant pour une solution du moindre mal.

Jasbir Kejar: Si vous me permettez je vais nous servir un whisky lorthonien, j'ai besoin de digérer ce que je viens d'entendre.

Parampal Kahlon: Ne vous gênez pas, j'adore ça aussi !

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Message par Plutark38 »

La visite du Gouverneur


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Channapuram, siège de la Fondation Amrish
7 août, 02h26



L'entrevue entre Lakshbir Amrish et Ranbir Nandlah était prévue de longue date. Le nouveau gouverneur d'Anantram avait franchi la frontière en toute discrétion, chose facilitée par la réouverture progressive de la frontière avec le Gandhari depuis la déposition du Raja. Channapuram n'était qu'à une heure de route à peine de la frontière, de quoi faciliter les échanges avec son plus proche allié. Personne ne savait que le gouverneur d'Anantram venait de poser le pied sur le sol gandharien. Ranbir avait une impression de toute-puissance et la sensation de faire ce qui lui plaisait sans qu'on le contrarie.
Le gouverneur, discret descendit de la voiture dans la nuit et se dirigea vers le bâtiment imposant dans lequel il devait rencontrer le fils du président déchu.
Lorsque le gouverneur se présenta, on le conduisit directement à la réception privée organisée par le nouveau président de la région de Palanai.



Lakshbir Amrish: Bienvenue au Gandhari, gouverneur !

Ranbir Nandlah: Je suis chez moi ici, le Gandhari ça reste ma patrie, accessoirement. Très bien ton convoi discret, personne ne m'a repéré. Je vais donc pouvoir venir m'inviter dans vos petites sauteries pour vous aider à comploter pour faire tomber ce régime et nous venger de tout ce petit monde.

Lakshbir Amrish: Nous allons devoir redoubler de vigilance et d'ingéniosité, Kejar est au courant de nos agissements et attend le bon moment pour nous tomber dessus.

Ranbir Nandlah: Sauf que c'est nous qui allons lui tomber dessus, je veux qu'on frappe un grand coup pour rappeler qu'il existe un moyen de purger le Gandhari de sa classe politique. Je ne veux pas viser que les communistes, il faut voir plus large.

Lakshbir Amrish: Hum... les Libéraux ? C'est vrai que dernièrement ils se rapprochent des communistes sur les questions sociétales et...

Ranbir Nandlah: Exactement ! Le soutien de Parampal Kahlon à Jasbir Kejar cache quelque chose, c'est trop gros pour être avalé. Tu crois que Kahlon a pu en apprendre sur nous à force de côtoyer l'autre folle de Jaghal ?

Lakshbir Amrish: J'allais y venir quand tu m'as coupé. On ne peut pas exclure que Jaghal ait fait preuve de négligence et ait permis à Kahlon d'accéder à des infos secrètes et sensibles...

Ranbir Nandlah: Je vois...

Le Gouverneur se servit un verre de vin santognais, le goûta et fit une grimace d'approbation.

Ranbir Nandlah: J'adore ce vin !

Lakshbir Amrish s'assit en face du gouverneur d'Anantram et se servit également du vin. Un silence enveloppa la salle avant que Ranbir Nandlah ne frappe du poing sur la table.

Ranbir Nandlah: Nous allons l'assassiner, je le veux mort ! Je veux que Kahlon crève et qu'on sème la peur dans ce putain de parti et même dans tout le pays. Allié à Kejar il est trop dangereux, c'est lui qui a empêché un Coup d’État militaire. Sans lui le régime perdra une figure stabilisatrice. Nous devons semer progressivement le chaos et en profiter pour prendre la place des rouges. Si nous réussissons à unir Gandhari et Anantram sous une même bannière, nous serons l'une des premières puissances au monde. Imagine, la Confédération de Gandhari-et-Anantram, douzième ou treizième puissance économique mondiale. Dans quelques années nous serons un acteur international incontournable, nous serons les géants de Janubie et nous supplanterons largement l'Eashatri. Purgé du communisme, nous deviendrons aussi une grande puissance capable de rivaliser et d'imposer notre volonté. La CGA pourra prendre sa revanche sur le Raja-Tika et l'OCC et étendre sa sphère d'influence. Ce discours revanchiste aura son petit effet, crois-moi.

Lakshbir Amrish: La Confédération de Gandhari-et-Anantram... Même mon père n'imaginait pas ça dans ses rêves les plus fous... Mais assassiner Kahlon est un préalable pour la poursuite de notre action. Trop de gandhariens le suivrait, il incarne le rôle de gardien de la république gandharienne dans l'esprit des gens. Et pour tout te dire je veux aussi le voir mort, c'est lui qui a remplacé mon père de manière illégitime. Supprimer Kahlon aura l'avantage de priver le régime d'un allié précieux mais aussi d'assouvir mon désir de vengeance. Nous allons le tuer sans tarder.

Ranbir Nandlah: Nous devons agir de manière spectaculaire, pas seulement le dégommer. Je veux un truc spectaculaire, qui va semer l'effroi, la terreur, quelque chose d'explosif qui mettra le régime en grave difficulté.

Lakshbir Amrish: A part faire sauter un bâtiment important je vois rien d'autre...

Ranbir Nandlah: Précisément, nous allons faire sauter le Parlement, la Chambre du Peuple mais aussi le Conseil Suprême. J'ai quelques députés fidèles à la Chambre des Peuples qui pourront nous fournir des informations précieuses. Tu sais, ceux qui m'ont suivi dans mon plan initial pour renverser Kejar ? Eh bien grâce à eux on pourra organiser notre opération. Quant au Conseil Suprême, nous allons compter sur quelques députés fidèles issus des rangs conservateurs. Jaghal ne sera pas mise au courant, cette gourde ne sait pas garder des infos importantes secrètes. De toute façon elle crèvera probablement dans l'explosion du Parlement.

Lakshbir Amrish: Mode opératoire ? Pose de bombes et exécutions à l'arme de guerre ? Opération simultanée sur les deux chambres ?

Ranbir Nandlah: Oui, grâce à nos amis parlementaires nous allons contourner les procédures de sécurité et introduire armes et explosifs dans l'enceinte des deux chambres. Bien entendu ils ne pourront pas se pointer avec des gros fusils d'assaut mais il faut d'abord faire entrer tout ce qui fait boum et les entreposer dans leur bureaux privés, sous clé de manière à ce que les dames de ménage ne fassent pas de rencontre fortuite avec de la TNT. Et j'insiste là-dessus, RIEN ne doit être laissé au hasard. Ensuite nous allons dépêcher des commandos de nos milices amrishiennes qui vont s'attaquer au différentes entrées du Parlement. Pendant qu'une partie ira prendre en otage les député et liquider quelques uns, d'autres groupes iront poser des bombes. Il me faut des gars déterminés, prêts à sauter avec les bombes, à se sacrifier pour la cause.

Lakshbir Amrish: Je note, je note. Je vais avoir ça sous le coude, un détachement issu de l'ancienne garde présidentielle. De bons gars ceux-là ils s'arracheraient un bras pour t'aider s'il le fallait. Ils ne rechigneront pas à mourir en héros.

Ranbir Nandlah: Ensuite Kahlon je veux que sa mort soit retransmise en direct, une balle dans la nuque ça suffit. Et après BOUM. Le Parlement est décimé et le chaos s'installe. Si nous avions assez de moyens nous pourrions marcher sur le palais du Gurbaghat Taoni mais ce ne sera pas pour cette fois. De nouvelles élections seront inévitablement convoquées et ce sera donc à toi de porter les couleurs de la droite. Kahlon mort, les communistes complètement désarticulés, tu pourras tirer avantage de la situation en tenant un discours militariste en plus d'un anticommunisme très prononcé. Si tu parviens à incarner un personnage rassurant, à te débarrasser de l'hystérie de l'autre folle, tu réalisera un score important, capable sans doute de te faire gagner. Une bonne part de l'électorat libéral reviendra à droite, c'est ce qui te laisse espérer des chances de gagner.

Lakshbir Amrish: Ne crois-tu pas qu'on fera le lien entre les milice et moi ? Comment pourrais-je avoir la moindre chance dans ce contexte.

Ranbir Nandlah: Tout simplement en faisant porter à ces hommes un uniforme de l'ancienne guérilla communiste. Nous allons simuler un coup de sang des communistes radicaux qui accusent Kejar de s'embourgeoiser, nous allons créer les vraies conditions d'un péril rouge, celui que tout le monde craint. Tout sera faux, le port d'uniformes communistes, la revendication. L'assassinat de Kahlon sera justifié par le fait qu'il dévie les communistes de la voie du communisme. Tout est prêt, je n'ai pas chômé dans mon palais de Raja figure-toi.

Lakshbir Amrish: L'opération tu la vois pour quelle période ?

Ranbir Nandlah: Avant la fin de l'année 2040. Au 31 décembre 2040 le régime communiste sera réduit en cendres.

Les deux hommes rirent et trinquèrent avant de boire leur bon vin santognais.

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Plutark38
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Re: RP - Scène de vie au Gandhari

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"Bon voyage monsieur Panjuttha"


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Le général Jasnam Panjuttha, fervent communiste et spécialiste en lutte clandestine



Le général était escorté dans un taxi en direction du Palais du Gurbaghat Taoni. Depuis que les communistes avaient pris les pleins pouvoirs suites aux élections anticipées, l'armée entrait de plus en plus dans les salons de la République des Conseils. Le Général Kachela venait de retrouver son poste de Chef d'Etat-Major qu'il cumulait avec son poste de Commissaire du Peuple à la Défense Nationale. Jasbir Kejar venait d'entériner la mise en place d'une régime communiste militarisé pour contrer les dangers qui menaçaient le communisme gandharien.
Le Général Panjuttha avait combattu dans la clandestinité lors de l'époque d'Amrish et il était alors chef d'une division située dans le sud du pays. Son expérience de la guérilla et des techniques de combat lui avait valu une forte ascension depuis l'arrivée des communistes au pouvoir et la montée en grâce du Général Kachela.
Tandis que le paysage urbain de Bunaghar défilait à ses fenêtres, Panjuttha se demandait pourquoi le Président du Conseil l'avait convoqué. Les services du palais avaient refusé de lui en dire plus, probablement parce que les enjeux étaient cruciaux.
Perdu dans ses pensées, le général fut surpris lorsqu'on l'invita à descendre de la voiture pour rejoindre le palais. Il fut escorté vers les bureaux du Président du Conseil des Commissaires.
Lorsque les portes s'ouvrirent, Jasbir Kejar l'attendait face à lui, assis à son bureau. Le général se mit au garde à vous et répondit à l'invitation du chef du gouvernement qui lui pressa de s'asseoir.


Jasbir Kejar: Monsieur Panjuttha. Je suis ravi que vous ayez répondu à mon invitation à venir me rencontrer. Si je vous convie ici c'est pour une chose bien précise: l'Anantram.

Jasnam Panjuttha: Je vous écoute monsieur le Président du Conseil.

Jasbir Kejar: Le Gandhari n'envahira pas l'Anantram de manière frontale, nous aurons trop à y perdre sur le plan international. Vous savez comme moi que tout ce que nous faisons est tout de suite interprété de manière négative, de façon à nous faire passer pour des sauvages et des barbares. Je ne veux pas que l'erreur du Raja-Tika se reproduise et nous allons donc agir de manière plus intelligente. Je connais vos compétences en combat clandestin et elles seront précieuses dans la mission que je compte vous confier.

Jasnam Panjuttha: Vous me voyez honoré, je suis flatté de voir que vous comptez mettre mes compétences à contribution pour la grandeur du Gandhari.

Jasbir Kejar: Ici il ne sera pas vraiment question de grandeur mais plutôt d'activités clandestines et de guérilla. Monsieur Panjuttha, je souhaite que vous alliez à la rencontre des forces de l'AKK en Anantram, ou plutôt ce qu'il en reste. Ranbir Nandlah a en effet fait emprisonner un bon nombre de communistes qui l'ont pourtant aidé à prendre le pouvoir mais nous savons qu'il y a encore des vestiges et de l'activité. Mon but est simple: nous allons mettre sur pied une résistance en fournissant tous les moyens nécessaires pour faire vaciller ce pouvoir infâme et terroriste. Votre rôle sera d'aller trouver les leaders subsistants, de leur proposer l'aide du Gandhari qui fournira des hommes et des armes. Les insignes du Gandhari ne seront pas portés car officiellement nous n'intervenons pas. Il faudra former la population au combat, détruire les relais du pouvoirs de Nandlah au niveau local pour l'affaiblir et le pousser vers la sortie. L'objectif final étant de l'arrêter et de le faire juger pour haute trahison. Ensuite si la guérilla l'emporte elle sera libre d'instaurer un régime communiste, le Gandhari fermera les yeux si les élections promises ne se déroulent pas tout de suite.

Jasnam Panjuttha: Je pars quand monsieur le Président du Conseil ?

Jasbir Kejar: Dès maintenant. Vos affaires sont prêtes, votre femme a été prévenue et un commando a été mis à votre disposition pour cette expédition en territoire anantrami. Bon voyage monsieur Panjuttah.

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Plutark38
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Prévoir l'avenir
Bunaghar - 16 avril 2028


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Sankar Amrish dans les années 2020



Le Président était dans son bureau en train de regarder les résultats des secondes élections législatives depuis son arrivée au pouvoir il y avait tout juste quatre ans. Son Premier ministre Akalbir Malhi jouait gros et s'était vu assigné un objectif électoral pour conserver son poste. 45%. Sankar Amrish voulait que son Premier ministre réunisse au moins 45% des suffrages et une majorité absolue pour rester. Ce Premier ministre, le seul et unique qu'il avait nommé depuis son élection en 2024 avait grandement servi à asseoir l'image d'un président réformateur, populaire et conservateur. Malhi arrivait en bout de piste, il fallait faire en sorte de le pousser vers la sortie.
On frappa à la porte du bureau présidentiel.


-Monsieur le Président, Akalbir Malhi à l'appareil.

-Transférez l'appel.

Quelques secondes plus tard, la voix du Premier ministre s'éleva de l'autre côté du fil.

-Monsieur, le Parti Agraire-Conservateur est crédité de 48,5% des suffrages. Le Parti Travailliste ne dépasse pas 23,5% mais les Communistes font une percée et dépassent les 10% pour la première fois depuis une vingtaine d'année. Ils seront donc au Parlement. Votre majorité est renforcée et vous pourrez aisément gouverner.

-Félicitations à vous monsieur Malhi, ces résultats récompensent aussi votre travail. Cependant ces résultats concernant les communistes me font peur, il va falloir trouver un moyen de les brider et d'éviter qu'ils ne s'expriment à tort et à travers. Cela pourrait nous porter préjudice. Vous devrez vous arranger avec le ministre de l'Intérieur pour faire taire le PCG, je ne veux pas d'une telle épine dans le pied. Quant à vous, sachez que vous êtes reconduit et que je ne réclamerais pas la démission du gouvernement. Bonne soirée monsieur le Premier ministre.

Quoiqu'il ait entendu de sa bouche, Malhi avait bel et bien échoué car il était inacceptable qu'un parti viscéralement opposé au pouvoir et coutumier de l'apologie des actions violentes puisse prospérer. Les premiers dangers pour son pouvoir commençaient à apparaître. Il fallait anticiper tout de suite.
Sankar Amrish ouvrit un tiroir et en sortit un carnet. Il composa un numéro de téléphone.


-Monsieur Panjuttha ? Lieutenant-colonel Jasnam Panjuttah ? Je vous rappelle suite à vos offres concernant les milices privées que votre société déguisée offre.

-Monsieur le Président de la République ?

-Oui, je vous appelle pour souscrire à une offre que vous nous avez proposé à moi et au ministre de l'Intérieur la dernière fois. Vous savez, le contrat qui concerne 50 000 hommes pour cinq ans avec clause libératoire une fois la moitié du contrat écoulé ? Eh bien sachez que nous allons souscrire. Et sur mes fonds propres.

L'interlocuteur sembla déstabilisé par la demande du président.

-Sur vos fonds propres ? Vous engagez ces milices à votre propre compte ? Pas à celui de l’État ?

-Écoutez Jasnam Panjuttah, je préfère débourser une fortune pour avoir une armée de fidèles plutôt que de risquer un scandale financier et mettre des soldats au service de l'Etat qui pourraient ne plus être sous mes ordres si tel ou tel événement venait à m'éjecter du pouvoir. Je veux des hommes disciplinés qui feront vivre mon régime et mes idéaux au-delà de ma propre présidence si nécessaire. Je demande donc une allonge à vingt ans avec clause libératoire au bout de 10. Je débourserais ce qu'il faut pour avoir des hommes fidèles à ma cause jusqu'en 2048.

-Nous allons vous faire parvenir un devis monsieur le Président et dès qu'il sera signé 30 000 hommes seront mis à votre disposition. Vous aurez une véritable armée privée acquise à votre cause. Cela risque de se chiffrer à plusieurs centaines de millions, sachez-le. Et aussi sachez qu'un contingent sera bloqué pendant au moins dix ans et sera stationné en Anantram pour parer à toute chute du régime, éventuellement. Ce contingent comportera 20 000 hommes mobilisables sur simple demande et présentation du contrat. Vous êtes la première offre de taille que notre société reçoit.

-Eh bien soyez-en heureux !

Amrish raccrocha brusquement, posa ses pieds sur son bureau et s'alluma un cigare. Prévoir l'avenir était la clé, ce précepte l'avait toujours guidé en politique. Son régime tiendrait, et même s'il était ébranlé, il finirait par se rétablir. Avec 30 000 hommes il pourrait mettre sur pied une milice privée au service du pouvoir qui traquerait les opposants. Avec les 20 000 restants il pourrait s'assurer du renfort dès 2038...

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Vétéran de la guerre civile


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Samuel Henderson, westréen, survivant de la Quinzième Colonne et Colonel du 101ème régiment de la Légion Révolutionnaire du Gandhari


La Légion Révolutionnaire du Gandhari est une division d'élite de l'armée de terre gandharienne. Créée après la Révolution de 2039, son rôle est de défendre les valeurs révolutionnaires victorieuses après la chute du régime conservateur.
Le succès de la révolution gandharienne a bien évidemment suscité un regain d'intérêt pour les méthodes de lutte au Westrait et c'est tout naturellement que des militaires expérimentés westréens ont été appelés pour éduquer la hiérarchie militaire gandharienne qui n'est pas préparée aux méthodes de lutte non conventionnelles.
Assez neutre lors du régime de Sankar Amrish, l'armée gandharienne ne faisait que son travail et ne montrait aucune hostilité au régime dans la mesure où le président n'appuyait pas son pouvoir sur les militaires mais sur son armée privée financée à ses frais.
Il est donc évident que l'armée gandharienne s'est vite retrouvée démunie lorsqu'il a fallu faire face à des méthodes de guérilla de la part des restes de l'armée privée du président Amrish.
Le Colonel Samuel Henderson, alors simple engagé dans les colonnes volantes de l'armée de libération du Westrait, a décidé de faire profiter de son expertise de la guérilla à l'armée gandharienne. Son statut de survivant de la "Fifteenth Flying Column" qui a joué un rôle important dans l'issue de la guerre civile lui a donné une aura plus que respectable dans l'ensemble des pays socialistes du monde. Fossile vivant d'une sorte de mythe victorieux, le Colonel Henderson ne plaisante pourtant pas avec ça et a entrepris de former des divisions entières de soldats rompus à l'art de la guérilla.
La situation récente qui a permis de voir une réémergence de la menace conservatrice viscéralement anticommuniste a tourné tous les regards vers cet agent militaire westréen engagé dans l'armée gandharienne.
Lorsqu'on lui demande pourquoi il s'est engagé au Gandhari, il répond qu'il a envie d'achever ce qu'il a commencé étant jeune.

"Mes années de lutte lors de la guerre civile westréenne m'ont insufflé un goût pour le combat contre des idéologies mortifères. En venant ici au Gandhari participer au combat contre ces forces indésirables, je rend aussi hommage à mes camarades tombés au combat qui n'ont pas vu notre camp triompher. Former des militaires rompus à la guérilla me permet de combler une lacune importante de l'armée gandharienne et c'est une contribution qui me tient à coeur. La révolution gandharienne est soeur de la révolution westréenne. Nos combats sont les mêmes."

L'emploi d'agent westréens n'est pas tellement quelque chose d'exceptionnel au Gandhari car on notera que le directeur des services de renseignement de la présidence du conseil, Dennis Price, est aussi westréen. Le Président du Conseil Jasbir Kejar a eu à coeur de donner une place à ces personnels étrangers qui ont beaucoup à apporter à la révolution gandharienne.
Quant à Samuel Henderson, il se murmure que le conflit en gestation avec l'Anantram qui emploi des tactiques de guérillas via son utilisation de la milice de Sankar Amrish risque de le propulser au premier plan...

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Guerre civile sud-janubienne (1)


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Le village de Konniglongg, à la frontière entre le Channapuristan et le Golladim (Région de Golladur)


Les troupes ennemies avaient débarquées dans le village tôt le matin même du 2 janvier. Les habitants avaient été réveillés par d'insistants bruits de corne de brume et des ordres les incitant à se réunir sur la place du village.
Sous la menace des fusils d'assaut, les pauvres gens se regroupèrent pêle-mêle. Hommes, femmes et enfants furent séparés puis commença l'interminable fouille.
Ceux qui disposaient malencontreusement d'une carte d'adhérent au Parti Socialiste des Travailleurs étaient dirigés sur un côté non sans brutalité. Les autres devaient remettre leurs effets personnels et jurer fidélité au Gouverneur Général sans quoi de lourds ennuis pourraient s'abattre sur eux.
Les enfants étaient remis à un lieutenant autoritaire, visiblement dans le but de les emmener pour grossir les rangs de l'armée d'invasion.
Tandis qu'il ne restait plus que les communistes identifiés sur la place, on le fit aligner par rangée de 10, les mains liées derrière le dos, les yeux bandées.
Après un discours bref d'un militaire leur disant qu'il était toujours temps de se repentir de leurs crimes envers le Gandhari, les bourreaux commencèrent le sale boulot.
PAF, PAF. Les coups claquaient à une fréquence régulière. Les prisonniers sentaient la mort se rapprocher. Ils s'écroulaient un à un sans avoir pu la regarder dans les yeux.
Une fois la basse besogne faite, le village vidé des personnes épargnées et des enfants, Konniglongg fut incendiée et le troupes reprenaient leur marche vers l'ouest.


__________________________

A cinq kilomètres de là, le Colonel Samuel Henderson avait installé un camp provisoire pour intercepter la colonne qui répandait le feu et la mort. L'interception était imminente.

"La colonne ennemie n'a pas encore identifiée notre présence. Je veux qu'on leur rende au centuple les actions qu'ils commettent. Explosifs, balles dans la tête, camouflage, recours aux tireurs d'élites... Nous allons utiliser l'environnement forestier à notre avantage. Vous avez carte blanche pour les massacrer jusqu'au dernier si vous en avez l'occasion et semer la panique chez eux.
Grâce au réseau de grottes du secteur nous allons envoyer quelques escouades les prendre à revers. Ne soyez pas avares en lance-roquettes mais ne les utilisez JAMAIS sans être certains de ne pas mettre en danger vos collègues. Chacun d'entre nous est précieux. Allez on y va !"


Les soldats du 101ème régiment de la Légion Révolutionnaire prirent le rôle attribué à chacun pour briser l'avancée de la colonne ennemie.
Prise de court par un harcèlement inattendu, vif et meurtrier, la colonne battit en retraite en fin de journée, non sans avoir subi de lourdes pertes. Le chemin était désormais ouvert pour aller à la rencontre du 4ème régiment de Channapuram, perdu en plein territoire hostile.
Une belle victoire pour les forces communistes que refusa cependant de célébrer Henderson.


"Rangez vos sourires messieurs, ce n'est que le début !"

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Henderson, réprimandant sévèrement ses hommes sur leur euphorie prématurée

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Le trophée


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Jasbir Kejar se dirigeant vers le palais présidentiel d'un pas pressé


Le Président du Conseil des Commissaires descendit de sa voiture sans même attendre qu'un garde républicain lui ouvre et gagna une entrée latérale du palais présidentiel d'un pas rapide et affirmé. Il venait annoncer quelque chose de majeur au président et l'usage voulait qu'il en soit tenu informé.
Une fois à l'intérieur du palais, le chef du gouvernement gravit les escaliers et se retrouva rapidement dans le corridor qui abritait les portraits des rajas du Gandhari juste avant la porte du bureau présidentiel. Il avait d'ailleurs entendu au sujet des portraits des députés parler de les décroche et les brûler au nom du symbole d'oppression qu'il représentait. Évidemment qu'il ne laisserait pas ce genre de crime culturel se produire, l'histoire reste l'histoire et il était hors de question pour lui de gommer tout ce qu'il s'était passé avant la révolution. Les portes s'ouvrirent au cris du majordome.


-Monsieur le Président, le Camarade Président du Conseil des Commissaires Jasbir Kejar !

Il se mit au garde à vous et sortit.
Fidèle à son habitude, le président Dilbar invita Jasbir Kejar à s'asseoir, lui présenta du thé et des petits gâteaux.


-Assieds-toi Jasbir, je crois savoir que tu as quelque chose de très haute importance à me faire part. C'est de quel ordre ?

-C'est un évènement de taille dans le conflit en cours contre le Gouverneur. Si tu as lu correctement le journal, tu as sans doute vu que Lakshbir Amrish avait disparu depuis début janvier et qu'aucun signe de vie de lui n'avait été détecté.

-Non ?! On l'a ?

-Oui, depuis quinze jours. Il a été arrêté dans une opération secrète menée par le 101ème Régiment de la Légion Révolutionnaire. C'est le Colonel Henderson qui a saisit le bon moment pour le kidnapper et le mettre donc en état d'arrestation. Il est détenu à l'heure actuelle dans une prison à Channapuram et les services pénitenciers attendent officiellement les premières décisions de la justice avec ouverture d'une enquête par le parquet pour haute trahison mais dans les faits c'est à nous de donner le signal étant donné l'importance du prisonnier. Dans mon programme j'avais effectivement promis de rétablir la peine de mort pour haute trahison. Que faisons-nous ? On le défère maintenant mais il risquera juste une peine à perpétuité ou bien on légifère en catastrophe pour restaurer la peine de mort dans ce cadre pour ensuite le présenter à la justice ? Avec tout ce qu'il a fait je souhaite qu'on s'en débarrasse pour de bon, nous avons été trop cléments et regardez le résultat aujourd'hui, le pays est sous haute tension.

-Il faudra décorer ce Colonel Henderson, je remercie les Dieux de nous l'avoir donné... Après, mon avis n'est pas celui qui sera décisif puisque c'est toi qui a le dernier mot mais je suis d'accord avec toi. Asha Lota a été intransigeante en poussant pour faire exécuter le père, il nous revient de faire exécuter le fils pour tous les méfaits qu'il a commis. Ce sera un gage de stabilité pour le Gandhari car en l'éliminant nous allons extraire une sacrée verrue. Arriveras-tu à légiférer à temps ?

-Le projet est rédigé depuis octobre déjà, un conseiller avait anticipé ce genre de situation car depuis l'attentat d'octobre on a tous été convaincu que l'abolition de la peine de mort est venue trop tôt. Nous allons donc légiférer en urgence en prétextant que le Gandhari aura à punir nombre de traîtres et de toute façon je tiens là une promesse de mon programme électoral.

-Ne pas avoir arrêté Lakshbir Amrish pendant la révolution a été une grave erreur. Nous savions pourtant qu'il était destiné à succéder à son père. Quand il s'est volatilisé le gouvernement de transition n'aurait pas dû lâcher l'affaire.

-Parampal Kahlon n'était pas dans une logique de purge et de vengeance. Nous à force d'encaisser cette spirale de violence on a fini par se résigner et quelque part même si ça me choque que nous soyons obligés d'en arriver là, cela ne tombe pas du ciel. Le Gandhari a des ennemis internes dangereux qui sont prêt à instaurer le chaos plutôt que nous voir rester au pouvoir. Heureusement la situation se tasse et nous devrions arriver à reprendre le contrôle d'ici février.

-Je suis heureux de voir que la République d'Anantram progresse, nos troupes engagées font elles aussi du beau boulot.

-Les troupes engagées aux côtés des républicains ne le sont pas officiellement. La communauté internationale ne sait pas qu'elles viennent de nous et quelque part cette discrétion me va. En parallèle nous ne franchiront par la frontière commune entre nos deux pays. Oui nous agissons pour aider la République à triompher mais officiellement nous sommes neutres. Et quand Nandlah sera tombé on le laissera aux Républicains d'Anantram qui décideront de son sort. Ensuite nous entameront une politique commune de rapprochement en restant attentifs sur les échéances électorales qui se profilent.

-A vu d'oeil, qui tient la corde pour d'éventuelles élections ?

-Le social-démocrate Zalim Achaval. Il est loin d'être communiste mais son franc parler n'a jamais été dirigé à notre encontre. Nous ignorons le poids électoral réel des communistes d'Anantram vu leur interdiction mais il est évident que leur influence existe puisque c'est eux qui ont d'abord proclamé la Commune Libre de Kep Janupi et ce sont ensuite des citoyens de tout horizon politique qui ont proclamé la République. Donc non, la République d'Anantram n'est pour l'instant teinté d'aucune couleur politique même s'il est vrai que les premiers à la défendre par les armes ce sont les communistes... et nos troupes engagées. Je suis curieux de voir comment l'AKK va capitaliser sur ce rôle aux futures élections.


Jasbir Kéjar s'empara de sa tasse de thé et d'un petit sablé avant de poursuivre.

-Mais bon, avant on doit pacifier tout ça et on a encore du travail.

-Et les appels d'offre au Vryheid, tu le vois comment ?

-Oh, notre candidature a son originalité mais je pense que la Lorthon Energy va rafler le gros lot. Entre nous, je préfère indéniablement que ce soit eux que ces corporatistes qui sèment des graines d'influence tout autour du globe. Il faudra être vigilant, je n'aime pas leur politique internationale, encore moins depuis qu'ils lorgnent des intérêts dans notre région... Ils ont tué Asha Lota après tout...

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Re: RP - Scène de vie au Gandhari

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Colère au Conseil


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Vikam Kawera pendant la réunion du Conseil des Commissaires


Les Commissaires s'étaient installés à leur place respectives et comme le voulait la coutume imposée par Jasbir Kéjar, la réunion hebdomadaire était présidée à tour de rôle. Ce fonctionnement voulu par le Président du Conseil des Commissaires permettait d'impliquer chacun pleinement dans le conseil et rompait avec l'idée qui voulait que le chef du gouvernement soit celui qui guide absolument toutes les réunions. Dans le cadre des réunions, Jasbir Kéjar intervenait bien plus en tant que Commissaire aux Affaires Économiques et faisait en sorte que chacun donne son avis, même en-dehors de ses prérogatives. Le Conseil étant collégial, les décisions étaient prises à la majorité. Bien que les divergences d'opinion étaient rares, il pouvait arriver que des petites frictions heureusement sans incidence se produise. Aujourd'hui, c'était Vikam Kawera qui présidait tandis que Jasbir Kéjar avait pris place en face de lui. Il était étrangement silencieux.

Vikam Kawera:
Commissaire du Peuple aux Affaires Extérieures, Président de séance

Donc comme je le disais à l'instant, les troupes gandhariennes interviendront directement aux-côtés des troupes républicaines pour que la bataille de Taj Amar soit la plus courte possible de manière à minimiser les dommages. Aucune communication ne sera faite car je rappelle que la présence gandharienne en Anantram n'a rien d'officiel et que notre ligne est de ne pas communiquer dessus. Le contrôle de la frontière par les républicains nous permettra de transiter librement en territoire anantrami. Les troupes de la Légion Révolutionnaire de Samuel Henderson procèderont à l'assaut du palais du Gouverneur et essaieront de l'arrêter. Il sera bien évidemment livré aux Républicains d'Anantram qui pourront faire son procès librement. Une fois la République consolidée et installée, nous procéderons à un retrait de nos forces engagées. Validez-vous ceci Commissaire Kachela ?

Mohinderpratap Kachela:
Commissaire du Peuple à la Défense Nationale, Chef d’État-major des armées

Je valide entièrement ce que vous dites Commissaire Kawera. Ce Gouvernorat ne sera plus qu'un souvenir d'ici la fin du mois de février et nos forces poursuivent les efforts de pacification autour de Channapuram. Nous avons évité le pire et nous le devons à nos troupes et particulièrement à Samuel Henderson qui a fait des merveilles sur le terrain. Je propose de le décorer Général de la Légion Révolutionnaire.

Les commissaires votèrent à main levée la proposition de Kachela et elle fut adoptée à l'unanimité.

Vikam Kawera:
Commissaire du Peuple aux Affaires Extérieures, Président de séance

Bien sujet suivant !
On va discuter de l'attitude ennissoise et de l'arrivée confirmée de 7000 hommes, des bâtiments navals et des aéronefs. Le Camarade-Président Kéjar avait déploré cette décision dans un communiqué qui n'a a eu strictement aucun effet. Les déclarations en l'emporte-pièce de l'Amiral contre les nations socialistes se multiplient. Peut-être devrions-nous faire le dos rond pour une fois en espérant que cela se tasse.

Vidia Tatli:
Commissaire du Peuple à la Justice

A mon sens nous devons laisser couler, il voit bien que le Gandhari ne va pas s'amuser à menacer l'Ennis. Il essaie de provoquer une éruption de notre part. Ne lui donnons pas.

Amandev Sihira:
Commissaire du Peuple à l'Agriculture

Je rappelle que le Gandhari est un fournisseur important de l'Ennis en denrées agricoles. Nous devons absolument préserver ce marché pour le bien de nos coopératives.

Bhavana Amat:
Commissaire du Peuple à l’Éducation et à la Recherche

Les échanges technologiques et culturels entre nos deux pays sont profitables à nos universités qui accueillent des étudiants ennissois depuis la rentrée de février 2040. Nous devons faire en sorte de prolonger ce partenariat et privilégier cet accord aux question d'ordre international pour une fois.

Ikna Omara:
Vice-Présidente du Conseil des Commissaires du Peuple chargé des Affaires Intérieures

Je vous trouve bien unanimes. Je rappelle que l'Ennis adopte un ton menaçant vis-à-vis de notre meilleur allié, le Westrait. Concernant l'Ölan, même si le Camarade-Président Kéjar doit s'y rendre, nous ne devons pas attendre d'avoir signé l'accord pour montrer notre solidarité. L'Ennis est un acteur diplomatique instable et impulsif même pour ses alliés les plus proches, il faut en tenir compte de cela.

Bhavana Amat:
Commissaire du Peuple à l’Éducation et à la Recherche

Je persiste à penser que continuer notre coopération avec les scientifiques ennissois est une opportunité que notre pays ne doit pas manquer. Nous avons tout de même de quoi jeter les bases d'une relation stable malgré le fait que l'Amiral souffle le chaud et le froid. Il est impulsif c'est tout.


Amandev Sihira:
Commissaire du Peuple à l'Agriculture

Les dommages pour nos coopératives agricoles en cas de relations tendues avec l'Ennis ne seraient pas négligeable, j'invite le conseil à considérer cet état de f...

Un grand claquement sur la table de réunion fit sursauter l'intégralité des commissaires. Le personnage à l'origine de ce geste de colère se leva brusquement.

Jasbir Kéjar:
Président du Conseil des Commissaires

ASSEZ !
J'en ai assez entendu !
Ecoutez-vous parler bordel de merde, on dirait des PDG assoiffés de faveurs et d'intérêts pour combler votre petit égo personnel après avoir brandi des résultats mirobolants.
Je me fiche que les exportations de riz se porte bien ! Je me fiche que la culture et la science infusent ! Je me fiche de froisser le président ennissois qui tient plus du zouave que d'un dirigeant respecté et respectable ! Je me fiche de tout tant que nos alliés sont menacés. Quelle gueule aurions-nous à faire notre petit marché avec une nation menaçante envers nous et nos alliés en prétextant que ça sert malgré tout nos intérêts ? HEIN ? QUELLE GUEULE ?

Personne n'avait vu Jasbir Kéjar en colère jusque là. Apprécié pour sa pondération et sa retenue, très peu étaient de ceux qui l'avaient vu hors de lui.

Jasbir Kéjar:
Président du Conseil des Commissaires

Et vous croyez que je vais laisser les échanges se poursuivre avec un pays qui veut réduire en cendres nos camarades au Westrait et en Ölan ? Vous êtes vraiment convaincus que le Gandhari doit les trahir pour son riz, ses universités et le maintien de la bonne humeur de Lúi Ó Móráin ?
Ces Morainades commencent à me taper sévèrement sur le système et si on commence à ramper à ses pieds, on trahit nos alliés ! Si vous voulez trahir le Westrait et l'Ölan, très bien, mais vous continuerez sans moi. Vous assumerez d'avoir vendu notre fierté en échange d'une FAUSSE bienveillance du régime ennissois et vous assumerez d'avoir renoncé à notre combat en privilégiant les intérêts particuliers, VOS intérêts particuliers qui consistent à présenter un bon bilan. Vous assumerez aussi de voir le savoir de nos hélicoptères d'assauts se retourner contre nous quand il aura décidé de nous faire la peau !
Alors je le dis ici et sans détour: le Gandhari va rompre ses relations avec l'Ennis et défendre ses alliés. Je ne permettrai pas que notre combat soit dévoyé et que nous vendions au diable notre solidarité envers nos alliés !
Si ça vous déplaît fortement la porte est ouverte, il me reste 271 députés dans lesquels piocher pour remplacer les mécontents !

Mêlant surprise et honte, les commissaires visés baissèrent les yeux. Vikam Kawera, qui se savait pourtant dans les petits papiers de Jasbir Kéjar était pâle. Le général Kachela, qui affichait une mine impassible en regardant par la fenêtre avait visiblement été mis au courant de cette crise de colère à l'avance. Personne n'osait se regarder.
La séance fut suspendue une demi-heure pour que la pression retombe. Les langues se délièrent puis la rupture des relations avec l'Ennis fut votée à l'unanimité.


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Plutark38
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Convocation


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Jasbir Kéjar attendant patiemment Ramindar Dahang



Jasbir Kéjar était vert de rage et comptait le faire savoir à son désormais nouveau rival Ramindar Dahang. Pour qui se prenait ce nouvel arriviste qui prétendait détenir la vérité ? Le chef du gouvernement n'était plus un bleu et il avait fait les démarches pour avoir deux coups d'avances.
On frappe à la porte.



Jasbir Kéjar
ENTREZ !

Les battants de la porte s'ouvrirent tandis que le dissident apparaissait dans l'encablure. Le Président du Conseil était assis droit sur son bureau et le scrutait d'un regard sévère.

Jasbir Kéjar
Asseyez-vous donc, je vous en prie. Je sais que vous adorez le vin de Santogne donc j'ai fait servir spécialement pour vous un millésime 2026.

Ramindar Dahang inclina la tête en guise de salut et alla s'asseoir sur la chaise qui faisait face à son hôte.

Ramindar Dahang
Je sais pourquoi vous me faites venir.

Jasbir Kéjar
Suffit ! Taisez-vous donc et laissez moi parler d'abord !

L'atmosphère se glaça instantanément dans le bureau et le chef du gouvernement ne laissa pas le silence s'installer.

Jasbir Kéjar
Je vous propose de parler en toute franchise et de ne pas jouer un jeu de dupe. Je vais donc allez droit au but: vous voulez donc prendre ma place pour gouverner le pays. Quel est donc votre projet ? Je vous écoute.

Très surpris, Ramindar Dahang tenta de se lancer dans un discours mais l'ensemble n'était pas intelligible et très confus.

Jasbir Kéjar
C'est bien ce que je pensais. Votre seul projet est de devenir calife à la place du calife. Vous êtes très certainement expérimenté et très sage car vous êtes plus âgé que moi mais très franchement je ne vois pas quel bénéfice nous tirerions à faire de vous le prochain Président du Conseil des Commissaires.

Ramindar Dahang
Vous avez bien changé Jasbir, je ne vous imaginais pas si vif. Pour moi vous étiez resté le député de 2039, propulsé à son insu et dévoré par la naïveté. Je remarque que vous avez pris un peu plus de confiance... et de poigne.

Jasbir Kéjar
AH ! Continuez, pourquoi vous pensiez que je n'avais pas assez évolué ?

Ramindar Dahang
Eh bien vous arrivez, je ne sais comment, à être omniprésent alors que vous êtes absent. Je veux dire que malgré la popularité que vous avez, on a du mal à vous voir comme un dirigeant solide et à poigne. Et je suis intimement convaincu que le Gandhari a besoin d'un homme fort et providentiel. C'est probablement vous, je ne sais pas mais je pointe un problème réel: vous restez trop effacé et pas assez affirmé.

Le dialogue prenait une tournure calme et respectueuse. La petite humiliation avait fait son effet.

Jasbir Kéjar
J'entend bien monsieur Dahang, mais je ne conçois pas le pouvoir ainsi. Si j'étais omniprésent, les résultats seraient-ils mieux pour autant ? Je ne crois pas, car notre famille politique forme un collectif et j'en suis juste le capitaine. Maintenant si vous jugez bon de me révoquer, allez-y mais ne comptez pas sur moi pour vous aider ensuite.
Ne croyez pas que ma place est à envier monsieur Dahang. Je déteste diriger le Gandhari mais les choses font que c'est mon devoir et je respecte la volonté de ceux qui me font confiance. Si cela ne tenait qu'à moi, je quitterai ce palais et je reprendrai l'atelier d'horlogerie de mon père. Si vous tenez tant à prendre ma place, vous aurez tout le loisir de conduire le parti aux élections de fin 2044. A ce moment-là j'aurais fait cinq ans à la tête du pays et je ne serais assurément pas mécontent de céder ce bureau.

Ramindar Dahang
Je persiste à penser que vous vous trompez monsieur Kéjar. Nous avons certes vaincu nos ennemis mais d'autres nous attendent, le Gandhari a besoin de durcir le ton et d'être implacable. Vous incarnez le communisme mou et...

Jasbir Kéjar
Et vous le communisme fort ? Rétablir la peine de mort avec le soutien de la droite conservatrice, vous croyez que ça incarne un communisme fort ? Je vais vous proposer un deal monsieur Dahang, mais si vous ne le respectez pas je vous assure que notre conversation, précieusement enregistrée, fuitera dans les médias pour détruire votre réputation.

Les yeux de Dahang s'arrondirent. Kéjar était-il vraiment aussi mou qu'il le pensait en entrant dans son bureau ? La peur commençait à le gagner.

Jasbir Kéjar
J'entends bien vos critiques sur le laxisme de la justice, je ne suis pas obtus vous savez. Donc je vous propose ce deal. Nous renonçons ensemble à rétablir la peine de mort pour n'importe quel motif, mais en échange je vous propose de remplacer Vidia Tatli et de mener les représailles judiciaires à votre guise contre les milliers de prisonniers de guerre que nous avons en notre possession. Vous aurez toute la latitude nécessaire pour régler définitivement le compte de ces ennemis de la République des Conseils mais ils ne seront pas mis à mort. Si vous voulez ouvrir des camps très bien, je souscris. Vous pourrez durcir le code pénal comme vous le voulez mais en revanche vous devrez convaincre et rendre justifiée la démission de Vidia. Si vous réussissez très bien, la stabilité politique du Gandhari sera perpétuée car votre mouvance sera satisfaite. Mais si vous échouez vous perdrez vos soutiens.
Alors ? Qu'en pensez-vous ?

Ramindar Dahang
Je...

Le Président du Conseil le coupa.

Jasbir Kéjar
Ravi que vous vous engagiez. Tout est déjà signé, une limousine vous attend pour rejoindre votre commissariat. Bienvenue au Conseil des Commissaires. La première réunion du cabinet avec vous est dans trois jours. Prenez vos fonctions dans d'agréables conditions et je vous souhaite un bon travail !

Eberlué, Ramindar Dahang se leva quand les portes s'ouvrirent et on le raccompagna. Le nouveau commissaire n'avait pas touché à son verre de vin de Santogne. Tant pis... Jasbir le boirait en savourant son petit numéro réussi dont le but était de casser les pattes de ce mange-merde...

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Plutark38
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Re: RP - Scène de vie au Gandhari

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Entretien


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Jasbir Kéjar et le Général Kachela marchaient seuls dans les jardins du Gurghabat Taoni. Le chef du gouvernement voulait s'entretenir avec le tonitruant général suite à ses propos fracassants qui n'ont pas manqué de faire réagir. Jasbir Kéjar était en colère mais il s'agissait d'une colère froide.

Jasbir Kéjar
Vous savez Mohinder, j'ai un immense respect pour vous et ce que vous avez accompli mais votre dernière sortie médiatique a été fortement maladroite. Je ne pense pas que donner l'impression que le Gandhari regarde ce conflit avec le pop corn à la main soit très judicieux pour l'image que nous renvoyons. Je suis assez déçu pour ne rien vous cacher.

Mohinderpratap Kachela
Vous savez que je n'ai pas la langue dans ma poche monsieur. Quand j'ai quelque chose à dire, ça sort. Mais il est vrai que j'y ai été un peu fort.

Jasbir Kéjar
C'est bien pour ça que vous n'êtes pas Commissaire du Peuple aux Affaires Extérieures et que jamais vous ne le serez.

Les deux hommes éclatèrent de rire. L’atmosphère se détendit.

Mohinderpratap Kachela
Boarf... de toute façon regardez-moi, ai-je une carrure de diplomate ? Je n'ai jamais nié que j'étais piètre dans ce domaine.

Jasbir Kéjar
Vous avez juste la spontanéité d'une homme d'armes, je pense vraiment que nous venons sur cette planète avec un rôle destiné.

Mohinderpratap Kachela
Ah ? Vous croyez au destin vous ?

Jasbir Kéjar marqua un silence de plusieurs secondes avant de répondre.

Jasbir Kéjar
Depuis que je suis à la tête de ce pays, j'ai beau tout retourner dans tous les sens, je ne vois pas comment j'aurais pu échapper à ce que je suis aujourd'hui. L'horlogerie de mon père qui a sombré, ma famille qui est vite entrée dans la misère et moi ce jeune homme de 18 ans qui a rejoint les communistes en souhaitant venger le destin brisé de la famille Kéjar. J'étais un jeune idéaliste, il est vrai. Vous savez à cet âge-là on en veut à la terre entière. Moi j'en voulais à la société d'avoir laissé mon père tout perdre et entrer dans une dépression dont il n'est hélas jamais ressorti. J'ai rejoint les travaillistes, comme de nombreux communistes, au moment de l'interdiction du PCG par Amrish. Et lorsque Lota a gagné je me suis indigné publiquement de voir Dahalo et le parti travailliste freiner des 4 fers alors que l'opportunité était historique. J'ai dis ce que de nombreux travaillistes pensaient tout bas: "ne sabotons pas la chance qui nous est offerte de transformer le Gandhari en société de justice, d'égalité et de bonheur".

Mohinderpratap Kachela
Et c'est là qu'on vous a propulsé chef du parti travailliste suite à un petit putsch en interne pour virer les plus réticents.

Jasbir Kéjar
Exact. Ma personnalité reconnue comme pondérée et modérée a rassuré de nombreux députés travaillistes qui craignaient que les communistes entrent dans un engrenage de violence. En étant le chef du PTG j'offrais la garantie que la coalition au pouvoir ne sombrerait pas dans l'extrémisme. Puis quand Lota a été poussée dehors, ma personnalité était aussi un moyen pour les communistes du PCG de se racheter une conduite et de se calmer. Donc oui, je pense que tout était tracé pour que j'occupe ce palais, ce n'était pas dans mes plans mais que voulez-vous, j'assume mon rôle désormais.

Mohinderpratap Kachela
Vous savez, dans l'armée on dit souvent que les meilleurs chefs sont ceux qui n'ont jamais cherché à l'être.

Jasbir Kéjar se tourna vers le général Kachela en le regardant d'un air amusé

Jasbir Kéjar
Et vous avez cherché à l'être vous ?

Mohinderpratap Kachela
Hum... et bien... pour tout vous avouer c'était mon objectif de gravir les échelons mais bon, voyez mes médailles, finalement je ne suis pas si mauvais...

Jasbir Kéjar
Avouez que certaines sont fausses pour vous donner un air.

Mohinderpratap Kachela
Il est vrai, mais ce n'est pas un secret vous savez...

Jasbir Kéjar
Cela n'enlève rien à l'immense respect que j'ai pour vous et vos actions héroïques mais sachez que je ne veux plus que vous vous prononciez sur la diplomatie internationale et la situation géopolitique. Je suis obligé de vous demander cela pour éviter des problèmes supplémentaires à notre pays. J'espère que vous comprendrez.

Mohinderpratap Kachela
Je comprends... Mais sur le fond, ne me dites pas que vous êtes en désaccord avec moi.

Jasbir Kéjar
Je suis totalement d'accord avec vous, mais quand j'ai des pensées si provocantes je préfère les garder pour moi ou en parler dans le cadre d'un conseil restreint. Si vous voulez dire que la tête de Kéjal ne vous revient pas en plein conseil, vous avez le droit. D'abord parce que entre commissaires on se dit tout et ensuite parce que entre camarades communistes on se dit la vérité et on se formule des critiques pour s'améliorer.

Mohinderpratap Kachela
Moi dire du mal d'Eyaz Kéjal ? Je trouve au contraire que les ölanais ont de la chance d'avoir pour président un gars de ce calibre !

Jasbir Kéjar
Non mais vous m'avez compris Mohinder. Kéjal est un chic type, je prenais un exemple caricatural !

Mohinderpratap Kachela
Je change de sujet. Qu'allez vous faire concernant Kawera ?

La mine de Jasbir Kéjar s'assombrit subitement.

Jasbir Kéjar
C'est un coup monté.

Mohinderpratap Kachela
QUOI ?!

Jasbir Kéjar
Vikam m'a affirmé pendant une heure entière sans relâche qu'il était innocent et qu'il n'avait jamais caché cet argent dans une banque au Kaiyuan. Je garde en lui une confiance absolue.
Il se trouve néanmoins que l'argent est bel et bien sur un compte à son nom mais selon lui c'est une imposture. Quelqu'un aurait pris son identité, ouvert ce compte et placé cette somme astronomique de 1,5 million de livres.

Mohinderpratap Kachela
Mais... Qui aurait intérêt à faire ça ?

Jasbir Kéjar
C'est ce que j'espère découvrir rapidement. Nous allons tenter de récupérer des informations auprès de la Banque Impériale de Fujianxi, de retracer les opérations et de retrouver si possible l'appel effectué lors de l'ouverture du compte incriminé pour le géolocaliser. Dennis Price, mon chef du service des renseignements est sur le coup. On en saura vite plus.
Je crains que nous découvrions encore un nid d'ennemis...

Mohinderpratap Kachela
Traquer les ennemis de la révolution, vous ne faites que ça depuis un an et demi...

Jasbir Kéjar
Et ça me fatigue. Ce qui me chagrine c'est l'obligation de me séparer de Vikam le temps qu'on fasse le nécessaire pour le réhabiliter...

Mohinderpratap Kachela
Et vous allez nommer qui à sa place ?

Jasbir Kéjar
Samuel Henderson.
Quitte à avoir un militaire qui l'ouvre en grand sur la géopolitique mondiale, je préfère qu'il soit prédisposé au dialogue et dispensé du don de créer un incident diplomatique à chaque fois qu'il aligne trois mots.

Les deux hommes rirent de bon cœur.

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Plutark38
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Re: RP - Scène de vie au Gandhari

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La secte des adorateurs d'Asha Lota


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Le palais de Sanghal Bogruta, lieu secret de réunion de la secte


Palais touristique le jour, lieu de réunions macabres la nuit, le palais de Sanghal Bogruta remonte à la période de la dictature sikhe qui a dominé le Gandhari de 1657 à 1687. Pendant trente ans, le Seigneur Sanghal Bogruta a dirigé le Gandhari d'une main de fer et gouvernait avec un clergé sikh entièrement dévoué à sa cause. En 1663, il fit construire son palais pour étaler sa puissance et sa domination sur le royaume du Gandhari. Toute la période de son règne fut ponctuée de persécutions religieuses et la religion sikhe était la seule autorisée. Le grand guru Bikram Guru était son bras droit et veillait à l'unité religieuse forcée du Gandhari. Bogruta et Guru étaient les deux personnages clés de cette autocratie sikhe qui a plongé le Gandhari dans la terreur.
Aujourd'hui, il reste de cette période un palais somptueux que les rajas de la dynastie Watarah ont inscrit dans leur collections de palais. Ce fut seulement par la volonté des rajas Watarah succédant à l'autocratie sikhe que le palais fut conservé alors que de nombreuses voix s'étaient élevées pour le détruire.
Palais parmi les plus visités du Gandhari, ses nuits étaient depuis peu l'hôte d'étranges réunions secrètes tenue par le "Nouveau grand Guru".
En cette soirée du 26 mars 2041, de nombreuses personnes avaient répondu à l'appel du Guru au palais de Sanghal Bogruta. Toutes les personnes portaient un capuchon rouge et un masque blanc rappelant fortement les traits d'Asha Lota.
La grande réception se tenait dans le jardin du palais tandis qu'un autel était dressé derrière les colonnades d'un petit pavillon. C'est là que le Guru avait l'intention de prononcer un discours. Les adeptes se massaient au pied de l'autel tandis que leur chef s'apprêtait derrière l'autel.
Sur l'autel, une statuette d'Asha Lota ainsi que des coupelles dorées probablement détournée de leur réelle fonction religieuse.
Le Guru était de taille moyenne et semblait présenter un peu d'embonpoint. Il se distinguait des autres adeptes par son masque noir et un capuchon violet. Soudain il leva les bras pour faire taire ses fidèles afin de prendre la parole.


Guru de la secte des Adorateurs d'Asha Lota
Chers fidèles, je suis heureux que vous ayez répondu à mon appel. Ce soir notre culte acte sa naissance tandis que nos combats vont prendre forme.
Notre mère à tous, Asha Lota, nous regarde et nous nous devons de lui rendre hommage pour tout ce qu'elle a fait en faisant preuve d'une grande dévotion. A la fin des fins, nous pourrons la rejoindre et siéger à sa droite pour l'éternité.
Son but était de répandre sa parole autour du monde, cette mission n'ayant pu être achevée, il nous revient à nous de poursuivre son œuvre.
Notre mission est d'abattre les puissances bourgeoises de ce monde et de faire triompher le prolétariat par tous les moyens possibles. La parole et les idées d'Asha Lota sont nobles et rien ne saurait entraver leur juste circulation.
Nous devons infiltrer les cercles du pouvoir dans le monde entier pour arriver à nos fins et éliminer ceux qui font obstacle àla parole de notre mère à tous.
En premier lieu nous avons un ennemi à abattre: le traître Jasbir Kéjar qui ne suivit jamais la noble doctrine de notre mère. Cet homme n'est pas le digne successeur de notre mère à tous et nous devons l'abattre.
Nous devons nous démultiplier partout où nous pouvons et nous donner corps et âme à la cause !

Le guru se saisit d'un poignard et le fit glisser sur son poignet. Le sang se mit à ruisseler dans une coupe dorée.

Guru de la secte des Adorateurs d'Asha Lota
Le sang versé est une offrande qui montre notre dévotion à notre mère à tous. C'est par le sang que nous parviendrons à notre fin. Le sang que nous versons rachète le sang de ceux qui nous ferons obstacle. Le sang achète le sang. Notre mère nous regarde.

Fidèles en choeur
Le sang achète le sang. Notre mère nous regarde.
Le sang achète le sang. Notre mère nous regarde.
Le sang achète le sang. Notre mère nous regarde.
Le sang achète le sang. Notre mère nous regarde.

Le guru leva les mains pour interrompre les fidèles.

Guru de la secte des Adorateurs d'Asha Lota
Allons en paix et répandons partout la bonne parole, la juste parole, la seule parole qui porte la vérité et que nos ennemis succombent pour s'être opposés à notre mère à tous !

Alors les adeptes entonnèrent un chant guerrier avant de procéder au sacrifice de sang individuel pour racheter le sang de leurs futurs crimes...

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Re: RP - Scène de vie au Gandhari

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Meurtre en meute


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Les adeptes étaient au nombre de cinq et avaient pénétré discrètement dans le jardin de la demeure de l'ancienne directrice de la banque du Crédit Populaire Gandharien, aujourd'hui nationalisée. Outre ses anciennes fonctions de banquière, la secte reprochait à Hukmi Dalo ses anciens liens supposés avec des entreprises caeturianes. A leur yeux, un tel engagement était une insulte suprême à leur mère. La mort était la seule sanction applicable pour venger la Mère.
Hukmi Dalo, après avoir perdu sa fortune et son travail s'était retrouvée dans la pauvreté du jour au lendemain tout en conservant son manoir familial qu'elle refusait de céder pour tout au monde.
Les hivers étaient rudes car Hukmi renonçait à chauffer sa demeure pour avoir de quoi tenir le mois et se nourrir. Son mari était mort depuis des années et ses deux fils étaient morts à la guerre au Raja-Tika. Eux qui s'étaient engagés sous Sankar Amrish pour défendre un régime qu'ils chérissait tant il leur offrait vie de confort et de luxe, voilà qu'ils avaient dû combattre pour un gouvernement communiste belliqueux.
Hukmi ne se remettait jamais de la perte tragique de ses enfants et avait refusé l'indemnité du gouvernement suite à la mort de ses enfants. Il était hors de question qu'elle vive de l'argent d'un régime qui avait tué ses enfants !

Ce soir, Hukmi profitait des derniers instants de douceur alors que l'automne commençait à s'abattre sur le Gandhari. Il faudrait bientôt enfiler les épaisseurs pour ne pas avoir froid et couvrir les fenêtres et les portes pour atténuer une isolation devenue vétuste. Sur son balcon elle buvait son thé et lisait un roman de Tejindar Rawat, auteur d'histoire à l'eau de rose et réputé pour sa proximité avec le régime de Sankar Amrish. Malgré tous les malheurs qu'elle avait traversé ces dernières années elle se sentait bien ce soir et la solitude ne lui faisait plus rien. Elle en était même venue à l'apprécier et rechignait à ouvrir la porte lorsqu'on venait lui rendre visite.
Le vent était doux et léchait ses joues. Quelle sensation agréable !
Ses instants de bien-être furent interrompus par un craquement qui attira toute son attention. Elle se saisit alors de la torche comme pour se défendre d'un ennemi tapi dans l'ombre.


Qu... qui est là ?

La réponse ne vint pas mais la pauvre dame ne fut pas rassurée pour autant. Elle continua à parcourir le balcon à la recherche de la source du bruit lorsqu'elle se heurta à un homme vêtu d'un capuchon rouge et d'un masque blanc qui évoquait un visage familier.
La femme hurla de terreur. Son manoir était isolé, personne ne fut alerté.
Rapidement, quatre autres individus apparurent et encerclèrent Hukmi Dalo.


Hukmi Dalo, vous êtes une traitresse à la révolution et vous avez offensé notre mère bien aimée ! Nous vous condamnons à mourir pour purifier vos péchés et vous donner la chance de recommencer une vie dans le respect des préceptes de la Mère. (NB: La plupart des gandhariens croient à la réincarnation)

Quoi mais de quoi parlez-vous ? AAAAAAAHHH ! AU SECOURS !

Les adeptes fondirent sur leur cibles et la criblèrent de coups de couteau. Les cris de la victimes finirent par s'éteindre tandis qu'une mare maculait le balcon.
Une fois la basse besogne accomplie, les adeptes placèrent le cadavre de manière à ce qu'il tiennent entre ses mains et sur sa poitrine une statuette rouge représentant la Mère.


La Mère a pardonné tes péchés. Va en paix et puisse-tu recommencer une vie de pureté au service de la Mère.

Les adeptes saluèrent le cadavre puis quittèrent les lieux.

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