Presse d'Épibatie

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Arios
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Re: Presse d'Épibatie

Message par Arios » dim. mai 19, 2019 12:54 pm

27/02/2038
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Giorggis IV malgré lui

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Le neurologue jovial devenu le faire-valoir du sabre et du goupillon


À peine sorti de sa retraite, on l'a présenté comme l'archétype de l'homme sérieux, à poigne, bon conservateur, père aimant, figure tutélaire d'une nation en voie d'évolution irrémédiable mais décidée à les freiner. Était-ce seulement en accord avec les convictions de ce père de famille bonhomme, ce blagueur, amateur d'opérettes d'en avoir épousé une professionnelle ? le portrait livré aux médias était-il seulement honnête, complet ? Il y a sans doute eu quelques mensonges par omission, la nécessité de clarté du message charismatique que devait envoyer ce nouveau personnage de la scène impériale, héros de fait et de jure, pour coller aux enjeux de l'époque.

Il fallait, rapidement, une réponse ferme, un étai qui serait venu soulager la charpente millénaire du fragile édifice impérial, rongé depuis plus d'un siècle, selon ses plus ardents zélateurs, par les termines que seraient les populations allogènes, établies en pleine autonomie aux marges du territoire. Giorggis IV n'est pas à proprement parler un xénophobe, ayant épousé une cantatrice et actrice aliléenne, blanche, qui lui a donné cinq enfants, dont trois garçons vingtenaires, dont l'un sera vraisemblablement amené, le temps venu, à monter sur le trône impérial. Un métisse à la tête de l'Empire ? Une idée qui passe mal, autant dans l'Église que dans les troupes armées, et dans une partie de la population... jusque chez les manifestants maazaïstes soit-disant progressistes, dont certains argument même sur ce point pour contester la légitimité du nouvel Empereur.

Il fallait faire vite. Il fallait surtout respecter les usages, et Giorggis était bien en premier de la liste successorale ; contrairement à l'impression générale, le Palais n'a fait que reproduire à la lettre le protocole... en dépit des défauts du personnages, à commencer par son mariage. Mais il n'y avait pas le choix : pendant longtemps, le problème a été posé, depuis le mariage de Giorggis Malacchi, en 2012, avec l'aliléenne Laura Cheffatalo, et à de nombreuses reprises l'Église d'Épibatie a voulu trouver un prétexte pour sortir l'intéressé de sa position de favori en cas d'absence de descendance dans la branche de son frère, Salomone, puis du fils unique de celui-ci, Iaconno. Mais ce trafic de positions aurait conduit à placer le troisième frère, demi-frère de Giorggis et Salomone, Ioannes Malacchi, fils légitime reconnu tardivement par son père et de vingt ans le cadet des précédents, malgré sa réputation affichée de toxicomane.

Ce n'est pas la seule ombre qui pèse sur le règne de Giorggis IV, déjà 68 ans, opéré à deux reprises de la colonne vertébrale et du cerveau, alors qu'il officiait encore en Nazalie. Arrivé il y a moins de dix ans dans un pays qu'il connaissait mal, c'était aussi à l'époque pour se reposer, après cette opération de mars 2032, dans laquelle le neurologue avait accepté de suivre un traitement expérimental issu de ses propres travaux, mais non homologué, afin de soulager un problème de vu naissant. Si les rumeurs le disant aveugle sont totalement rejetées par les analyses d'images médiatiques, nul ne doute que l'Empereur a souffert d'une maladie dégénérative pour sa vision, aujourd'hui officiellement arrêtée.

Une vingtaine d'années, une dizaine, quelques mois. Nul ne sait quand est-ce que le tumulte de la question successorale se posera à nouveau en Épibatie. Mais tous le savent : l'accession du premier Empereur métisse dans l'histoire de l'Épibatie représentera une césure inédite, qui dans le contexte de la mondialisation économique et politique ne sera pas sans impacts à l'étranger, comme à l'intérieur. Si la contestation de Giorggis IV aujourd'hui est principalement dirigée contre l'Église et l'Armée, leur influence et leurs excès, ces propres corps, conservateurs plus que de raison sans doute, donnent déjà naissance aux premiers germes d'une contestation propre contre leur actuel chef. La tragédie épibate n'en serait qu'à ses débuts.

Giorggis ne veut pas être au milieu de cette histoire. Depuis le début du feuilleton militaire en Haute-Illythie, le début des manifestations urbaines, les crises de contestation des statuts dans les autres territoires autonomes, l'Empereur, image proclamée par d'autres de l'inviolabilité sacrée de l'Épibatie, constate qu'on lui impose sa partition. Le scientifique mélomane et ouvert doit être le Messie vivant du destin particulier de l'Empire éternel, compris dans l'historiographie épibate comme le seul réceptacle fidèle au message chrétien. Adopté par les nationalistes par automatisme institutionnaliste, il est aujourd'hui menacé par ses propres thuriféraires, dont certains le poussent même au remariage (tardif...) et au déshéritage de ses fils afin d'assurer à sa succession une descendance purement épibate. Mais il serait difficile de lui forcer la main sur ce détail... par lequel toute la mécanique impériale tremble aujourd'hui.

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Message par Arios » dim. mai 26, 2019 11:11 am

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18/03/2039 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia


Bantous : Des prétendus humanitaires de Chidusi dénonçent des massacres sans précédents par l'Armée épibate

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Les Fatombakés auraient été pris pour cible par une campagne d'épuration ethnique


Ces femmes Fatombakés sont-elles encore vivantes ? Prises en photo en 2032 lors d'un voyage ethnographique à Gighida auquel elles participèrent, après un voyage de deux mois en caravane, elles venaient faire la démonstration de leurs pratiques culturelles autour de la grossesse, dans un pays épibate qui a encore énormément de mal à considérer au même degré d'humanité que les siens ces populations archaïques des jungles épaisses de l'Est. D'après 6 humanitaires dévoilant leurs critiques dans la presse d'opposition ces derniers jours, les Fatombakés entre les petites agglomérations de jungle de Tomba et Chinusi, auraient été particulièrement pris pour cible par une campagne dirigée par les militaires le long de la vallée autour de laquelle ils vivent, une campagne débutée à l'Automne dernier et qui selon eux, aurait déjà fait près de 75 000 victimes.

La société épibate, agricole et pastorale, s'est longtemps fondée par réaction aux invasions bantous du Haut Moyen-âge, un traumatisme migratoire violent ayant recomposé la démographie des marges de l'Épibatie, recentrant le royaume épibate autour d'un cœur montagneux central. L'Église n'a eu de cesse, en cinq siècles, de soutenir et d'accompagner l'Armée, contre les animistes, et les "colons" encore aujourd'hui aidés dans les territoires marginaux, afin de reconquérir progressivement l'espace perdu depuis la Basse-Antiquité. Les nombreuses guerres ayant ponctué l'histoire des deux peuples (épibate, et mocatango, désormais divisé en multiples tribus) ont fini par reléguer les populations non-épibates dans les endroits les plus inhospitaliers, un refoulement participant amplement de la marginalisation, et de la décadence culturelle, de peuples aujourd'hui majoritairement forestiers, chasseurs et cueilleurs, sans véritable agriculture de grande ampleur, pêcheurs et chasseurs profitant des immenses espaces sauvages, et d'altitude, au contact desquels ils reconstituèrent une identité qui n'a plus rien à voir avec celle des royaumes bantous médiévaux.

La guerre permanente entre les Épibates et les sauvages a été en grande partie construite par l'Histoire, les sauvages créés par la xénophobie des Épibates, relayés dans une sous-humanité appréhendée de la même façon que les loups, les lions, les serpents et les sauterelles, en nuisible. Profitant du brouillard de guerre né de la transition politique, l'Armée aurait pu mener à bien certaines exactions, mais il demeure difficile de le prouver dans l'état actuel de la situation dans l'Empire.

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Message par Arios » jeu. mai 30, 2019 9:51 pm

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30/03/2039 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia


Sous-mariniers déserteurs : L'Armée épibate a finalement arrêté les mutins sur le sol lébirien, le 26 mars dernier

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En visite d'État à Maghila-Cartagina, le premier ministre impérial et son épouse, 27 mars


On avait du mal à comprendre les sourires et le maintien de la visite d'État du premier ministre épibate en Nazalie, en ce début de Printemps, qui comme ont pu le montrer les chaines d'information en continu, s'est déroulée à merveille. En réalité, la veille même de l'arrivée de Getsa Memrizzi sur le sol lébirien, deux commandos spéciaux des forces armées de police de l'Empire arrêtaient, avec l'accord des autorités lébiriennes, les mutins qui avait déserté les rangs lors d'exercices communs dans le Détroit de Degirba, pour demander l'asile politique dans la Ligue de Lébira. L'épisode était à l'origine d'un refroidissement certain des relations entre les deux pays, bien que Cartagina ait permis le rapatriement rapide des sous-marins elle se refusait à livrer les militaires déserteurs, sous prétexte qu'ils risquaient la peine de mort pour haute trahison.

Si les autorités lébiriennes ne sont officiellement pas revenu sur une position de toute façon très trouble dès le départ, le Ministère de l'Information lébirien se dédouane d'avoir "livré" ces demandeurs d'asile, auprès des associations de protection des migrants et de militantisme politique, comme de certains partis très ancré dans la gauche libertaire, comme le Movimento Basta Corruzione aliléen, dont la porte-parole appelle ce soir à la démission du Président du Conseil lui-même devant ce que beaucoup de gens de son bord politique dénonçent comme une violation des droits de l'homme. Cartagina a autorisé les forces spéciales épibates à agir sur son territoire, afin d'arrêter... au sein des centres pénitentiaires eux-mêmes, les mutins dont elle avait la charge. Une pirouette lui permettant d'atténuer encore sa responsabilité, alors que ces hommes seront pour la plupart condamnés à mort, selon toute vraisemblance.

  • "L'Empire d'Épibatie est un État souverain, et un allié. Nous n'avons pas pour habitude de protéger des déserteurs contre leur propre gouvernement." faisait savoir le Ministère de l'Information lébirien en milieu de journée

Cartagina semble avoir fait un choix, entre Gighida et les différentes factions revendicatrices du nord de l'Épibatie, Haut-Illythes toujours en guérilla en appelant à l'aide internationale, ou encore bourgeoisie urbaine épibate, qui rêverait d'une transition républicaine. La Ligue de Lébira voudrait fortifier son alliance avec l'Empire d'Épibatie, et lui a accordé une grande faveur en livrant ces hommes... contre l'avis d'une majorité de la population lébirienne, qui estime à 54% qu'il était du devoir de Cartagina de protéger ces hommes (Creno Instituto). L'Empire d'Épibatie en a probablement fait d'autres en échange. Mais les deux pays peuvent repartir, apparemment, d'un bon pied.

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Message par Arios » mar. juin 18, 2019 8:29 pm

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30/05/2039 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia


Météo : La saison de Mehere s'annonce très pluvieuse

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La crue de l'Ibabbi a commencé, avec deux mois d'avance


En Eashatri, cela fait déjà quelques semaines que la mousson s'est annoncée. L'Épibatie et l'Algarbe centrale entrent également à cette période, pour le dernier trimestre de l'année épibate, dans la saison des pluies, la plus humide de l'année... mais en 2039, de par le phénomène climatique d'El Pepito qui bouscule la Cérulée, Mehere s'annonce bien plus caractérisée qu'en temps normal.

Un anticyclone géant fait souffler les vents chauds sur la Dytolie du sud et la Cérulée, bloquant la remontée de l'humidité centre-algarbienne vers les eaux et les côtes céruléennes. Les nuages se formant sur les eaux reliefs d'Algarbe centrale, bloqués par l'anticyclone, restent sur l'Algarbe, et se vident au-dessus même de l'Épibatie, et de l'Illythie, augmentant par-là la crue annuelle de l'Ibabbi-Naos... qui a déjà atteint ses niveaux habituels du mois d'Amglie (~juillet). De nombreuses campagnes de plaine, particulièrement en Haute-Illythie, sont déjà sous les eaux alors que la maturité des plants de riz ou d'autres cultures inondables n'est pas atteinte, notamment faute de chaleur ce trimestre. Selon les spécialistes, le cours de l'Ibabbi-Naos pourrait battre des records d'ici la fin du nouveau trimestre.

Mais les conséquences les plus graves d'une crue exceptionnelle se feront évidemment sentir davantage en aval, notamment dans la Province lébirienne d'Illythie, particulièrement dans le Delta du Naos, marqué ces dernières années par une forte urbanisation sauvage, et de basse qualité, autour des pôles urbains. Certaines opérations de remembrement au sein du Delta, du fait de l’appétit des firmes céruléennes d'agro-alimentaire pour les terres fertiles qu'il contient, ont notamment modifié peut-être de façon précipitée la morphologie de certains sols. En Illythie aussi, des campagnes se préparent à être inondées, autant que d'importants pâturages qui n'ont pas l'habitude d'être noyés si tôt dans la saison.

Alors que la Haute-Illythie est désormais pratiquement totalement occupée par l'Armée épibate, qui y a rétablit une forme d'ordre mise en péril par les affrontements inter-ethniques, les inondations qui débutent rajouteront probablement de la misère à la désorganisation, ce qui risque de tendre la tension migratoire entre l'Épibatie et l'Illythie lébirienne, où de nombreux haut-illythes, dont des rebelles, tentent de trouver refuge ces dernières semaines en prenant le fleuve.

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Message par Arios » ven. juin 21, 2019 7:58 am

2/06/2038
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Comment la bourgeoisie urbaine instrumentalise le désastre climatique

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Des prières publiques contre le déluge... et contre le gouvernement


C'est un rêve des citadins qui pourrait bien se concrétiser : être rejoint dans leur opposition au gouvernement par la petite plèbe rurale des déplacés du "déluge". Les pluies qui s'abattent, avec de rares interruptions, sur l'Épibatie depuis deux semaines ont déjà provoqué la montée prématurée de l'Ibabbi et de certains de ses affluents, à une saison où les récoltes ne sont pas encore commencées - l'humidité ruinant les champs et les pâturages, les eaux montantes menaçant de nombreux villages, un important exode rural est à prévoir pour les mois qui viennent. Le mouvement de contestation à l'encontre de Giorggis IV, au départ espérant l'accession au trône, puis au pouvoir, de la plus libérale sœur de l'ancien Empereur, a connu un essoufflement au début de l'année et entend profiter de la crise climatique en cours pour se replacer dans le jeu, et inverser peut-être le rapport favorable à Gighida de la plus grande masse des campagnards.

Mais pourquoi les victimes des inondations orienteraient-ils leur colère contre l'Empereur ? Les principales têtes d'affiche du mouvement de contestation, dont le nouveau combat de communication s'organise autour de gigantesques prières de rue pour faire revenir le beau temps, arguent que le manque d'investissements et de modernité a condamné l'Épibatie a recevoir de plein fouet les conséquences des sinistres. Certains se hasardent à incriminer l'influence néfaste d'une Église s'étant faite hérétique, préférant ses intérêts de caste à l'intérêt du plus grand nombre et donc du peuple de Jésus-Christ, voyant un châtiment divin venu frapper tantôt un gouvernement despotique, tantôt un peuple trop aveugle à le soutenir.

Les citadins aisés de la ceinture urbaine orientale, à Acoracci, Deghdi, Dinibbit', Segda et d'autres, fustigent la toute-puissance d'un État sous la coupe de l'Église, et d'une certaine société traditionnelle gighidienne tirant ses ressources de l'exploitation et de la propriété terrienne, liée à l'ancienne puissance de l'aristocratie - alors que les nouveaux riches de la bourgeoisie urbaine manquent d'influence et de représentativité auprès de l'institution impériale, tout en n'ayant pas les coudées franches sur le plan juridique pour continuer à faire grossir des fortunes entravées dans le manque d'infrastructure, et d'accès au développement, de la plupart de l'Épibatie.

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Message par Arios » mar. juil. 02, 2019 10:56 am

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02/07/2039 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia


Économie : La Banca di Montefiori promet 26 milliards $ de prêts à la consommation de long terme

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La Ligue de Lébira devrait également développer le réseau de supermarchés.


La lourdeur administrative et l'enclavement du pays, et donc la non-disponibilité immédiate de ses gisements, ont fait qu'à la différence de l'admiration amoureuse portée par de nombreux pays vers le Makengo et l'Algarbe du sud, personne ou presque n'a jamais eu grand chose à foutre de l'Épibatie. Sauf peut-être le traditionnel allié montalvéen, qui avait su se souvenir que l'Épibatie était jadis une grande puissance du monde chrétien, le pays mythique de l'Algarbe centrale au temps de la lointaine antiquité, et plus près de nous un des rares pays algarbiens noirs (ou presque) a avoir maintenu des élites capable de hisser le pays au développement contemporain nécessaire. C'est pourquoi à côté de son apathie diplomatique pour les façades nord et est de la Cérulée, Cartagina a toujours entretenu de bonnes relations avec Gighida, d'autant plus nécessaire après la jonction de l'Illythie au cadre lébirien.

Mais l'Épibatie reste pauvre, et sa condition s'est déterrioré depuis 50 ans, passant à côté de l'exode rural et du renouvellement de ses classes moyennes, dont l'endogamie a peut-être été responsable d'un confinement conservateur étouffant pour l'économie, qui divise encore la société comme l'illustre le mouvement qui agite la périphérie orientale du centre urbain du pays depuis 8 mois. Le rattrapage est difficile, et rendu critique par les évènements climatiques de l'année, alors que 80% des récoltes semblent condamnées, et 12% du bétail en danger direct. Or la promesse d'une effusion migratoire et de ses conséquences sur la consommation réjouit une industrie et une finance lébiriennes en mal de partenaires en Cérulée, aussi sur fond humanitaire et dans le cadre d'accords binationaux, Cartagina a poussé la BdM commerciale à proposer des formules adaptées à l'Épibatie, afin d'octroyer maintenant les moyens aux Épibates d'acheter en masse des biens et services, notamment dans une logique de développement de l'investissement, avec de l'argent qu'ils ne rembourseront que dans 20 à 30 ans.

Si l'on pense à la dette des Lébiriens eux-mêmes, la logique est assez semblable. Mais l'Épibatie conserve un fort potentiel de croissance, pas la Ligue, et l'Algarbe centrale semble pour l'instant le dernier espace prometteur pour les exportations lébiriennes.

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Re: Presse d'Épibatie

Message par Arios » jeu. juil. 11, 2019 11:27 am

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02/08/2039 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia


Économie : Les clients de la Monezzi entre abattement et violences

Abescie Temiscia est ruiné. Cet ingénieur en sécurité électrique, habitant une petite maison du centre-ville d'Acoracci, n'en revient toujours pas - mais il peine à conserver l'espoir. Assis de longues heures de la journée devant son poste de télévision, vidant le réfrigérateur et consommant ce qu'il lui reste de liquide en pizzas achetées dans sa rue, il scrute les nouveautés, journal après journal.

  • "Ils vont peut-être dire quelque chose. Demain je retournerai travailler : on a eu droit à quelques jours d'arrêt exceptionnel, pour faire les papiers, et tout ça. On est une dizaine concernés là où je bosse."

Abescie et ses collègues ont vu leur banque faire faillite. Cette dernière n'a plus l'argent nécessaire pour leur rendre ce qu'il y avait sur les comptes. Abescie, célibataire, avait plus de 20 000 gerscie sur son compte, l'équivalent de deux années de salaire, mais aussi 1500 Debens illythes qui devaient prochainement être convertis en Lire-papier "montalvéenne", toujours unité de compte en Algarbe centrale. "J'ai perdu trois ans d'économies" clarifie-t'il. Et ni Gighida, ni Cartagina ne garantissent de dépôts planchers.

Alors l'ingénieur patiente, apathique. Mais d'autres n'ont pas ce calme, et se livrent déja à des violences, sans attendre de possibles décisions des exécutifs. Gighida n'ose pas à ce stade mettre en cause le rôle de la Ligue et de sa Banque centrale, qui ne pouvaient que prévoir les difficultés de la Monezzi, et Cartagina ne trouve pas évidente la solution d'un renflouement des clients lésés.

  • "Quel signal enverrions nous ? Celui qu'on peut prêter et placer sans risques parce-que l'État, donc le peuple, rembourserait au final les perdants ? Où serez la liberté du marché ? Comment les banques se comporteraient de façon plus vertueuse avec les économies des gens alors que l'État serait là au final pour indemniser tout le monde ? Rien n'est évident, tout est sur la table, mais rien n'est évident." expliquait hier soir le Ministre de l'Économie lébirien.

Les sommes dues aux Épibates par la Monezzi sont faibles en proportion du total de ses pertes. Mais ces montants représentent beaucoup d'argent à l'échelle de l'économie urbaine et péri-urbaine du centre de l'Épibatie, au point de faire peser sur la zone la menace d'une crise de la consommation. Les classes émergentes sont les seules vraiment touchées, et beaucoup de gens prennent aujourd'hui la rue pour manifester avec violence leur mécontentement, et leur désespoir. Ce matin, un périmètre de sécurité a été mis en place à Gighida même, pour tenir éloignés les protestataires des agences bancaires et de l'Ambassade de la Ligue de Lébira, victime d'un début d'incendie hier soir.

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Re: Presse d'Épibatie

Message par Arios » lun. juil. 15, 2019 11:38 am

15/08/2038
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Faillite de la banque lébirienne Monezzi : toujours plus d'un million d'Épibates dans les rues

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Des manifestations de plus en plus violentes, toujours aussi massives


La violence est montée d'un cran ce rebu (mercredi), avec l'intrusion des manifestants au sein de l'Office épibato-lébirien du Cadastre, organisme créé l'année dernière et visant à superviser sur vingt ans la mise en place d'un cadastre exhaustif au sein de l'Empire ; du personnel a été violenté, les forces de l'ordre ont mis quatre heures à faire ressortir les manifestants, non sans user de force, mais heureusement seuls des blessés légers sont à déplorer. Les protestataires de l'Automne 2038 en rêvaient, la crise bancaire l'a fait : faire descendre dans la rue des centaines de milliers d'Épibates de moins bonne condition que la bourgeoisie revendicative qui conteste, depuis son arrivée au pouvoir, l'Empereur Giorggis IV.

La faillite de la banque Monezzi Solutionne en juillet dernier a privé près de un million de petits épargnants épibates de leur bas de laine numérique, péniblement accumulé, non sans audace : ils avaient fait confiance à la technologie, à la modernité et à la force du symbole prospère de la Ligue de Lébira, et se retrouvent sur le carreau. C'est toute la petite société des classes émergentes épibates qui se retrouve le nez au sol, depuis un mois, non sans que cette pauvreté tombée du ciel n'ait déjà été à la source de drames terribles. Les homicides ont augmenté de 1,4% au mois de juillet, une vague de tentatives de suicides a saturé les services d'urgence de la capitale et de plusieurs grandes villes au début du mois d'août, de nombreuses femmes témoignent sous l'anonymat dans la presse pour expliquer qu'elles seront contraintes de se prostituer en parallèle de leur travail pour continuer à alimenter le train de vie de leur famille.

La Ligue de Lébira a annoncé il y a quelques heures qu'elle indemniserait les épargnants lébiriens. Cette annonce qui exclue de fait les épargnants épibates, passe mal chez les manifestants, et au sein d'un service d'organisation qui semble apprécier l'idée d'une poursuite longue du mouvement. De nombreux épargnants, poussés par le désespoir, font exprès de ne pas comprendre que si la Ligue de Lébira indemnise les épargnants, c'est en tant qu'État, et non en tant que responsable de la faillite bancaire ; ce serait, suivant cette logique, à l'Épibatie d'indemniser ses propres épargnants, même si la banque Monezzi était de nationalité lébirienne. Mais l'Empire n'en a pas les moyens, et au sein du gouvernement, certaines voix majeures réclament d'ores et déjà à l'Empereur qu'il mette la pression sur son alliance avec Cartagina, afin d'obtenir le retour d'un argent que de potentiels incriminés futurs, très incertains, ne pourraient que difficilement rendre, et surtout trop tard.

De nombreuses entreprises de la capitale et des grandes villes resteront fermées à nouveau les après-midi de la semaine prochaine, afin de permettre à leurs salariés à bouts de poursuivre leurs manifestations. Il faut savoir que de nombreuses personnes lésées par cette faillite sont elles-mêmes à la tête de ces entreprises, et que les entreprises elles-mêmes sont parmi les principaux épargnants qui avaient donné leur confiance, et leur argent, à la Monezzi, principale banque étrangère en Algarbe centrale. Pendant que de grands industriels lébiriens massacrent l'économie du Thorval, l'Épibatie fait le constat d'une spoliation historique de l'épargne de ses classes émergentes, par quelques financiers du même pays.

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Re: Presse d'Épibatie

Message par Arios » mer. juil. 17, 2019 11:49 am

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20/08/2039 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia


Épibatie/Lébira : À Gighida, le sommet de crise débouche sur un embryon d'espace économique et bancaire

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La Banque centrale épibate prête à harmoniser ses taux avec la Cérulée.


Vers l'Alliance Économique Algarbo-Céruléenne ? Si les participants ne sont pas allé jusqu'à mettre des majuscule, l'appellation a bien fait son entrée dans les traités, comme un objectif de bon sens à atteindre, mais progressivement, en évitant de faire trop de bruit alors que l'anti-lébirianisme s'est largement accru avec l'actualité bancaire, et que les Lébiriens eux-mêmes, chauffés à blanc par la guerre douanière qui déstabilise leurs bassins d'emplois, rejettent plus fort qu'avant les principes du libre-échange.

C'est surtout sur le domaine bancaire que ce sommet de crise entre Cartagina et Gighida a porté. Avec un million d'Épibates dans les rues, et/dont un million de petits épargants floués par la faillite de la Monezzi Solutionne, il était temps qu'en dépit des températures les diplomates lébiriens, dont beaucoup connaissent une petite baisse de forme, se déplaçent en Épibatie même pour traiter de ces questions qui engagent l'avenir du continent.

La Banca di Montefiori centrale va ainsi renforcer ses activités de conseil et sa prise en mains de plusieurs services au sein de la banque centrale d'Épibatie, dans le cadre des transferts de compétence en vue de la modernisation monétaire de l'Empire. L'idée pour favorier les échanges et la stabilité financière est de tendre officiellement à des taux communs d'ici 3 ans, pour encourager la transition vers la monnaie électronique comme moyen de professionalisation et de surveillance de l'économie, mieux connue et donc mieux protégée et "cultivée". Ces avancées ont été concédées par Gighida, contre la création d'un fond algarbo-céruléen de garantie des dépôts, largement abondé par la Ligue de Lébira et sa Banque centrale, au sein de l'espace d'harmonisation bancaire en formation - afin qu'en cas d'incident d'une banque, les épargnants soient assurés de conserver tout ou partie de leurs acrifs.

La marche vers l'unité bancaire s'est accompagnée en parallèle d'un renforcement de la politique commune de défense. L'Empire d'Épibatie va installer plusieurs bases permanentes dans la Ligue de Lébira, qui seront financées par cette dernière - du matériel de défense anti-aérienne s'y trouve déja. Cartagina devrait au demeurant imposer des effectifs de contrôle anti-bavures des militaires au sein des forces épibates, notamment celles déployées en pleine jungle, afin de parer aux affaires et rumeurs de nettoyages ethniques dont se rendraient coupables plusieurs corps. Gighida, qui entrevoit l'ouverture totale de la Ligue à ses produits et la garantie de son accès à la Cérulée, s'est engagée à démilitariser progressivement la Haute-Illythie et permettre aux autorités locales de reprendre leur autonomie, notamment en organisant le retour des réfugiés.

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