[Années 1930] République du Txile

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Djinndigo
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[Années 1930] République du Txile

Message par Djinndigo » jeu. févr. 22, 2018 2:08 pm

RÉPUBLIQUE DU TXILE
Années 1930 : la République parlementaire

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Le parlementarisme tous azimuts, un terrain fertile pour les extrêmes...

  • Données générales :
    • Nom officiel du pays : République du Txile
    • Nom court : Txile
    • Forme de l’État : république unitaire parlementaire
    • Chef de l’État : le Lehendakari (président) Luka BOLIBAR
    • Gentilé : txiléen(ne)(s)
    • Drapeau :
      Image
      (Cliquez pour agrandir)
      [+] DRAPEAU
      Au centre du drapeau, la Lauburu, la croix euskale, symbole du peuple euskal dans son ensemble au-delà des frontières. Les cinq bandes représentent les cinq provinces. Les bandes sont aux couleurs du peuple euskal : rouge, vert et blanc.
    • Langues officielles : euscarien/euskarien/euskara (basque)
    • Langues reconnues : latin
    • Langues non-reconnues : quechua (amérindien andin)
    • Devise nationale : « Beruna edo dirua irabaziko dugu » | « Et ne nos vincere pecuniae » | « Par le plomb ou par l'argent nous vaincrons »
    • Hymne nationale : « Txileko Abendaren Ereserkia »
      [+] HYMNE
      Paroles a écrit :Gora ta Gora Txile
      aintza ta aintza
      bere goiko Jaun Onari.
      Areitz bat Bizkaian da
      Zar, sendo, zindo
      bera ta bere lagia lakua
      Areitz gainean dogu
      gurutza deuna
      beti geure goi buru
      Abestu gora Txile
      aintza ta aintza
      bere goiko Jaun Onari
    • Capitale : Donostia/Saint-Sébaste (1 000 000 habitants)
    • Principales villes :
      • Vitorio-Erregea (800 000 habitants)
      • Urutzalde (500 000 habitants)
      • Igoera (350 000 habitants)
      • Elgorriaga (200 000 habitants)
      • Isabarrau (100 000 habitants)
    • Fête nationale : 12 avril (date de l'indépendance du Txile en 1800)
    • Principal fuseau horaire : UTC -8
  • Économie :
    • Modèle économique : économie protectionniste (capitalisme d’État)
    • Monnaie : Dollar txiléen ($TX) [inconvertible - à voir avec les économies-monde]
    • Produit Intérieur Brut (PIB) : ??? ??? ??? ??? $ [à déterminer] (1930)
  • Population :
    • Estimations de population : 14 543 000 (1930)
    • Superficie territoriale : 1 528 597,25 km² [superficie de territoires d'outre-mer à déterminer]
    • Densité de population : 9,51 habitants/km² (1930)
    • Composition ethnique de la population (1930) :
      • Txiléens (basques) : 13 583 000 soit 93%
      • Quechuas (amérindiens) : 1 018 000 soit 7%
  • Religion :
    • Religion d’État : catholicisme apostolique latin (romain)
    • Statut de l’Église : Église catholique autonome
    • Composition religieuse de la population (1930) :
      • Catholiques romains/latins : 14 019 400 (96,4% de la population)
      • Athéisme : 72 700 (0,5%)
      • Païens (animisme quechua) : 334 500 (2,3%)
      • Autres (judaïsme, pentecôtisme) : 116 300 (0,8%)
Plus réfléchi qu'on ne l'est ordinairement à l'âge que j'avais alors, révolté sans puissance, indigné sans oser ni devoir le dire, je fus au séminaire d'une tristesse qui, à seize ans, a bien peu d'exemples. Je ne formais aucune liaison. J'en avais contre mes supérieurs, contre mes parents, contre les institutions et surtout contre la puissance qu'on donnait aux convenances sociales auxquelles je me voyais obligé de me soumettre.

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Re: [Années 1930] République du Txile

Message par Djinndigo » jeu. févr. 22, 2018 3:46 pm

PRESSE
Principaux organes de presse
Années 1930

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La presse, organe essentiel de la vie politique de toute démocratie.




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Res Publica (« la République » en latin) est un journal généraliste centriste républicain, misant sur la diversité des sources et des opinions pour retranscrire la pluralité des opinions. Il lutte cependant avec fermeté contre les mouvances des extrêmes, autant de l'aile droite (nationaliste et autoritariste) que de l'aile gauche (communiste et bostequiste). Le journal est l'un des derniers « non-alignés », alors que la plupart des autres médias sont soumis aux mouvements radicaux, ou forcés à mettre la clé sous la porte. Res Publica est donc de fait l'hebdomadaire le plus lu par les txiléens, notamment dans les sphères ouvrières moyennes et bourgeoises, qui ont plus d'intérêts dans la démocratie pseudo-libérale que dans les régimes autoritaires proposés par les partis radicaux.




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Egia Bagarrik (« La Vérité seule » en euskara) est un journal politique de tendance fasciste et nationaliste, largement soutenu par l'aile droite (réactionnaires, monarchistes et nationalistes) du Parlement txiléen, et directement financé par le Berritzeko Nazionalaren Alderdia (BNA, « Parti du Renouveau National »). Les propos tenus sont volontairement portés contre l'opposition mais aussi contre les institutions républicaines et parlementaires (l'aile droite étant farouchement antiparlementaire).




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Pertsonaren Ahotsa (« la Voix du Peuple ») est un journal politique à tendance syndicaliste et socialiste, soutenant les mouvances bostequistes pour mettre en avant la voix populaire au travers de la « dictature du prolétariat » (direction autoritaire du pouvoir pour le bien commun). Le journal se veut détaché de toute mouvance politique, bien que plusieurs de ses rédacteurs soient des éminents membres de la Batasunaren Indarra (BI, « Force Syndicale »), un parti syndicaliste de l'aile gauche.
Plus réfléchi qu'on ne l'est ordinairement à l'âge que j'avais alors, révolté sans puissance, indigné sans oser ni devoir le dire, je fus au séminaire d'une tristesse qui, à seize ans, a bien peu d'exemples. Je ne formais aucune liaison. J'en avais contre mes supérieurs, contre mes parents, contre les institutions et surtout contre la puissance qu'on donnait aux convenances sociales auxquelles je me voyais obligé de me soumettre.

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Re: [Années 1930] République du Txile

Message par Djinndigo » jeu. févr. 22, 2018 6:44 pm

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Attentat au Parlement : une énième atteinte à la démocratie ?
5 janvier 1935

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Le Parlement txiléen serait-il le dernier bastion de la démocratie au Txile ?


Alors que les manifestations syndicalistes et nationalistes se multiplient à travers le Txile et que les cours boursiers rentrent dans leur seconde année de lente et douloureuse descente aux enfers, un troisième attentat a été orchestré au siège-même du Parlement txiléen, à Donostia, devant les portes du très humble bâtiment, construit il y a plus d'un siècle. Cet événement, le troisième du genre en cinq mois, est des plus préoccupants, et est la manifestation d'un phénomène social récurrent dans la société txiléenne, prompte au changement et à la protestation dès que tout va mal : l'antiparlementarisme est une mouvance politique en hausse dans les sphères politiques autant ouvrières qu'aristocratiques, notamment lorsque l'on constate le penchant des partis de l'aile droite et de l'aile gauche à « mettre la poussière sous le tapis » en accusant les parlementaires de tous les mots.

Cet antiparlementarisme en vogue est également dû à la multiplication affolante des effets de la dépression économique que le Txile commence à peine à vivre, après la crise boursière initiale du premier octobre 1929 : la multiplication des crédits à la consommation ont entraîné la création et l'expansion rapide d'une bulle financière qui a finalement éclaté, entraînant un véritable séisme économique et financier autant pour les ménages que pour les banques d'emprunt et de crédit. Si cette situation est déjà connue par tous les txiléens, de l'île de Labegaray tout au sud jusqu'à la ville de Nakissoak tout au nord, elle a également tôt fait d'entraîner une réaction quasiment épidermique chez les classes pauvres citadines. En effet, dans les banlieues paupérisées, les deux mouvances extrêmes s'opposent : les communistes et les nationalistes haranguent les foules à leur manière, dans de grands bains de foule.

Si cette montée du populisme antiparlementaire est inquiétant, notamment pour les tenants de la démocratie pseudo-libérale, au sein du Parlement txiléen lui-même, les mouvances populistes mais aussi anti-libérales se sont invitées dans le débat lors des dernières élections, en avril 1929. Ces élections, succédant à l'ère tumultueuse des dissolutions ministérielles à tout va par le Parlement txiléen, ont été le signe d'une forme de soumission du gouvernement et ont placé Luka Bolibar, du parti Aurrean (« En Avant »), au poste de Lehendakari malgré la très courte majorité de son parti au Parlement. Cependant, si Bolibar est le nouveau Lehendakari, il est cela dit la marionnette des institutions parlementaires, qui sont donc libres de dissoudre le cabinet ministériel et d'avoir une incidence sur les décisions présidentielles : c'est un mal pour un bien.

En effet, durant la période mouvementée du quinquennat 2024-2029, le prédécesseur de Luka Bolibar au poste de Lehendakari, Horazio Upategui, du même parti, avait refusé de s'accommoder d'un cabinet ministériel composé pour moitié de l'opposition politique : gauche syndicaliste de la Batasunaren Indarra (BI, « Force Syndicale ») et droite nationaliste du Berritzeko Nazionalaren Alderdia (BNA, « Parti du Renouveau National »), ce qui avait entraîné de sévères refontes ministérielles, penchant trop en faveur du parti au pouvoir, ce qui avait à son tour abouti à la dissolution du gouvernement et à la formation d'un nouveau gouvernement d'exception, laissant le précédent Lehendakari impuissant, malgré plusieurs « contre-attaques » politiques pour reformer un gouvernement de coalition, avec d'importantes difficultés face à l'opposition toujours plus présente.

Le Parlement txiléen est désormais face à un grand dilemme : doit-il laisser le loup entrer dans la bergerie d'ici les prochaines élections, en avril 1934, ou doit-il agir en faveur de la démocratie, qui a trop souvent tendance à disparaître face aux intérêts personnels, comme le dénonce pourtant les antiparlementaires virulents de tous bords ? La démocratie parlementaire tous azimuts est désormais face au dilemme de l'autoritarisme montant, proposé par des bords politiques variés mais se recoupant dans l’extrémisme des idées et des propos tenus : céder face aux rouges ? Ployer face aux rouges bruns ? L'influence étrangère, bien que ténue dans l'affaire, laisse rappeler que Batasunaren Indarra est soutenu financièrement par des nations étrangères et des organisations révolutionnaires, telle l'Internationale Communiste, et que le danger rouge est désormais plus pesant que jamais auparavant : la démocratie txiléenne, une espèce en voie de disparition ?
Plus réfléchi qu'on ne l'est ordinairement à l'âge que j'avais alors, révolté sans puissance, indigné sans oser ni devoir le dire, je fus au séminaire d'une tristesse qui, à seize ans, a bien peu d'exemples. Je ne formais aucune liaison. J'en avais contre mes supérieurs, contre mes parents, contre les institutions et surtout contre la puissance qu'on donnait aux convenances sociales auxquelles je me voyais obligé de me soumettre.

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Re: [Années 1930] République du Txile

Message par Djinndigo » jeu. déc. 06, 2018 5:56 pm

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À Kapayane, l'anticolonialisme prend corps
18 octobre 1937

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Les quartiers populaires et surinois du comptoir txiléen au Kaiyuan ont été l'hôte d'importantes manifestations.

C'est avec surprise que les habitants des quartiers pauvres de la ville de Kapayane (Kapañoa en euskara) se sont réveillés hier matin lorsque des manifestants, en majorité issus de l'ethnie surinoise, se sont réunis et ont organisé une procession dans un calme relatif avec des violences très parcellaires et visiblement éloignées du centre de la manifestation. Leurs revendications, principalement tournées vers la lutte anticolonialiste et anti-impérialiste, sont le fruit de plusieurs décennies d'inégalités croissantes entre les grands propriétaires terriens issus de la minorité euskale et les simples habitants du territoire kapayanais. Ce comptoir colonial et commercial d'une superficie de six cents kilomètres carrés dont la souveraineté a été acquise par la République txiléenne à la suite d'un accord tacite avec les clans de l'extrême-sud de la péninsule surinoise a été le sujet de récentes tensions entre le gouvernement central de Donostia et les autorités locales de la cité-comptoir, qui souhaitent une plus grande autonomie vis-à-vis de la métropole.

Mais les manifestations organisés depuis hier prennent un aspect autrement contestataire : loin des intérêts économiques et financiers de l'administration coloniale, le petit peuple vivant dans les bas-quartiers portuaires et maritimes de la cité rejettent une direction élitiste, là où la ville de Kapayane pourrait être un précurseur de démocratie représentative en Ventélie par le levier d'action d'une plus grande autonomie réclamée auprès des autorités métropolitaines qui restent sourdes face aux protestations toujours plus vives des natifs surinois. Un minorité croissante de ces derniers rejette même la présence des euskals issus de la diaspora et de la colonisation, peu importe leur classe sociale et leur nom, au seul motif de leur ethnie : des délégués des autorités de la ville ont cherché à limiter la propagation de cet anti-euskalisme, avec pour seul effet de renforcer la ségrégation déjà existante entre les euskals txiléens, en majorité plus riches, et le reste de la population urbaine.

Contre cette injustice persistante, des txiléens de tous les territoires de l'empire colonial de la République ont cherché à faire pression sur le gouvernement central ; mais la coalition centriste actuellement au pouvoir peine à se dépêtrer des lobbys colonialistes, eux-mêmes soutenus, comme c'est le cas à Kapayane, par les élites profitant de la colonisation. Seule la présence des forces de l'ordre, l'Hertzaintzia (la police txiléenne) et des troupes coloniales ont permis de limiter la casse en marge des processions, tandis que dans le reste du territoire kapayanais un grondement des classes paysannes, en majorité surinoises, s'est fait entendre par le biais des délégués syndicaux. Les communistes bostequistes ont déposé une proposition de loi ce matin, avec l'appui des délégations coloniales, pour renforcer l'autonomie du comptoir de Kapayane, sans réel appui parlementaire : la frange nationaliste, fervent adepte de la « politique du pire », préférera voter contre une loi proposée par le bloc socialiste plutôt que de s'opposer à la coalition libérale au pouvoir.

Le comptoir de Kapayane est l'exemple typique du fruit de la colonisation capitaliste : en profitant des faiblesses du régime kaiyuanais à l'époque, sous la dynastie Srikaew du deuxième Empire kaiyuanais, les dytoliens ont réussi à s'imposer sans aucune légitimité sur les côtes impériales, imposant leur souveraineté en des points-clés de la côte et de la péninsule surinoise. Ce territoire, acquis illégalement au début du dix-neuvième siècle, doit être restitué au Kaiyuan afin d'entamer un long processus de décolonisation, au profit des natifs dominés par une élite coloniale bourgeoise et lobbyiste. Le démembrement de l'empire colonial txiléen se fera néanmoins sans l'appui de la majorité parlementaire actuelle : la décision devra donc être locale, populaire et représentative, afin d'établir des régimes post-coloniaux justes et équilibrés entre les différentes factions présentes au sein de la sphère politique du territoire concerné. Kapayane, qui deviendra un cas d'école d'anticolonialisme si les manifestations se poursuivent, est de manière générale l'expression d'une volonté décoloniale globale que le gouvernement devrait écouter, sous peine d'en faire subir les conséquences à sa coalition parlementaire aux prochaines élections.
Plus réfléchi qu'on ne l'est ordinairement à l'âge que j'avais alors, révolté sans puissance, indigné sans oser ni devoir le dire, je fus au séminaire d'une tristesse qui, à seize ans, a bien peu d'exemples. Je ne formais aucune liaison. J'en avais contre mes supérieurs, contre mes parents, contre les institutions et surtout contre la puissance qu'on donnait aux convenances sociales auxquelles je me voyais obligé de me soumettre.

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Re: [Années 1930] République du Txile

Message par Djinndigo » dim. févr. 17, 2019 11:20 pm

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La République parlementaire gangrenée entretient les indigènes
21 mai 1938

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Les indigènes et métissés accaparent les terres du Txile en limitant le profit des classes moyennes.

Alors que de nombreux ouvriers txiléens marchent dans les rues de Donostia, Vitorio-Erregea et Urutzalde pour réclamer des droits et minimas sociaux suffisants pour survivre dans notre société contemporaine, les autorités txiléennes poursuivent leur politique de financement des intérêts indigènes en limitant les dépenses sociales de l’État, et ce affectant l'ensemble des classes laborieuses. Les parlementaires, élites aristocratiques entretenues par des intérêts étrangers, se graissent la patte entre eux au cours de longs et plantureux banquets tandis qu'ils versent des sommes astronomiques, prélevées sur le salaire d'honnêtes citoyens, pour nourrir les indigènes, des êtres à peine humains vivant des subventions étatiques et de la pitié des puissants. Mais la ploutocratie n'a de pitié que pour celui qui n'en mérite pas : elle oublie les ouvriers, les artisans, les vrais travailleurs, ceux qui gagnent leur pain à la sueur de leur front et non pas en le volant dans la main grasse qui leur est tendue par l’État txiléen.

Les commerçants txiléens qui, toujours plus étouffés par la politique interventionniste et fiscale de l’État, doivent fermer boutique, sous peine d'entrer en dette auprès des banques, institutions financières bien entendu à la solde de puissances étrangères comme la Britonnie, les États-Fédérés d'Olgarie ou l'empire italique. L'intervention des puissances dytoliennes et nord-olgariennes dans l'économie nationale est un frein certain au développement d'un tissu industriel lourd susceptible de concurrencer la Dytolie ou la Ventélie dans leurs politiques commerciales. Les riches dytoliens viennent narguer les citoyens txiléens en se pavanant dans les rues de Donostia, sans pour autant dépenser un sou de plus que leur voyage touristique, organisé par les soins de grandes compagnies étrangères. Qui de plus avide que celui qui a déjà tout ? Les indigènes agissent comme véritable aimant à pitié, qui permet aux parlementaires txiléens de cacher les véritables injustices de notre société aux yeux de leurs créanciers.

Les touristes dytoliens viennent voir ces résidus de la civilisation kitxua (quechua) antique, comme des phares d'exotisme et de différence culturelle. Mais qu'ils viennent, les néo-colonialistes, les parlementaires, les bourgeois, les bureaucrates, partager le quotidien des ouvriers txiléens ! Qu'ils viennent, ceux qui nourrissent les porcs, nourrir les honnêtes et les braves gens qui travaillent sans répit et sans garanties. Les populations auxquelles nous apportons déjà la civilisation se plaignent ; mais qu'elles viennent partager le quotidien de ceux qui financent leur politique éducative. La République parlementaire entretient un mensonge : elle ne prône pas l'égalité entre le peuple et la caste dirigeante, mais bien l'égalité du peuple dans sa pauvreté, tandis que de riches privilégiés se pâment de pitié pour quelques bêtes de foire en voie d'extinction. La véritable justice sociale ne doit pas se situer dans le caractère ethnique de la redistribution des richesses, mais bien dans l'équité de la redistribution parmi les différentes classes socio-économiques.

Pour s'arranger la paix ethnique et sociale, la paix avec le monde entier, la paix commerciale, l’État bourgeois graisse la patte des indigènes, des riches touristes dytoliens, des élites mondiales et locales. Mais la caste parlementaire a oublié une partie de la population, qui représente en réalité une très large majorité de l'électorat : les classes moyennes et populaires, les classes qui travaillent et qui financent l'ensemble de la société. L'appareil d’État est monopolisée et déviée de sa forme démocratique originelle ; pour corriger sa trajectoire, seule la stature d'un homme fort, d'un homme providentiel peut en assurer le bon déroulement selon la volonté du peuple ouvrier. Le faible Lehendakari (président) Luka Bolibar doit laisser la place à un véritable chef d’État qui saura défendre le Txile de l'entrisme économique étranger et de la faiblesse de la classe bourgeoise, tout en dirigeant le pays d'une main de fer. La collectivisation agraire des terres volées par les paysans indigènes instaurera une vraie justice sur le sol txiléen ; Erroman Ibarraugarte est le seul homme capable de reprendre les choses en main, derrière les erreurs et exactions de Bolibar et son gouvernement fantoche.
Plus réfléchi qu'on ne l'est ordinairement à l'âge que j'avais alors, révolté sans puissance, indigné sans oser ni devoir le dire, je fus au séminaire d'une tristesse qui, à seize ans, a bien peu d'exemples. Je ne formais aucune liaison. J'en avais contre mes supérieurs, contre mes parents, contre les institutions et surtout contre la puissance qu'on donnait aux convenances sociales auxquelles je me voyais obligé de me soumettre.

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